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IMPRIMERIE D'HIPPOLYTE TILLIARD, Rue St-Hyaciuthe-St-Michel, 30,

ANNALES

DE LA SOCIÉTÉ

ENTOMOLOGIQUE

DE FRANCE.

Natura maximè miranda in minimis.

TOME DIXIÈME.

CH. PITOIS, ÉDITEUR.

ON SOUSCRIT :

CHEZ P. BERTRAND, LIBRAIRE,

RUE ST-ANDRÉ-DES-ARCS, 98. STRASBOURG, LEVRAULT, rue des Juifs, 33.

1841.

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ANNALES

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SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE

DE FRANCE.

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HISTOIRE

DES METAMORPHOSES D'UNE OEDÉMEÈRE.

Par M. Léon Durour.

(Séance du 5 août 1340.)

Non-seulement les livres d’entomologie ne nous disent rien sur les métamorphoses du genre OEdemera, mais ils avouent. qu'ils ne savent rien. Voici donc une histoire nouvelle à enre- gistrer, et, de plus, une erreur à redresser, un double emploi à signaler; car le mâle et la femelle d’une même espèce ont été pris pour deux espèces différentes. Sans plus de préam- bule, établissons les faits.

14° LARVE.

Larva hexapoda, cephala, antennata, elongata, albida, molliter villosa; capite prothoraceque latioribus ; antennis exsertis qua-

6 ANNALES

dri articulatis, articulo primo brevissimo , ultimo subuliformi ; pedibus vix prominentibus; abdominis segmento tertio quarto- que subtus bimammillatis, ultimo simplici obtuso.

Long. 5-6 lin. Hab. in ligno quercino putrescente.

Dans le mois de mars 1840, je trouvai au milieu des fibres décomposées et humides d’un vieux madrier de chêne cou- ché à terre dans mon jardin, des larves qu’au premier coup d’œil je pris pour celles d’un Buprestis, à cause de leur forme plus dilatée en avant et de la lenteur de leurs mouvements. Une étude attentive me convainquit bientôt qu’elles devaient appartenir à un coléoptère d’un genre différent.

Cette larve est allongée, blanchâtre avec une légère teinte jaune, d’une texture tendre et molle, velue de poils très fins assez longs, munie de six pattes articulées qui débordent fort peu le corps, composée de douze segmenis distincts, la tête non comprise, dont les abdominaux sont plus étroits et plus étranglés.

La tête, de la même couleur que le reste du corps, mais d’une consistance calleuse, est grande, arrondie sur les côtés, tronquée en avant, un peu débordée en arrière par le seg- ment prothoracique : on y aperçoit deux traits linéaires super- ficiels qui de l’origine des antennes vont converger au milieu du bord postérieur. Antennes saillantes, droites, de quatre articles, le premier très court, les deux suivants cylindriques, le dernier subuliforme. Chaperon transversal, étroit, mais dis- ünct. Labre orbiculaire, velu. Mandibules cornées , brunes, assez robustes, susceptibles de s'ouvrir beaucoup, tridentées à leur pointe, avec une saillie au milieu de leur bord interne. Mächoires blanchâtres, coriacées;, léur lobe interne garni de sojes arquées, sans crochet. Palpes maxillaires insérés sur un

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 1

angle assez large de la mâchoire, de trois articles, dont le pre- mier court, le second cylindrique, le troisième subuliforme. Lèvre à languette oblongue, terminée par deux soies raides. Palpes labiaux de trois articles, dont le dernier obtus et de la même grosseur.

Des trois segments thoraciques ou pédigères , le premier est aussi large que la tête et plus grand que les suivants : ceux-ci sont plus étroits, comme échancrés en arrière avec une ligne médiane dorsale enfoncée ; tous velus sur les côtés et au dos. Pattes courtes, blanchâtres, de trois articles , sans y compren- dre ni la hanche, ni le crochet terminal, qui est assez long et fort.

Segments abdominaux au nombre de neuf, dont la largeur est décroissante d’avant en arrière, le dernier plus petit, sim- ple, arrondi; les deux premiers velus au dos comme les tho- raciques , les autres seulement sur les côtés; le troisième et le quatrième ayant en dessous une paire de mamelons ambula-

toires conoïdes , avec des aspérités pileuses microscopiques.

Stigmates au nombre de neuf paires, petits, incolores, ar- rondis, un prothoracique et huit abdominaux, situés sur les bords latéraux inférieurs et un peu antérieurs.

Les larves de l’OEdémère se nourrissent de la substance du bois qu’elles rongent avec leurs mandibules, et elles se creusent des galeries cylindriques assez larges, mais de peu de longueur. L'époque je les ai trouvées me fait présumer qu'elles passent dans cet état tout l’hiver et une bonne partie du printemps. Je les ai élevées en renfermant dans un bocal des fragments du bois dans lequel elles étaient logées, et que j'avais l’attention de tenir à l’ombre et d’humecter de temps en temps. Vers le 45 mai, la plupart d’entre elles avaient passé à l'état de nymphe, et c’est au commencement de juin que j'obtins plusieurs insectes ailés.

8 ANNALES NyYMPHE.

Nympha nuda, obvoluta, oblonga, albida, villosa, abdominis seymentis primis utrinque subtriangularibus ; capite inflexo occulto.

Long. 4 lin.

On la trouve à nu dans les galeries pratiquées par la larve. Sa physionomie rappelle celle de la Pyrochre, dont j'ai fait connaître les métamorphoses, mais elle n’a pas de spinules. Sa tête, fléchie sous le prothorax et invisible par la région dorsale de l’insecte, a des antennes longues qui se reploient sous le corps, leurs bouts se dépassent l’un l’autre. Les palpes sont étalés, les mandibules sont apparentes, et on aper- çoit à la bouche deux pièces triangulaires qui appartiendront aux mâchoires. Les tarses postérieurs dépassent seuls le bout des élytres, sous la forme d’une pièce cylindrique non sensi- blement articulée, terminée par un article court qui est vrai- semblablement le réceptacle des ongles futurs. Les quatre premiers segments de l'abdomen forment sur les côtés une sail- lie triangulaire bien marquée. Le dernier est bifide ou divisé en deux pièces triangulaires séparées par le bord arrondi du segment.

INSECTE AILÉ,

Œdemera dispar, Nos. OEdémère dépareillée.

Mas. OEdemera seladonia, Oxiv., Encycl., 47. Necydalis seladonia, KFasr., Syst, El., 11, p. 370.

OŒdem. calcarata, Dur., Rech, anat. sur les Coléopt., 96.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 9 - Fæmina. OEdem. ruficollis, Oriv., 1b., no 18. Necydalis ruficollis, Far, tb.

Viridis vel cœrulescens; villoso-pubescens; thorace inœæquali, tn fœmina rufo-fulvo; elytris haud attenuatis , trilineatis, apia in mare tumidulis; fœminæ abdomine rufo-fulvo; maris femori- bus quatuor anticis apice unispinosis, fæminæ inermibus.

Long. 4 1/2, 5 lin.

Hab. œæstate frequens in variis floribus Galliæ meridionali-occi- dentalis. (Saint-Sever.)

Il ne saurait me rester le moindre doute sur l'identité spé- cifique de ce mâle et de cette femelle, puisque les mêmes larves leur ont donné naissance sous mes yeux, et ce double emploi flagrant dans les ouvrages d’entomologie m'excuse d’enfreindre la règle sur le respect des noms déjà établis.

Les deux sexes se ressemblent par la taille, la configura- tion générale et la communauté des habitudes, car on les rencontre à la même époque et sur les mêmes fleurs. La cou- leur est plus fréquemment d’un vert bleuâtre dans le mâle que dans la femelle. Antennes, bouche, tibias et tarses noirs. Tête et corselet avec un fin duvet grisâtre. Élytres couvertes d’une pubescence dorée, avec trois lignes élevées, dont celle du milieu moins saillante; leur bout, dans le mâle, avec une intumescence ovalaire qui est loin d’être toujours bleue; cette intumescence nulle ou effacée dans la femelle. Abdomen de celle-ci d’un roux fauve, avec le dernier segment noirâtre au bout. La dent épineuse du bout des cuisses intermédiaires plus prononcée qu'aux antérieures. Fabricius, qui le premier

10

ANNALES

a fondé la Necyd. seladonia, ne fait aueune mentionde ces dents, et Olivier ne parle que de celles des cuisses de devant. Je ne m'explique pas comment cet auteur n’a pas remarqué celles des cuisses intermédiaires. Y aurait-il erreur de sa part, ou son espèce est-elle différente de la nôtre?

Explication des fiqures de la planche 1, part. 1.

Larve de l'OEdemera dispar, avec côté) la mesure de sa longueur naturelle. Cette figure est prise dans un moment la larve, placée dans l’eau, et violentée,

offrait ses segments séparés par des étranglements plus prononcés.

Une patte détachée.

. Antenne détachée.

. Chaperon et labre.

5. Une mâchoire avec son palpe maxillaire.

. Une mandibule. |

. Lèvre vue par sa face inférieure, et palpes labiaux.

Un des quatre mamelons ambulatoires, isolé et considéra- blement grossi.

. Nymphe de cette OEdémère vue par sa face inférieure,

avec côté) la mesure de sa longueur naturelle.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. il

HISTOIRE

DES MÉTAMORPHOSES DES CHALCIS, ET DESCRIPTION D'UNE ESPÈCE PEU CONNUE DE CE GENRE D'HYME- NOPTÈRES.

Par M. Léon Durour.

{ Séance du 5 août 1840.)

Réaumur, dans son beau mémoire sur les nids de la Guépe cartonnière d’ Amérique (t. vi), trouva dans ces nids une espèce Chalcis (C. producta., Oliv. ; pyramidea, Fabr.), qu’il eut la malheureuse inadvertance de prendre pour le mâle de cette cuêpe tandis qu’il n’en était que le parasite; mais enfin la science s'enrichit de ce dernier fait. Fabricius dit, d’après le docteur Pflug , que son Chalcis annulata est des chrysalides d’une Phalène d'Amérique, et M. Boyer de Fonscolombe, dans son intéressante Monographie des Chalcidites de la Pro- vence, nous apprend queleChalcis flavipes estné deschrysalides d’un Lépidoptère. Voilà encore un double fait de parasitisme des Chalcis. Latreille, en parlant des Chalcis à abdomen pédi- culé, soupçonne, à cause de leur habitude de fréquenter les lieux aquatiques, qu’ils déposent leurs œufs dans les nym- phes des Stratiomes ou autres Diptères qui, à l’état de larves, vivent dans l’eau. Ce même auteur a observé que le Chalcis minuta se pose souvent sur les excréments humains, et il pré- Sume qu'il y enfonce ses œufs. C’est une sorte d'inspiration du tact exquis de ce grand entomologiste, mais une inspira- Uon qui touche de bien près à la vérité, car nous verrons

12 ANNALES

bientôt que ce Chalcis insère ses œufs dans le corps des larves d’une Lucilie, mouche qui fréquente en effet les matières animales en décomposition. Tels sont, je crois, tous les pré- cédents relatifs aux métamorphoses des Chalcis. Ils se rédui- sent à quelques notions incomplètes ou vagues. Voici des faits plus circonstanciés, plus positifs.

Dans le mois de juillet 4839, occupé de recherches sur les métamorphoses du Sarcophaga hœæmorrhoïdalis, et ayant mis plusieurs pupes de celle-ci dans un bocal, je ne fus pas peu surpris d’y voir éclore deux individus d’un Chalcis que je ferai connaître bientôt, et que je désignerai sous le nom spé- cifique de C. Fonscolombei. Ravi de cette découverte, je m'empressai d'élever de nouvelles larves de Sarcophage pour épier les Chalcis au moment ces hyménoptères viendraient pondre leurs œufs et pour en étudier plus tard les larves. En conséquence, je saisis des Sarcophaga femelles que je jugeai dans un état de gestation avancée, et par l’opération césa- rienne, je les accouchai d’un bon nombre de larves que je déposai sur de la viande de bœuf. J’exposai le vase en dehors de la croisée de mon laboratoire, mais à portée de l’observa- tion directe. Je m’aperçus bientôt qu’une espèce de Lucilie vint aussi insérer ses œufs dans le charnier. Lorsque les larves eurent pris tout leur développement et que l’odeur infecte fut porté au plus haut degré, ce qui dans cette saison arriva dans sept à huit jours, j'eus l’indicible satisfaction de voir accourir des femelles et du Chalcis précité et du Chalcis minuta. Je suivis attentivement leurs manœuvres; je les voyais s'approcher des orifices des clapiers étaient les larves qui cherchaient à se métamorphoser en pupes. Ces hyménoptères y enfonçaient le bout de leur abdomen, et il était facile de juger, aux mouve- ments expulsifs de celui-ci, qu'ils inséraient leurs œufs dans le corps des larves. Comme cette expérience se fesait à la fin d'août, je fus pour le moment déçu de mes espérances ; car

DE LA SOCIETÉ ENTOMOLOGIQUE. 15 je n'obtins cette année ni des Chalcis ni des Sarcophages. Mais plus tard, pendant l'hiver et le printemps de 1840, lorsque je disséquais presque journellement des pupes de Sarcophage, j'eus de fréquentes occasions d'étudier les métamorphoses des Chalcis. Je vais exposer celles-ci en donnant l’histoire du Chalcis Fonscolombei dont je décrirai les trois formes de larve, de nymphe et d’insecte ailé.

LaARVE.

Larva apoda, cephala, ovato-rotundata, obtusissima, albida , glabra, nitida, convexa; segmentis pliciformibus sulco pro- Jundo separatis; capite rotundato , immerso.

Long. 2 1/2 lin. Hab. in pupuis Sarcophagæ et Luciliæ.

Cette larve est toujours isolée dans la pupe de la Sarcophage ou de la Lucilie dont elle dévore la nymphe. Apode, comme la plupart de celles des hyménoptères , elle prend, quand on l’ôte de sa demeure usurpée, une forme ovale-arrondie, très obtuse en avant et en arrière. Elle est un peu courbée sur elle- même , glabre, luisante, d’un blanc de porcelaine. La trans- lucidité du tégument permet de distinguer les granules adi- peux intérieurs, qui sont gros et ronds. Le corps se compose de treize segments, la tête non comprise; mais sa courbure et la contraction habituelle de ses extrémités font qu’il n’y en à de bien apparents que onze. Ils forment des plis transversaux, et les premiers sont plus ou moins élargis et saillants sur les côtés. La tête, enchatonnée au centre d’un bourrelet circulaire formé par le premier segment, est arrondie, blanchâtre, légè- rement convexe, d’une consistance un peu calleuse. Les yeux grands, ovalaires, incolores et inhabiles à la vision, sont à peine sensibles. Deux mandibules, d’une extrême petitesse et

14 ANNALES pointues, s'observent à droite et à gauche d’une petite cavité buccale ronde.

Aussitôt que la larve a consommé sa victime (la nymphe de la mouche), elle a acquis tout son développement, et tombe alors dans un état d’engourdissement et d’immobilité comme celles des Odynères, dont j’ai donné l’histoire dans les Annales des sciences naturelles (t. 1, série, p. 85), et d’un grand nombre d’hyménoptères. Cette vie passive et léthargique se prolonge ainsi environ neuf mois, car j'ai constaté ces larves déjà fort grandes dans les premiers jours de septembre, et à peine entrèrent-elles en métamorphose de nymphe au com- mencement de juin de l’année suivante.

NyYMPHE. .

Nympha obvoluta, nuda, oblonga, glabra, primum albida , tandem atra; antennis inflexis distinctis; femoribus posticis incrassatis .

Long. 3 lin.

Nous venons de voir que la larve du Chalcis Fonscolombei est presque arrondie, sa nymphe est oblongue, et l'enveloppe pupale qu’elle a envahie semble avoir été re à sa mesure. Sa tête correspond toujours au bout antérieur de la pupe. Cette nymphe est d’abord blanchâtre, tendre, succulente, avec une teinte roussâtre répandue à la tête et au thorax; mais quel- ques jours avant son évolution définitive, elle devient d’un noir profond, couleur qui est exclusivement propre au tégu- ment de l’insecte ailé, car la dépouille nymphale qu’aban- donne celui-ci est tout à fait diaphane. Etudions-la à son état tendre et blanchâtre, qui est son premier âge.

Envisagée par la région dorsale, on n’aperçoit de la tête que le vertex avec l'angle postérieur des yeux et trois petits

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 45

points à peine sensibles qui sont ou seront les ocelles. Le cor- selet offre un écusson bien saillant, convexe, avec la trace à sa pointe d’une petite échancrure, l’origine des ailes et les deux stigmates métathoraciques. L'espace compris entre le thorax et l’abdomen est occupé par une partie des cuisses postérieu- res. L'abdomen, assez convexe, à sept segments, dont les cinq qui suivent le premier ont de chaque côté une papille qui porte le stigmate sous la forme d’un petit point brun. Le seg- ment basilaire a aussi son stigmate, mais sans pupille appa- rente. Ainsi cet âge de l’insecte est précieux pour constater les six paires de stigmates abdominaux; car, à mesure que les téguments se condensent et se durcissent, ces pupilles stigma- tifères se rétractent , rentrent, et enfoncent ainsi au-dessous de leur niveau ces orifices respiratoires.

Si vous examinez maintenant la nymphe par sa région in- férieure ou ventrale, vous voyez les antennes rabattues sous la tête, arquées, plus longues, mieux articulées, moins en mas- sue que dans l’insecte parfait; vous distinguez l’ébauche des parties de la bouche, les pattes et les raquettes des ailes em- maillottées ; les cuisses postérieures fort grosses, mais encore blanches, et les tarses de ces mêmes pattes dépassant le milieu de l’abdomen. | |

Jai authentiquement constaié que les nymphes de notre Chalcis demeurent environ quinze jours blanchâtres et ten- dres. Après ce temps, elles deviennent, comme je l'ai dit, d’un noir profond, et restent ainsi cinq jours. Alors, par des mou- vements successifs insensibles , elles dépouillent leur délicate enveloppe nymphale, mais elles gardent encore pendant trois jours l’immobilité la plus absolue. Ce n’est qu’au quatrième jour de sa naissance que l’insecte ailé se promène, court et s'envole.

16 ANNALES 30 INSECTE AILÉ.

Chalcis Fonscolombei, Nos. Chalcis de Fonscolombe.

C. podagrica, Boy. ve Fonscor.., Monogr. Chalcid. in Ann. des Sc. nat., t. xxvI, p. 277 (non FaBr.).

C. podagrica, Rossi, Faun. Etr., t. 11, p. 59 (non FaBr.).

Nigra, abdomine sessili, tibiis posticis spina unica terminatis ; antennis clavatis faciei medio insertis; alarum tegula, femo- rum tibiarumque apicibus albo subflavescentibus; femoribus posticis incrassato-ovatis ferrugineis.

Long. 2-3 lin.

Hab. in Gallia meridionali.

Ce Chalcis appartient à la même section que les Chalcis minuta et flavipes, etentre avec ceux-ci dans le nouveau genre Brachymeria, fondé par M. Westwood.

Tête et corselet d’un noir terne, fortement ponctués, avec un duvet plusou moins couché, grisâtre. Antennes noires, insérées vers le milieu de la face et non près de la bouche, comme dans le Chalcis rufipes, Oliv.; Dargelasii, Latr.; leur premier arti- cle reçu dans une fossette frontale assez profonde. Deux petites pointes obtuses un peu au-dessous de l’extrémité de l’écusson, et deux petites saillies ventriformes de chaque côté du méta- thorax. Abdomen trièdre, pointu en arrière, noir, glabre, lisse et luisant à sa région dorsale, avec un léger duvet grisâtre en arrière et sur les côtés. Cuisses postérieures grosses, ovalaires, plates en dedans, convexes en dehors, garnies au bord infé- rieur de plusieurs dents (dix); tantôt entièrement roussâtres,

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 17

excepté à leur extrémité, et tantôt plus ou moins noires vers Jeur base: Tibias postérieurs arqués, roussâtres, avec leur base et leur extrémité blanchâtres, celle-ci prolongée en ergot pointu, assez court, ceux des autres pattes plus moins noirs au mi- lieu. Cuisses antérieures et intermédiaires noires, avec leur ex- trémité blanchâtre. Tous les tarses roux, avec les ongles et les pelottes interonguiculaires noirâtres. Ailes transparentes, avec la côte et le calus noirs. Ce dernier fort petit, ponctiforme. *

Le Chalcis de Fonscolombe paraît propre au midi de l’Eu- rope. Il varie beaucoup pour sa faille, ainsi que le Chalcis mi- nuta , et cette difiérence de grandeur est indépendante du sexe.

Observation 1". Cetteespèceest sans doute le Chalcis podagrica deRossi et deM. Boyer de Fonscolombe ; mais, contrelacitation de ces deux auteurs, je ne pense pas qu’il faille y rapporter le synonyme de Fabricius, qui, dans ses divers ouvrages, donne au Chalcis podagrica le Tranquebar pour patrie, ce qui est une forte présomption en faveur de la différence spécifique. Je re- grette de ne pouvoir pas consulter la description et la figure de Hybner, citées par Fabricius. Observons que Rossi s’est borné à transcrire littéralement et la phrase spécifique et la description de Fabricius, et que Olivier, dans l’Encyclopédie méthodique, n’a fait que traduire ce même texte sans y rien ajouter, en indiquant aussi l’habitat à Tranquebar. Or, il ést dans la description de Fabricius, indépendamment del’habitat, un trait inapplicable à notre espèce, c’est l'expression de pedi- bus posticis elongatis. Certes, ces pattes ne sont pas, dans le Chalcis Fonscolombei, plus grandes que dans leChalcis minute. Fabricius dit encore que les cuisses postérieures du Chalcis podagrica se terminent macula magna alba. Dans notre espèce, ainsi que dans celle dont parle M. Boyer de Fonscolombe, ces cuisses sont simplement terminées par un point et non par une grande tache.

J'en conclus, que le Chalcis podagrica Fab. est une espèce

X: 2

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18 ANNALES

exotique distincte de celle qui fait l’objet de ma dissertation; que le Chalcis décrit sous cette dénomination Fabricienne par M. Boyer de Fonscolombe, et mentionné aussi par Rossi, est identique, comme espèce, à celui qne j'ai dédié au premier de ces entomologistes, et dont j'ai fait connaitre les métamor- phoscs.

Observation 2. Latreille, dont l’habileté à saisir lasérie natu- relledesgenresne se démentit jamais, céda trop facilement, dans ses derniers ouvrages, à des idées de généralisation et de réduc- tion, en collocant les Chalcis comme tribu dans la famille des innombrables Pupivores. Je pense, avec MM. Spinola et West- wood, que ces Hyménoptères doivent constituer une famille particulière, celle des Chalcidites ou Chalcidides.

Observation 3°. Les larves des Chalcis sont décidément pu- pivores, ou mieux nymphivores, et elles s’attaquent à des insectes de divers ordres, tels que hyménoptères, lépidoptères, et diptères (1).

(1) Les Sarcophages, à leur état de larve ou de nymphe, ne sont pas seulement attaquées par les Chalcis, unè espèce de Cynips les dévore aussi. Les larves du Chalcis Fonscolombei vivent isolées dans chaque pupe de Sarcophage ; 1l n’en est pas ainsi de celles du Cynips, dont j’ai compté jusqu’à vingt individus sur une même nymphe de la mou- che. Ces larves apodes, comme dans le Chalcis, ont une forme et une structure différentes. Dans leur développement complet, elles ont à peine une ligne de longueur ; elles sont ovakes-oblongues , un peu pointues en arrière, très glabres, lisses, luisantes, blanchâtres, et leurs segments ne sont presque pas distincts. Les métamorphoses suivent la même marche que celles du Chalcis; elles sont promptes en juillet et août : après ce temps, les larves demeurent stationnaires pendant huit ou neuf mois; les nymphes se forment en juin, et les Cynips éclosent bientôt après. Je n’ai pas encore déterminé le nom de cette petite espèce à antennes en massue. Ce fait prouve que tous les Cynipsaires ne sont pas gallicoles comme on Pa dit.

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 19

Explication des fiqures de la planche 1, part. EL:

‘1. Larve du Chalcis Fonscolombei, avec côté) la me- sure de sa longueur naturelle.

2. Portion de la partie antérieure de cette larve vue de face, pour mettre en évidence la tête.

3. Nymphe vue par la région dorsale, avec côté) la me- sure de sa longueur naturelle. On y voit les stigmates métathoraciques et abdominaux.

4. Portion considérablement grossie de quelques segments abdominaux, pour mettre en évidence les stigmates et . le lobe papillaire ils sont placés.

3. Cette même nymphe vue par la région inférieure.

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ANNALES DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 24

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NOTE

POUR SERVIR A L'HISTOIRE DE L'Attelabus Curculionoides.

Par M. GOUREAU.

(Séance du 16 décembre.1840.)

L'industrie que la nature à donnée à certains insectes pour accomplir leur destinée excite, à juste titre, notre admiration ; et nous ne pouvons nous empêcher de prendre le plus vif in- térêt à leurs travaux lorsque nous les voyons déployer une patience et une adresse dont nous ne les croyions pas capables, et arriver à leurs fins par des moyens que le génie de l’homme n'aurait pas imaginés, et qui cependant paraissent naturels et très simples lorsqu'on les a observés.

Les coléoptères du genre Attélabe nous en offrent une preuve frappante.M. Pierre Huberta publié dans lesMémoires de laSociété de physique et d'histoire naturelle de Genève (1), un mémoire pour servir à l’histoire de ces insectes, qui renferme des ob- servations extrêmement curieuses sur l’industrie qu'ils em- ploient dans la construction de leurs nids. 11 a suivi les ma- nœuvres de plusieurs espèces avec un zèle qu’on ne saurait trop louer, et qui mériterait bien d’être imité par la plupart des entomoiogistes; la science y gagnerait beaucoup en attrait et en connaissances positives. Cet habile observateur nous fait. (4) Tome VIII, 2 partie, 1839.

22 ANNALES

connaitre la manière dont s’y prennent cinq espèces de ce genre pour rouler les feuilles d'arbres dans lesquelles ils dépo- sent les œufs qui doivent perpétuer leurs espèces. Ce sont, d’après sa nomenclature :

L’Attélabe fémoral ;

L’Attélabe de la vigne, Attelabus viridis, Attelabus Bac- chus ;

L’Attélabe du coudrier, Attelabus coryli ;

L’Attélabe du chêne, Attelabus curculionoides ;

> L’Attélabe du tremble, Rhynchites populi.

Le genre Attélabe, tel que le concevait M. Hubert, a été divisé en plusieurs autres dans lesquels il est facile de ranger les espèces ci-dessus d’après les descriptions qu’il en donne, surtout lorsqu'on à habité Ja contrée Les observations ont été faites.

L’Attélabe fémoral est le Rhynchites betulæ ;

2% Sous le nom d’Attélabe de la vigne, l’auteur me parait confondre deux espèces, savoir : le Rhynchites Bacchus, à éclat métallique cuivreux, et le Rhynchites betuleti, qui est vert ou bleu ;

L’Attélabe du coudrier est l’Apoderus coryli;

L'Attélabe du chêne est l’Attelabus curculionoides ;

Enfin, l’Attélabe du tremble est bien nommée, Rhyn- chites populi.

Le premier roule en cornet les feuilles de l’aulne, du noi- setier, du charme, du hêtre ou du bouleau.

Le second roule en forme d’estompe les feuilles de Fa vigne ou du coudrier.

Le troisième forme une sorte de valise fermée des deux bouts avec les feuilles de noisetier, qu’il a préalablement pliées en deux dans le sens de la longueur.

Le quatrième fait aussi une valise, mais moins allongée que

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOCIQUE. 23

la précédente, avec les feuilles du chêne pliées en deux dans le sens de la longueur.

Enfin, le cinquième roule en estompe les feuilles du tremble.

Quoiqu'il n’entre pas dans mon projet de donner une ana- lyse complète et détaillée du mémoire de M. Hubert, je ne peux cependant m'empêcher de rapporter textuellement le ré- sumé du mémoire tel que le donne l’auteur.

« Le fémoral fait un cornet; celui de la vigne et celui du tremble des rouleaux en estompe; le coryle et celui du chêne de petites valises, l’une allongée, l’autre ramassée en forme de cylindre,

« Celui du chêne échancre la feuille à droite et à gauche de la nervure principale comme le fémoral, mais il n’en ronge pas la nervure comme ce dernier; le coryle.échancre la feuiile tout en travers; ceux de la vigne et ceux du tremble ne l’é- chancrent point, mais ils rongent le pétiole ou la tige, selon la convenance de leur ouvrage, et avec la prudence imposée par la nature. |

« Le fémoral emploie pour fermer la demeure de ses petits une invention qui rappelle emploi de nos boutons, ou celui des chevilles; l’Attélabe de la vigne joint l'emploi d’une colle à l'impression des dents; celui du tremble n’emploie quel- quefois que le gluten naturel aux jeunes feuilles de cet arbre; d’autres fois on aperçoit des trous de morsures le long du bord qui recouvre le tube allongé sont logés ses petits.

«Les Attélabes du coudrier et du chêne ne font usage d’au- cun de ces procédés pour consolider leur ouvrage; l’art de re- plier le bout du rouleau à mesure qu’il se forme lui fait acquérir une solidité qui lui permet de résister à toutes les in- tempéries.

« Enfin l’Attélabe coryle est le seul qui doive conserver à son cylindre la verdure et la fraîcheur des feuilles pour alimen- ter sa progéniture, plus difficile à nourrir, etil y parvient en

+ 24 ANNALES

laissant une communication directe par le parenchyme de Ja feuille, entre la portion adhérente à la tige et celle qui constitue la valise. »

Tels sont les faits curieux qui nous sont révélés par M. Hu- bert sur les mœurs des Attélabes, dont les différentes manœu- vres doivent être étudiées dans le mémoire même pour con- server tout leur mérite. Dans le chapitre qui traite de l’Attélabe du chéne, l’auteur exprime le regret de n’avoir pu surprendre l’insecte dans la confection de son rouleau , comme s’il avait pressenti qu’un aussi joli ouvrage devait exiger des procédés particuliers; j'ai eu cet avantage pendant mon séjour à Col- longes, et je peux compléter le chapitre qu'il a laissé im- parfait.

L’Attélabe curculionoïde paraît au printemps, dans la deuxième quinzaine de mai. On le trouve assez communément dans les bois qui environnent le fort l’Ecluse, sur lesfeuilles de chêne sur lesquelles il vit, et qui servent aussi d’aliment à sa larve. Ces feuilles sont assez dures et peu souples; cependant il parvient à les rouleravec la plus grande facilité en se servant d’un procédé que je n'aurais pas imaginé si je ne l’avais vu mettre en pratique. C’est la femelle qui est chargée de tout le travail, qu’elle n’entreprend qu’au moment elle éprouve le besoin de pondre; elle roule autant de feuilles qu’elle dé- pose d'œufs; chacun de ces rouleaux est destiné au logement et à la nourriture d’une larve, qui deviendra un insecte par- fait l’année suivante.

Lorsque le moment de la ponte est arrivé, ce qui a lieu vers le 20 mai, et que l’insecte éprouve le besoin de déposer un œuf, il vient sur la surface supérieure d’une feuille, et des- cend jusqu’à l'extrémité, ilpond son œuf contre la nervure médiane. Cet œuf est oblong, très petit et d’une couleur jaune assez foncée. Il est collé au bout de la feuille au moyen d'une liqueur gommeuse qui l’enduit au sortir del’oviducte, et qu le

»

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 25

fixe solidement ; cela fait, la femelle passe sur la surface infé- rieure de la feuille, et monte à petits pas le long de la nervure médiane en la mordant à chaque pas; elle descend ensuite par le même chemin et renouvelle ses coups de dents à mesure qu’elle avance; elle répète cette promenade plusieurs fois jus- qu’à ce que la nervure soit meurtrie et assouplie.

Par suite de cette opération, la feuille peut déjà se plier en deux sans difficulté; mais ce n’est pas assez pour que l’in- secte en puisse faire un rouleau, car les deux moitiés n’ont encore rien perdu de leur rigidité. L’insecte se sert du même procédé pour la détruire; à cet effet il parcourt la feuille plu- sieurs fois du haut en bas et du bas en haut, en pinçant à chaque pas l’épiderme avec ses dents; il marche très réguliè- rement dans cette opération, et semble suivre des directions parallèles. La feuille étant assouplie et convenablement prépa- rée, l’Attélabe revient au bout se trouve son œuf; à l’aide de ses pattes, il plie la feuille en deux, suivant la direction de Ja nervure médiane, ce qui met l'œuf à couvert; ensuite il se place perpendiculairement à la nervure, la tête tournée vers les dentelures et le derrière sur la nervure même; il replie l'extrémité avec ses pattes et commence à rouler. Pour faire cette opération, il étend ses pattes postérieures de gauche et les accroche à la feuille au moyen des crochets doubles quiter- minent les tarses, et tirant à lui le rouleau, qui est saisi par les crochets des pattes de droite, il le force à marcher; la feuille s’enroule ainsi avec beaucoup de vitesse. Lerouleau, maintenu entre les pattes, ne peut pas se desserrer, parce que la feuille a perdu sa rigidité, et que les petites épines qui garnissent les tibias suffisent pour la maintenir. Les mâchoires et les pattes antérieures ne restent pas oisives pendant ce travail; l’insecte s’en sert pour faire rentrer les plus petites dentelures dans l’in- térieur du rouleau et pour tordre les plus saillantes de ma- nière à arrêter solidement son ouvrage.

26 ANNALES

‘Fous les rouleaux ne sont pas exactement de forme pareille, mais ils sont tous fort réguliers du côté de la nervure, qui se pré- sentecommeunespirale plane ou un ressort de montre; ilsoffrent quelque variété à l’autre bout. Si la feuille est petite, elle entre toutentière dans lerouleau:sielle est grande, l’insectecoupeavec ses dents ce qu'il y a de trop par une section perpendiculaire à la nervure, et s'étendant jusqu’à cette nervure, qui est ména- gée pour servir de support au rouleau, qui se trouve ainsi sus- pendu à l’extrémité de la feuille. Au commencement de juin, on voitune multitude de ces petits paquets, gros commedes noi- settes, pendant aux feuilles des chênes, et beaucoup d’insectes occupés à ce travail ; c’est le meilleur moment pour les obser- ver ; ce serait aussi celui de leur donner la chasse si on voulait les détruire : en cueillant les rouleaux et les brûlant, on dimi- nuerait considérablement l’espèce; mais comme elle ne nous porte aucun préjudice, on la laisse exercer librement son in- dustrie et se multiplier en paix dans nos forêts.

Il me paraît extrêmement probable que l’Apoderus coryli, qui pond un œuf à l’extrémité de la nervure médiane d’une feuille de coudrier, sur la face supérieure, qui plie cette feuille en deux suivant la nervure, et qui n’emploie qu’une partie de la feuille pour la confection de son rouleau, agit de la même manière que l’Attelabus curculionoides pour l’assouplir et la préparer. M. Hubert n’a surpris l’insecte dans son travail qu’au moment la feuille était déjà pliée, et par conséquent lors- qu’elle était convenablement préparée. Je suppose qu'il n’a en- core fait ici qu’une observation incomplète.

L'œuf pondu par l’Aftelabus curculionoides éclot dès les pre- miers jours de juin dans les rouleaux confectionnés vers le 20 mai. La larve qui en sort est jaunâtre ; elle croît lentement ; au commencement d'octobre, elle n’a encore atteint que la moitié ou les deux tiers de sa grandeur; elle est alors d’une couleur jaune; sa forme est cylindrique, avec les extrémités

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 27

atténuées; la tête est brune; le labre et les mandibules son t plus foncés; ces dernières sont fortes. Je n’ai pas assez bien distingué les autres parties de la bouche, à l’aide de la loupe, pour pouvoir les décrire; je. ne suis pas assuré de l’existence des antennes, des palpes et de la lèvre inférieure ; on distingue cependant aux côtés de la tête deux petites saillies qui sont peut-être les antennes. Le corps est mou, composé de douze anneaux, dont chacun est plissé et semble formé de deux seg- ments; les segments thoraciques sont plus grands que les abdo- minaux et ne portent point de pattes; aussi la larve ne mar- che pas; elle se tient roulée en cercle dans la feuille, et lors- qu’on len retire elle se traîne péniblement sur le côté. On voit une sorte de carène plissée comme les anneaux qui s'étend tout le long de ses côtés depuis la tête jusqu’à l'extrémité op- posée. Le corps m'a paru garni de poils blancs assez rares.

Cet insecte, dès sa naissance, ronge l’intérieur desa feuille, et continue, en grandissant, à dévorer les différents tours in- térieurs du rouleau. J'ai renfermé dans une boîte un assez grand nombre de ces rouleaux, dans l’espérance d’élever les larves et de voir leurs transformations, mais toutes se sont desséchées avant d'arriver à l’état dechrysalide; la feuille, pri- vée d'humidité, ne leur fournissait probablement plus une nourriture convenable, malgré le soin que j'ai pris de l’arro- ser plusieurs fois. En ouvrant plusieurs de ces rouleaux, j'ai trouvé la larve enveloppée d’une poussière noirâtre, sembla- ble à du tabac. Dans l’état naturel, le rouleau se dessèche assez promptement, et tombe à terre dès le mois d’août. L’hu- midité du sol estsûrement nécessaire au jeune animal qui, peut- être, subit ses transformations dans la terre; mais ne l'ayant pas observé dans tous ses développements, je ne m'’étendrai pas davantage sur son histoire.

Il résulte des observations de M. Hubert, que l’Apoderus co- rylè et V'Attelabus curculionoides, qui ont des industries identi-

28 ANNALES

ques, sont cependant rangés dans des genres différents, et que les autres Attélabes de cet auteur, qui ont des habitudes un peu diflérentes, font partie du même genre; ce qui nous induit à penser que des insectes qui ont.une organisation générique différente peuvent avoir cependant les mêmes mœurs, et que des insectes dont l’organisation est la même peuvent avoir des mœurs un peu différentes, et par conséquent qu’on n’est pas sûr de former des genres naturels par la seule observation des caractères extérieurs.

Le mémoire de M. Hubert ne contenant pas les planches indiquées dans le texte, on donne ici une planche, représen- tant le travail de l’Attelabus carculionoïdes.

Explication des figures de la planche 1, part. 1. .

Fig. 1. L’Attelabus curculionoides roulant une feuille de chêne.

Fig. 2. Feuille de chêne roulée.

Fig. 3. Larve de l’Attelabus curculionoides retirée dans son rouleau.

PR a TA E LA SOCIÈTE ENTOMOLOGIQUE 29 s ; A ! Las pa LRRNERR EEE AO AO A A A RO OR OR I A A TE PA PT A EN OR LESETS LIRE LE |

ESSAE SUR LES COLLAPTÉRIDES (suite).

Par M. Sorier.

(Séance du 5 août 1840.)

i

49° Tribu. ZoPHÉRITES.

Menton, petit et moyen, porté sur un pédoncnle plus ou moins considérable qui recouvre quelquefois la base des mâ- choires

Languette courte, généralement entièrement saillante, auelquefois cependant tout à fait cachée sous le menton, comme chez les insectes de la première division ou les Bra- chyglosses (1).

Palpes maxillaires terminés par un article ovalaire ou pas sensiblement sécuriforme.

Antennes à dernier article très petit, plus ou moins lié au pénultième, et le plus souvent peu apparent; ces organes ne paraissent composés que de neuf ou dix articles.

(1) Les deux divisions que j'ai établies chez les Collaptérides étant plutôt basées sur la grandeur du menton que sur la position de la languette par rapport à ce dernier, position plus variable, j'ai reconnu le tort que j'ai eu de prendre mes dénominations de la languette, et je propose de substituer le nom de Platygène à celui de Brachy- glosse, et le nom de Microgène à celui de Phanéroglosse, pour éviter l’erreur que les noms pourraient faire commettre, quoique le nom de Microgène ne soit pas lui-même entièrement rigoureux,

ANNALES

Tête généralement courte, suborbiculaire, rarement un peu oblongue, et s'enfonçant le plus souvent dans le prothorax jus- qu’au delà des yeux, très courts, très notablement transverses et peu saillants.

Labre court, plus ou moins transverse, arrondi ou tronqué antérieurement. Epistome très légèrement échancré en arc de cercle et non échancré par un sinus anguleux comme dans la Tribu précédente, fortement engagé et ne dépassant pas géné- ralement les pièces latérales, ou les dépassant peu.

Corps allongé, subparallèle ou ovalaire-oblong, plus ou moins ridé, tuberculeux ou inégal.

Pattes antérieures notablement écartées à leur insertion en général , les postérieures assez éloignées des intermédiaires.

Les insectes de cette Tribu se distinguent principalement de ceux de la Tribu précédente : par le dernier article desantennes ; par la forme plus allongée de leur corps; par le pédoncule du menton, plus considérable; par l’échancrure de l’épistome, moins profonde, plus large et en arc de cercle, et par le labre; n’offrant jamais d’échancrure.-Ils se lient à la Tribu suivante par le genre Diceroderes, et s’en distinguent par la petitesse du dernier article des antennes.

Ces insectes peuvent se partager en trois genres, dont voici les principaux caractères :

moniliformes: antennes non logées dans: des

/ moniliformes ou sub-| rainures des flancs du prothorax, et termi- cylindriques, un peu À nées par trois articles réunis et formant une

transverses; Lète en- Ÿ petite massue subglobuleuse. , . . . . 4. Nosoderma. foncée jusqu'aux yeux Antennes À dans le prothorax. cylindriques; antennes logées dans des rai- avec les er. nures des flancs du prothorax, et subeylin- ticles de 4 à driques, ou grossissant à peine vers l’extré- 8 inelusive- | Ces articles sont mité; leurs trois derniers articles soudés ment , d’un côté, et n’en formant qu'un seul oblong- cylindrique. . 1.1. 121 , +. 2 1: 2. Zophérus.

coniques, allongés; tête non enfoncée jusqu'aux yeux dans le pro- | thorax, et penchée ; saillie de l’écusson visible, petite el transverse. 3. Diveroderes.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 51

Genre I. Nosoderma, DESEAN.

SrinoLA, Collect. Homaloderes, Sor. Ann. soc. ent., 1. 3, note 2, p. 502 (1).

(PI. 2, fig. 4 à 7.)

Menton très petit, transverse, rétréci antérieurement pres- qu’en demi-cercle et porté sur un pédoncule très grand, sub- rectrangulaire, échancré antérieurement et couvrant presque entièrement la base des mâchoires ( fig. 4).

Palpes maxillaires à article terminal ovalaire, arrondi au bout ; palpes labiaux petits, à premiers articles courts, submo- niliformes, le terminal plus grand, un peusécuriforme (fig.1).

Mandibules médiocrement larges à leur extrémité, légère- ment bidentées.

Labre saillant, transverse, subrectangulaire, avec les angles antérieurs arrondis (fig. 2).

Tête subglobuleuse, pouvant s’enfoncer dans le prothorax jusqu'aux yeux, qui sont même un peu cachés; ces derniers très ouverts, nullement saillants, très notablement transverses, à peine échancrés antérieurement et un peu plus postérieure- ment : épistome profondément engagé dans la tête, subrectan- gulaire , à peine saillant au delà des pièces latérales, à peine

_échancré antérieurement, et à suture postérieure pea ou point marquée (fig. 2).

Antennes courtes, grossissant un peu vers l’extrémité, de dix articles apparents; le onzième étant très petit, renfermé dans le pénultième, et tellement lié avec lui, qu’ils ne paraissent n’en faire qu’un ovoide; troisième conique, plus long que les au tres; ceux de quatre à neuf, moniliformes ou transverses (fig. 2 et 3).

(4) Regardant ce nom comme inédit, puisque je l’avais simplement indiqué sans en donner les caractères, je l’abandonne sans regret pour adopter celui que M. Dejean Ini a donné.

52 ANNALES

Prothorax à peu près aussi long que large, à tergum inégal, peu relevé ou presque plan, à bords dilatés et épaissis. Base généralement ou trilobée ou prolongée en arrière en lobe arrondi , rarement subtronquée, Bord antérieur échancré pour recevoir la tête, quelquefois avancé en lobe au milieu de cette échancrure (fig. 4, 5, 6 et 7).

Elytres subparallèles, plus ou moins tuberculeuses ou iné- vales, à peu près de la largeur du prothorax, avec les angles huméraux tuberculeux avancés de manière que la base des élytres est échancrée et reçoit le lobe postérieur du prothorax. Corps allongé (fig. 4, 5, 6 et 7).

Pattes épaisses, assez courtes, à tibias filiformes et à tarses composés d'articles courts, transverses aux quatre antérieurs, un peu plus longs aux postérieurs.

Hanches antérieures très écartées, la partie postérieure du présternum étant très large, avec une échancrure anguleusc peu profonde : mésosternum à étranglement antérieur nul ou peu marqué, et quelquefois aussi relevé antérieurement qu’en-

e les hanches intermédiaires.

Voici l'analyse des espèces de ce genre, bien distinct de tous ceux qui me sont connus par la forme de son menton et la grandeur de son pédoncule :

très courts , transversés el subperfoliés. . . + + « 4. Denliculatum.

f fortement dentés; tubereules des élytres La St et Pa

f notablement rétré- aigus. . . 2. Duponchelüi.

ci eu arrière. Articles des

antennes si- Ses bords laté- tués entre raux

le troisième

à peine crénelés; lubercules des elytres pire Bros et moius

= El DeSS moniliformes | aigus. _e « = 3 Scabrosum. PPS ph gene {très saillante, très grosse et DURE peu rétréci en ar- nant comme un lobe avan- rière. cant sur la base du prothorax, Tergum du à lobe intermédiaire plus pro- prothorax longé en arrière et plus ar-

rondi. .- « . . . . . - 4. Morbillcsum.

peu saillante . et pas sensible- bleiment épaissie ni avancer en lobe; lobeintermédiaire de la base du prothorax large, moins prolongé en arrière et subtronqué, sf . - &, Picinum.

Élévation longitu- pue du milieu de chique elyuié

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 59

Ï. Antennes à articles compris entre le troisième et le neu-

vième, transverses et superfoliés; neuvième aussi grand que

les deux derniers réunis; pénultième article cylindrique, ren- fermant le terminal très petit et à peine saillant.

4. Nosoderma denticulatum. (EL 2; fi. 7.) Long. 45 mill. Larg. 6 mill.

Nigrum, pubè lanata nigrä fuscâque densè tectum. Prothorace dorso inæquali marginibus lateralibus ‘crenato. Elytris laxè punctatis; singulo costis irreqularibus sinuatis duabus : prima medio interruptà apice acute tuberculatä; secundä bisinuosä posticè abbreviatû, laxè tuberculatà ; margine tuberculis acutis duplice serie. Antennis articulis subperfoliatis.

Noir, mais entièrement recouvert d’un duvet laineux court et très serré, partie d’un brun roussâtre et partie noir. Tête relevée de chaque côté des antennes, ce qui forme comme un creux entre ces deux élévations formées par les lobes latéraux renfermant l’épistome. Tergum du prothorax rétréci à la base ; angles antérieurs saillants, obtus; partie intermédiaire de l’échancrure antérieure, avancée en lobe légèrement échancré dans le milieu. Sillon longitudinal effacé dans le centre et bien marqué près de la base et près de l’échancrure antérieure du lobe précité. Entre ce sillon et le bord marginal, on voit, de chaque côté, une élévation longitudinale sinueuse, épais- sie dans son milieu. Dos du prothorax avec quelques points enfoncés et quelques tubercules peu apparents, étant presque entièrement cachés par le duvet laineux. Elytres couvertes de gros points enfoncés écartés, plissées transversalement à leur partie postérieure, et présentant chacune deux côtes longitu-

X. 5

34 ANNALES

dinales : la première, interrompue dans son milieu, presque droite près de la base, sinueuse et plus épaisse postérieure- ment, et couverte dans cette partie de tubercules coniques; ceux de l'extrémité plus aigus; deuxième côte partant de l'angle huméral et s’arrêtant aux deux tiers de la longueur, bisinueuse, et formant comme un Sjallongé et mal formé, avec quelques petits tubercules arrondis et peu nombreux. Bords latéraux ayant deux rangées de tubercules coniques qui les font paraître denticulés : première rangée ou supérieure, partant de l’angle huméral et n’atteignant pas l’extremité; deuxième rangée, située en dessous, atteignant presque posté- rieurement la suture , mais s’effaçant antérieurement. Entre la première de ces rangées et la deuxième côte, on voit une pe- tite rangée de tubercules située sur une élévation longitudi- nale, formant presque la corde du deuxième arc de cette côte. Extrémité des élytres séparée par un petit hiatus qui forme une petite échancrure apicale.

Du Mexique; je dois cette espèce à l’obligeance de M. Gory.

Il. Antennes avec les articles entre le troisième et le neu- vième moniliformes, ou obconiques; neuvième obconique- turbiné; dernier un peu plus apparent, formant avec le pé- nultième une petite massue globuleuse.

2. Nosoderma Duponchelii. (PL. 2, fig. 6.) Long. 145 mill. Larg. 5 mill. 4/2.

Nigrum, squamulis fuscis cinereisque densè tectum. Prothorace basi angustato margine profundè dentato, dorso quadritubercu- lato et pilis minutis granulas simulantibus. Elytris punctatis ,

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 00

tuberculis raris conicis dimidio postico multèm majoribus. Humeris bituberculatis.

Noir, entièrement couvert de petits poils écailleux très ser- rés, le faisant paraître cendré varié de brun. Parmi ces poils écailleux, on en voit d’un peu plus grands figurant presque de petites granulosités, et plus apparents sur la tête, sur les pattes, sur le ventre et sur le dos du prothorax. Bord margi- nal de ce dernier avec des crénelures très profondes, obtuses. Tergum de ceprothorax finement et assez lâchementgranuleux et avec quatre tubercules, dont les postérieurs rapprochés, presque contigus , et les deux autres beaucoup plus écartés. On voit en outre trois lignes élevées : une de chaque côté, joignant les deux derniers tubercules avec la base, et la troisième au mi- lieu, en avant de ces tubercules. Elytres avec des points enfon- cés, écartés, et quelques tubercules rares, dont les postérieurs très saillants et coniques, et les antérieurs peu marqués. Ces tubercules forment une rangée marginale, dont deux aux an- gles huméraux bien marqués et obtus, et trois ou quatre plus saillants et plus coniques à la partie postérieure; les intermé- diaires très peu prononcés. Tibias antérieurs filiformes, sub- cylindriques. Articles des antennes, du quatrième au neuvième inclusivement, courts, subcylindriques, ou à peine obconi- ques, mais point transverses ni sensiblement perfoliés. Dernier article des quatre palpes lisse et rouge.

De Cuba. Je dois cet insecte à l’obligeance de M. Du- ponchel.

Li ©

ANNALES

3. Nosoderma scabrosum.

Zopherus scabrosus

; | Duronr, collect. SCOTpi0

Nosoderma mexicanum, DEJEAN, SPINOLA , collect. (1).

Long. 46 mill. Larg. 6 mill.

Nigrum, pilis squamosis fuscis aut griseo-fuscis tectum , nigroque tuberculatum. Prothorace basi angustato, dorso fossulato, lineis longitudinalibus elevatis crassis bisinuatisque; marginibus lateralibus vix crenatis. Elytris punctatis, fossulatis, tuberculis maximis laxis triangularibus; posticis majoribus. Humeris obliquè truncatis.

D'un noir obscur, mais recouvert de petits poils écailleux bruns ou d’un brun-cendré, moins serrés que chez les espèces précédentes, surtout sous le ventre. Au milieu de ces petits poils on voit, tant en dessus qu’en dessous, de petits tuber- cules noirs, lisses et assez nombreux. Prothorax notablement rétréci à sa base, comme chez la précédente, à bord latéral à peine finement crénelé par les petits tubercules recouvrant le corps et à dos présentant plusieurs fossettes qui le rendent inégal, et deux élévations épaisses, longitudinales et bisi- nueuses. Elytres ponctuées, ayant quelques gros tubercules subtriangulaires, épais, plus nombreux et plus saillants à la partie postérieure. Angles huméraux tronqués obliquement.

(4) Cette espèce ne figure point, sous ce nom du moins, dans le ca- talogue de M. Dejean, et comme elle m’a été communiquée depuis Jongtemps par M. Dupont, j'ai conserver le nom que cet entomo- logiste avait donné à cette espèce.

DE LA SOCIÈTE ENTOMOLOGIQUE. GT

Antennes assez grêles, à articles de trois à neuf inclusivement, obconiques.

Du Mexique. Collections de MM. Dupont et Spinola. J'ai vu dans la première un individu semblable aux autres, et désigné du Brésil , sous le nom de Scorpio.

4. Nosoderma morbillosum, DesEean, Cat. 1837., SpiNorA, collect.

Nosoderma inœquale, DEIEAN, AUBÉ, in litt. (A). (P125 068.28.) Long. 145 à 46 mill. Larg. 6 à G null. 1/2.

Nigrum, terrulentum dorsoque tuberculatum. Prothorace postice vix angustato, basi trilobato, lobo intermedio producto rotun- dato, dorso inæquali lineis duabus crassioribus sinuatis longi- tudinalibus. Elytris punctatis, tuberculis magnis conicis obtusis et posticis : singulo lineà elevatâ abbreviatä ; medio basis tu- berculo oblongo valdè incrassato lobo simulante.

Plus large que les précédents, d’un noir obscur, recouvert d’une matière lerreuse comme chez certaines espèces du genre Asida. Dos ayant des tubercules lisses, assez gros, plus nom- breux et plus apparents sur le prothorax. Tergum de ce der- nier peu rétréci en arrière, inégal et présentant deux lignes élevées, épaisses, sinueuses et longitudinales, et deux tuber- cules oblongs, contigus , situés au milieu de la base notable- ment trilobée, avec le lobe intermédiaire bien prononcé et arrondi. Elytres avec de gros points enfoncés et ayant chacune,

(1) Je ne savais entre ces deux noms traditionnels lequel choisir, et me suis décidé pour le premier, comme m'étant le plus ancien- nement connu. (Voir la note à la fin de la Tribu.)

38 ANNALES

à peu près au milieu de la base une élévation longitudinale très épaisse, et formant une saillie obtuse sur le prothorax, en forme de lobe. En arrière de cette protubérance, et plus exté- rieurement, existe une seconde ligne élevée, assez épaisse, plus longue et assez éloignée de la base. On voit postérieurement trois grands tubercules coniques, dont les deux antérieurs beaucoup plus gros, et un quatrième plus antérieur situé près de la ligne élevée. De chaque angle huméral part une autre ligne élevée, plus épaisse antérieurement que postérieu- rement, et n'afteignant pas la moitié de la longueur. Gros tubercules et lignes élevées, couverts de granulosités. Ventre avec de petits tubercules.

Du Mexique. J'ai reçu cette espèce de M. Max. Spinola, sous le nom que je lui ai conservé, et plus tard de M. Aubé comme étant le Nos. inæquale de M. Dejean; il figure aussi dans la collection de M. Gory.

5. Nosoderma vicinum. Nosoderma morbillosum , CHEvRrOLAT , in litt. Zopherus vicinus, Duronr, collect. Long. 42 à 44 mill. Larg. 5 à 5 null. 4/2.

(PI. 2, fig. 4.)

Nigrum, terrulentum dorsoque tuberculatum. Prothorace posticè vix angustato, dorso inæquali, lineis duabus longitudinalibus, sinuatis, crassis, basi trilobato, lobo intermedio suotruncato. Elytris punctatis posticè tuberculis magnis conicis obtusis : singulo medio basis lineà longitudinale elevatä , brevissimä, angustatà dorsoque lineis elevatis sinuatis abbreviatis.

Frès voisin du précédent, par la forme de son prothorax

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 39

et les protubérances de son dos, et n’en étant peut-être qu'une variété, mais elle est cependant un peu moins large ; et elle s’en distingue en outre par les deux lignes élevées du prothorax, moins épaisses ; par lelobe intermédiaire de la base de ce dernier, moins prolongé en arrière, plus large, moins arrondi, subtronqué; par les élytres, offrant deux lignes dor- sales peu épaisses et un peu sinueuses, et la ligne basilaire et médiane de chacune, pas sensiblement épaissie, ne for- mant point de saillie sensible, en forme de lobe, sur le pro- thorax; enfin par les angles huméraux, plus aigus.

Du Mexique. Je l’ai reçu de M. Arsène Maille, du Muséum de Paris et de M. Chevrolat; ce dernier me l’a envoyé comme étant le Morbillosum de M. Dejean; il figure aussi dans les col- lections de MM. Gory et Dupont.

Genre IL. Zopherus , Hope.

(PI. 2, fig. 8 à 45.)

Menton moyen, le plus souvent rétréci à sa base et légè- rement échancré antérieurement, subcordiforme; rarement rectangulaire et sinueux et comme tridenté antérieurement (4). Pédoncule échancré ou tronqué antérieurement , assez grand, mais cependant notablement plus petit que le menton; ce dernier recouvrant entièrement la languette (2) (fig. 8).

Palpes courts; les labiaux très petits, peu apparents ou même entièrement cachés ; les maxillaires à articles très courts,

(4) La forme rectangulaire du menton n’est qu’apparente; elle est due à ce que l’organe épais est réfléchi sur les côtés vers la partie an- térieure , qui serait plus large que la base si ces côtés étaient dans le même plan que le disque.

(2) Voir à ce sujet la première note de cette Tribu , au commence- ment des généralités.

40 ANNALES

le terminal à peine plus gros mais plus long que le pénultième, et ovoide obtus (fig. 8).

Mandibules larges et tronquées carrément au bout, comme chez plusieurs Hélopides ( fig. 8).

Labre saillant, notablement transverse, subrectangulaire et garni de cils très courts ettrès serrés antérieurement ( fig. 9.)

Tête transverse, enfoncée dans le prothorax jusqu’au delà des yeux ouverts, fortement transverses et arqués légèrement en arrière. Epistome très profondément engagé dans les pièces latérales, à peine saillant au delà de ces pièces, à suture pos- térieure effacée ct légèrement échancré antérieurement (fig. 9).

Antennes courtes, épaisses, subcylindriques, augmentant cependant un peu de grosseur vers l'extrémité, et ne paraissant composées que de neuf'articles, les trois derniers entièrement soudés d’un côté et sensibles seulement du côté opposé par des cils en forme de brosses; premier article très gros, plus long que les deux suivants réunis; articles de deux à sept in- clusivement, subcylindriques, un peu plus courts que larges et presque égaux; le septième, cependant, un peu plus court que le sixième; huitième très court et très transverse; les trois derniers n’en formant qu’un cylindrique-allongé. Les antennes se logent dans une rainure profonde et large, située de chaque côté sur le flanc du prothorax (fig. 10) (1).

Prothorax presque aussi long que large, ou médiocrement transverse, rétréci à sa base. Mésosternum ayant un étrangle- ment notable antérieurement, ce qui forme comme un creux entre les quatre pattes antérieures. Flancs du prothorax avec une lasge rainure pour recevoir les antennes (fig. 8 à 41).

Corps oblong et convexe; un étranglement notable à la

(4) Je-ne puis répondre que tous ces détails conviennent à toutes les espèces, n'ayant pu étudier avec soin ces organes que sur le Wer- “osus , la seule espèce en ma possession.

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 41

base des élytres calleuses à l’extrémité. Angles huméraux effa- cés (fig. 11).

Pattes épaisses, de longueur moyenne, filiformes; cuisses et tibias garnis intérieurement de deux rangées de petits poils laineux, serrés, en forme de brosses. Tarses courts , à articles rectangulaires ou trigones, subtransverses ou peu allongés; le dernier excepté plus ou moins allongé et en massue, et garnis en dessous sur les bords, de brosses semblables ou à peu près à celles des cuisses et des tibias (fig. 13, 14, 15).

Ce genre diffère principalement du précédent par son men- ton, les antennes, le canal du flanc du prothorax elles se logent, et par les brosses de ses pattes et de ses tarses.

Je n’en connais que quatre espèces, dont voici les princi- paux caractères distinctifs.

‘transverse el simplement un peu ar- au nombre de quatre. À quée. . . . . . . . . + . . 4. Nervosus. Elévation du dernier seyment de l’abdo- : : 4 ilobé D EN EST SE dulus. Callosités men notablement bilobée. , 2. No apicales des : Ée rie tuberculeux au moins sur les bords; élé- À au nombre de deux. vation transverse du dernier segment de l'abdomen tronquée en avant. + + 5. Mexicanus. lisse; élévation transversale du der- Dos du prothorax nier segment de l’abdoment trilobée en MaAtADE EE -O CN , A' Tic oIIIs:

PREMIÈRE DIVISION.

Menton rétréci à sa base, peu épais et plus ou moins échan- cré antérieurement, subcordiforme.

42 ANNALES I. Zopherus nervosus, Hope, Duponr, collect. Zopherus mexicanus, Buquer, SPINoLA , collect. Long. 23 à 26 mill. Larg. 9 à 44 mill. (PI. 2, fig. 41.)

Niger, transversim suprà albido-venosus, dorso tuberculis com- pressis diffusis, inœqualibus vix prominulis. Elytris apice callositatibus quatuor, interioribus minoribus. Abdomine callo apicali leviter arcuato.

Var: A (an fœæmina?) Minüs convexus obscuriorque. Prothorace latiore. Elytris tuberculis transversis marginalibus , magis nume- rosis.

D'un beau noir légèrement brillant, avec le dos couvert de tubercules inégaux, très déprimés, à peine saillants, et entre- méêlés de veines flexueuses, la plupart transverses et formées par un vernis blanchâtre. Tête presque lisse avec deux taches en arrière, tant en dessus qu’en dessous, d’une espèce de ver- nis jaunâtre. Flancs de l’arrière poitrine avec des taches irré- gulières, de même nature et de même couleur que celles de la tête, entremêlées de points noirs. Elytres ayant à leur ex- trémité quatre callosités obtuses, dont les deux postérieures, près de l'extrémité et touchant la suture, entièrement noires et plus petites quelesdeux autres, maculées par les veines blanchä- tres. Abdomen brillant, avec des taches transversales; dernier segment ayant une callosité transversale, très forte, échancrée ep arc antérieurement, et muni en arrière d’une touffe de poils rouss{res.

La variété À, qui n’est peut-être que la femelle de cette es- pèce, s’en distingue par son dos, moins convexe; par Son pro-

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 45

thorax, plus large; par les tubercules subtransverses, bordant les flancs des élytres, plus nombreux et plus serrés.

Du Mexique. Je dois cette espèce à l’obligeance de M. Max. Spinola. Elle figure aussi dans la collection de M. Dupont. La variété À appartient à celle de M. Spinola.

2. Zopherus nodulosus, Duronr. Long. 23 à 26 mill. Larg. 8 1/2 à 10 mill.

Niger, suprà albido variegatus. Elytris tuberculis magnis triangu- laribus valdè compressis minoribusque interjectis, apice callosi- tatibus quatuor, interioribus minoribus. Abdomine callo apicali profundè bilobato.

Tête presque lisse avec quelque très petits points enfoncés, très écartés ; une tache très large, trapéziforme à la partie pos- térieure et une beaucoup plus petite de chaque côté, un peu en avant de la première. Les unes et les autres d’un blanc jaunâ- tre. Dos du prothorax noir et comme tuberculeux au milieu ,’ avec une ligne longitudinale d’un blanc jaunâtre, centrale, fine, s’arrêtant antérieurement à une ligne transversale courbe, de même couleur, et jetant quelques petits rameaux latéraux, peu apparents. Parties latérales de même couleur que la ligne médiane, avec diverses taches noires, plus ou moins confluen- tes, imitant des tubercules très comprimés. Dessous de latêteet la poitrine du prothorax, avec des taches d’un blanc jaunâtre plus ou moins ponctuées de noir. Ces taches au nombre de deux sous la première et de quatre sur la seconde. Elytres re- couvertes de la même matière blanc-jaunâtre que ces diverses taches, sur laquelle se dessinent des espaces relevés, compri- més, dont quelques-uns plus grands, subtriangulaires ; d’au- tres moyens, informes, mais généralement tétragones, et for-

44 ANNALES

mant sur chaque élytre deux rangées : une touchant la suture, et l’autre près du flanc de l’élytre; et d’autres enfin beaucoup plus petits, suborbiculaires, entremélés avec les précédents. Leur extrémité présente quatre callosités, dont deux très gros- ses, éloignées et plus antérieures, et deux postérieures, conti-

guës à la suture et plus petites. Chaque flanc de l’arrière-poi- trine avec quatre taches longitudinales, disposées deux à deux

sur le mésothorax et le métathorax, dont la supérieure de ce dernier plus étroite et plus oblongue. L’abdomen en présente trois de chaque côté, situées sur les trois premiers segments : la première petite, oblongue et oblique, et les autres presque tétragones, transverses, échancrées au bord supérieur. Toutes ces taches de la même couleur et de la même matière verni- forme que sur le dos. Callosité apicale de l’abdomen, profon- dément divisée en deux lobes imitant presque deux gros tu- bercules ovales. |

Du Mexique. Collection du Muséum de Paris; et figurant aussi, mais défloré, dans celle de M. Dupont, sous le nom que j'ai conservé. C’est sur celui du Muséum que la descrip- üon a été faite.

3. Zopherus mexicanus, Hore, Règne anim. angl., pl. 50, fig. 5, sec. Gory, collect.

Long. 30 mill. Larg. 40 mill. 4/2.

Niger. Prothorace margine laterali trisinuato, elytrisque apice bi- callosis, diversè tuberculatis maculisque albidis interjectis. Ab- domine callo apicali transverso antè truncato.

Noir, proportionnellement plus étroit que les précédents, avec l’arrière-corps plus large que le prothorax. Tête avec quel- ques points enfoncés et deux lignes obliques longitudinales d'un blanc jaunâtre, situées une de chaque côté près de la

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 45

suture latérale de l’épistome. Tergum du prothorax plus forte- ment trisinueux sur le bord latéral que chez le Nervosus, d’abord presque parallèle à l’axe, et se rétrécissant ensuite brus- quement à la base. Son dos couvert de tubercules très dépri- més, très rapprochés, oblitérés au milieu du bord antérieur, et entremélés, surtout latéralement, d’une matière blanchâtre plus pulvérulente que chez les précédents. Elytres couvertes de tubercules comme ceux du prothorax, plus serrés près de la suture que sur le reste de leur surface, et présentant dans le nombre quatre rangées, y compris la marginale, de tubercules beaucoup plus larges et plus anguleux. Les uns et les autres plus relevés en arrière que sur le devant, qui s’affaisse tout à fait, et entremélés de la même matière subpulvérulente que l’on voit sur le prothorax, s’avançant jusqu'aux tubercules nombreux longeant la suture : elle disparaît presque entière- ment. Extrémité de ces élytres ne présentant que deux grosses callosités, représentant les antérieures des précédents. Poitrine et abdomen avec des taches jaunâtres comme vernissées, par- semées de points noirs saillants et luisants. Callus du dernier segment de l’abdomen, transverse et tronqué carrément, ou à peu près, à sa face antérieure.

Du Mexique. Cette belle espèce appartient à la collection de M. Gory, j'ai vu la synonymie que j’ai adoptée.

DEUXIÈME DIVISION.

Menton épais, réfléchi en dessus sur les bords, ce qui le fait paraître subrectangulaire : bord antérieur sinueux et comme subtrilobé, à cause d’une ot D transverse située tout à fait sur le bord.

46 ANNALES

A. Zopherus lævicollis, Duponr, collect. Long. 21 mill. Larg. 8 mill. 4/2.

Niger, nitidus (immaculatus?) (1). Prothorace dorso lœvigato vix laxè punctulato. Elytris transversim plicato-tuberculatis, apice callositatibus duabus compressis. Abdomine callo apicali antè trilobato.

Entièrement d’un noir légèrement brillant dans le seul imdi- vidu sous mes yeux. Tête et tergum du prothorax lisses avec des points enfoncés, moyens et écartés. Bord latéral de ce der- nier avec des tubercules le faisant paraître crénelé à sa partie postérieure. Elytres ayant sur le dos de très gros plis transver- ses, élevés et flexueux; et sur les côtés des plis semblables, mais beaucoup plus étroits. Deux grosses callosités comprimées à leur extrémité. Ventre entièrement noir avec des points en- foncés écartés, plus gros sur la poitrine que sur l'abdomen, à callus apical trilobé antérieurement.

Du Mexique. Collection de M. Dupont.

Genre III. Diceroderes. (PL 2, fig. 44 à 24.)

Menton très petit, élargi de la base vers le bord antérieur, sinueux et avancé dans le milieu. Pédoncule petit, rétréci en avant ( fig. 16).

Palpes maxillaires terminés par un article notablement sé- curiforme et un peu plus long que large. Palpes labiaux ayant

(4) Pignore si le seul individu que j'ai vu avait été défloré ; mais il était entièrement noir.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE An

les deux premiers articles très petits, le terminal grand, ova- laire (fig.16 et 17).

Labre saillant, très transverse, légèrement arrondi au bord ‘antérieur (fig. Â8).

Tête penchée, un peu oblongue, avec un épaississement éntre l’étranglement colliforme et les yeux. Ces derniers assez grands et notablement transverses, déprimés et légèrement échancrés antérieurement. Epistome à peine saillant au delà des pièces latérales, subtronqué antérieurement etmoins enfoncé que chez les deux genres précédents. Pièces latérales de la tête relevées et formant un lobe de chaque côté (fig. 48).

Antennes grêles, de dix articles apparents, le onzième n'étant point manifeste et confondu avec le dixième, avec lequel il ne forme qu’un article ovoïde : du troisième article, plus long que les autres, au huitième inclus, coniques et allongés; le neuvième transverse, et le dixième beaucoup plus gros et for- mant une massue courte et ovoide (fig. 19 et 20).

Tergum du prothorax presque aussi long que large, trapézi- forme , rétréci postérieurement, arrondi et fortement bicornu en avant. Base subtronquée et fortementappliquée contre celle des élytres. Corps rugueux, oblong, subparallèle. Angles hu- méraux effacés (fig. 24).

Pattes filiformes avec les tibias très grêles. Tarses également filiformes, minces et assez courts.

Ce genre a bien des rapports avec la Tribu suivante, et ne s’en distingue que par ses antennes, n'ayant que dix articles apparents et brusquement épaissies en massue. Ces organes plus grêles, ainsi que les pattes; la tête penchée, oblongue et non enfoncée jusqu'aux yeux dans le prothorax ; le tergum de ce dernier, bicornu; la petitesse et la forme du menton dis- tinguent ce genre des deux précédents.

Je ne connais que le type de ce genre, figurant dans la col-

43 ANNALES

lection de M. Max. Spinola, comme genre nouveau, avec le nom spécifique de Mexicanum Dejean (1).

\

(1) Je ne vois rien dans le catalogue de M. Dejean qui me fasse soupçonner que cet insecte lui fût connu lors de l'impression de ce catalogue.

Quelques entomologistes paraissent attacher plus, ou tout au moins autant d'importance aux noms traditionnels qu'aux noms spécifiques ou génériques accompagnés de descriptions et même de figures, et je ne puis partager leur opinion. Si quelquefois ces dernières peu- vent offrir des doutes, les noms inédits, passant par une foule d’in- termédiaires, en ofirent bien davantage, et l’expérience ne le prouve que trop. Que serait actuellement la science si elle était simplement traditionnelle? elle serait très probablement dans l’enfance; car peut- on douter des progrès immenses qu’elle a faits par l'invention de Pé- criture et surtout par celle de imprimerie? D'ailleurs tous les noms des diverses collections étant traditionnels, quelle préférence donner aux uns plutôt qu'aux autres? Serail-ce à ceux inscrits dans un cata- logue imprimé et d’après la date de ce catalogue? Mais que l’on ré- fléchisse alors que c’est proclamer le principe de la publication, et que dès lors un nom accompagné de description doit avoir plus de valeur que celui nullement signalé. Si la description est faite de telle manière qu’elle ne puisse faire reconnaître l'espèce qu’elle a voulu dépeindre, c’est un malheur; mais elle devient alors comme si elle w’eût pas été faite, et le nom de cette espèce est à peu près tradi- tionnel.

Comme on peut s’en être aperçu dans le courant de mon essai, j'ai adopté, lorsque cela m’a été possible, et quelquefois peut-être avec trop de facilité, tous les noms traditionnels, certains ou incertains, qui sont parvenus jusqu’à moi, et ce que je dis ici n’est donc qu'une affaire de principe que J'ai cru devoir soutenir en opposition aux di- verses opinions imprimées, même dans nos Annales. Je suis forte- ment d’avis que lorsque l’auteur a reçu directement l’insecte qu’il décrit de l’entomologiste qui l’a nommé, ou qu’il peut, sans quitter Ja ville qu’il habite, consulter la collection de ce dernier et discuter au besoin avec lui l’identité des insectes, je dis que dans ces circons- tances il est de toute convenance d’adopter les noms déjà donnés par lui, et que c’est une bienveillance que l’on se doit réciproquement. Je suis donc loin d’approuver l’exemple donné par quelques entomo-

& ©

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. I. Diceroderes mexicanus. Gen. nov. mexicanum, DEJEAN, SpiNoLaA, collect. Long. 7 mill 4/2. Larg. 4 mill. (PI. 2, fig. 21.)

Subparallelus, niger, densè terrulentus, dorso inæqualis tubercu- latusque. Prothoracis dorso antè cornibus duobus longissinis intüs arcuatis. Elytro singulo costis quatuor approximatis tu- berculatisque; primä medio dorsi secundäque submarginali abbreviates, tertià marginali, quart inferiori.

Allongé, subparallèle, un peu dilaté postérieurement. D'un noir obscur, mais recouvert d’une matière terreuse qui le fait paraître d’un gris obscur. Dos couvert de tubercules, surtout sur les parties saillantes. Tête presque lisse, avec de gros points enfoncés sur la partie entrant dans le prothorax. Ter- gum de ce dernier avec deux fortes cornes, très longues, ai- guës, légèrement arquées en dedans, situées à la partie anté- rieure et prolongées en arrière en côte saillante, atteignant la base. Entre ces deux côtes, renfermant comme un creux, on en voit en avant deux autres plus minces, plus courtes et peu saillantes. Chaque élyire présente quatre côtes irrégulières, rapprochées et tuberculeuses : la première à peu près au mi- lieu du dos; la deuxième submarginale, plus saillante et plus

logistes qui ont changé sciemment des noms qui leur étaient connus ;

mais enfin lorsqu'ils l’ont fait, même inconvenablement, on doit

adopter les noms des espèces et des genres sous lesquels il les ont

décrits. Tel est le principe qui me paraît de toute justice, et que La-

treille m’exprimait dans une de ses lettres, quoique, comme il l’avoue

du reste lui-même, il ne l’ait pas toujours rigoureusement observé. Me 4

50 ANNALES

courte que les autres, s’arrêtant à la partie de l’élytre brus- quement recourbée vers le bas; la troisième marginale et la quatrième, au-dessous de cette dernière, plutôt marquées par leurs tubercules que par leur élévation, et atteignant à peu près l’extrémité. Entre la première côte de chaque élytre et la suture, l’on voit quelques tubercules épars le long de cette dernière dans la moitié postérieure, et quelques autres sans or- dre au milieu de la longueur de la partie horizontale.

Ce singulier insecte vient du Mexique et figure dans les col- lections de MM. Max. Spinola et Henri Lasserre.

EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUXIÈME.

Fig. 1 à 7. Détails du genre Nosoderma.

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. Partie inférieure de la bouche du Nos. vicinum.

2. Tête du même vue en dessus.

Antenne vue sous un plus fort grossissement, l’on peut voir que le onzième article est confondu avec le dixième en un seul ovale.

Nos. Vicinum grossi.

Morbillosum grossi. |

‘Duponcheli grossi simplement au trait.

Denticulatum grossisimplementautrait. J'avais com- mencé à figurer les petits poils écailleux dont il est recouvert; mais je me suis borné au prothorax, voyant la longueur de ce travail, et que le résultat ne répondait pas à cette longueur de temps.

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Fig. S à 15. Détails du genre Zopherus (type Nervosus).

8. Partie inférieure de la bouche avec un fragment du prothorax, à cause du canal a, creusé dans chacun de ses flancs pour recevoir l’antenne.

9. Tête vue en dessus; a, a, a, taches formées par une espèce de vernis d’un blanc jaunâtre.

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 51

10. Antenne située dans le canal du prothorax. 11. L'insecte grossi.

12. Extrémité de son abdomen.

13. Tibia et tarse antérieurs vus de côté.

14. Tarse antérieur vu en dessus.

15. Tarse postérieur vu en dessus.

Fig. 16 à 21. Détails du genre Diceroderes (iype Mexcanus).

16. Menton et languette. Je n'ai pu apercevoir assez dis- tinctement cette dernière pour oser affirmer que c’est bien sa forme; je l’ai dessinée telle que j'ai cru la voir.

17. Palpe maxillaire.

18. Tête vue en dessus et détachée du corps.

19. Antenne très grossie.

20. Extrémité de la même plus grossie encore, l’on peut voir que le onzième article, s’il existe, n’est nulle- ment apparent.

21. L’insecte grossi.

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ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. LE

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ESSAI SUR LA CLASSIFICATION DES NOCTUÉLIDES. (Suite) (1).

Par M. GUÉNÉE.

+

{Voir les pages 311, vie volume, les pages 107 et 201, vu volume, et 473, vin” volume (2).

(Séance du 6 mai 1840.)

Trigu XI. HELIOTHIDI.

L]

(Boisp., Mir. Noctuelidi, LATR. Noctuidæ, Stepu.)

Chenilles à 46 pattes égales, cylindriques, souvent un peu moniliformes, ordinairement de couleurs vives. Elles se tien-

(4) En parcourant le Genera et Index methodicus, je me suis aperçu que je m'étais rencontré avec M. Boisduval sur plusieurs points de la classification ; je citerai pour exemple la création de la tribu des Cat- pides , qui nous est commune à tous les deux. Le hasard seul est cause de cette conformité dans nos systèmes; je ne pouvais avoir connaissance du travail de M. Boisduval, puisque son Genera n’a paru qu'après que mon mémoire eut été lu à la Société et déposé dans ses archives. A. GuÉNÉE , 16 octobre 1840.

(2) Plusieurs entomologistes, qui veulent bien prendre à ce travail un intérêt dont je les remercie vivement, m'ont écrit pour se plaindre de ce qu’il se trouve disséminé dans un grand nombre de cahiers des Annales, et de ce qu’il offre ainsi peu de commodité pour le classe- ment de leurs collections. Des circonstances indépendantes de ma

54 ANNALES

nent à l'extrémité des plantes basses, dont elles mangent les feuilles ou les fleurs. Au repos, elles tiennent très souvent la partie antérieure de leur corps arquée ou repliée sur elle- même.

Chrysalides, luisantes, de forme ordinaire, sans appendice ventral ; elles sont renfermées dans des coques molles compo- sées de soie et de grains de terre ou de débris de plantes, et placées presqu’à la surface du sol. É

Insectes parfaits. Antennes simples et presque compléte- ment filiformes dans les deux sexes. Palpes courts, peu déve- loppés. Tête petite. Thorax convexe, lisse. Ailes supérieures jamais aliongées ni rayonnées dans le sens de la longueur, avec les lignes et taches ordinaires visibles; ailes inférieures tou- jours bicolores ; dessous toujours marqué de deux couleurs net- tement tranchées; au repos, les supérieures couvrent les in- férieures et sont disposées en toit. La plupart des insectes parfaits volent en plein soleil.

Cette tribu à été créée par M. Boisduval dans son Index me- thodicus, mais je ne l’adopte pas dans son entier. En effet, il y renferme le genre Acontia d’Ocus, dont les chenilles n’ont pas 16 pattes, et qui doit en conséquence figurer dans les tribus qui, dans sa méthode, avoisinent les Phalénides, et qui, dans mon opinion, doivent plutôt former la transition à une tribu particulière de la grande division des Pyralites, ainsi que j’au-

volonté, et la nature mème du recueil ce travail se trouve publié, m'ont empêché de suivre une marche différente de celle que j'ai adoptée; mais, pour corriger autant qu’il dépendra de moi ce défaut d’ensemble, mon intention est de résumer toute cette classification en un catalogue méthodique, que je placerai à la fin, et qui, tout en servant de table, me fournira l’occasion d’intercaler les espèces qui sont venues à ma connaissance postérieurement à la publication de leurs tribus, et de rectifier la place de quelques autres qui m'ont paru depuis pouvoir être disposés naturellement

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. bb: rai occasion de l’exposer en temps et lieu. Il est vrai que plu- sieurs des insectes parfaits du genre Acontia ont une ressem- blance assez marquée avec certaines espèces d’Héliothides, mais c’est surtout par les dessins et les couleurs qu’ils s’en rappro- chent, et ce genre d’affinité ne saurait prévaloir sur un carac- tère aussi positif que le nombre des pattes dans les chenilles. Quant à l'habitude qu'ont les Acontia de voltiger en plein so- leil, elle ne les rapproche pas plus des Héliothides que des tribus que j'ai indiquées plus haut, et qui renferment les es- pèces appelées Triquetra, Glyphica, Sulphurea, etc., dont les mœurs sont les mêmes à cet égard.

Les Héliothides vivent toutes, à l’état de chenille, sur les plantes basses, sur lesquelles elles se tiennent souvent tout à fait à découvert. Semblables en cela aux Xylinides qui les pré- cèdent, elles se rapprochent encore de plusieurs de ces der- nières par la préférence toute particulière qu’elles donnent aux fleurs. Beaucoup d’entre elles, en effet, s’en nourrissent exclu- sivement, et la plupart des autres dédaignent les feuilles quand elles peuvent s’en procurer.

Ces insectes parfaits se distinguent au premier coup d'œil par leurs ailes inférieures, qui sont presque toujours ornées d’une bande noire plus ou moins marquée, et par les taches ordinaires des ailes supérieures qui, en dessous, sont vivement détachées en noir sur un fond clair. Leurs antennes, qui sont tout à fait filiformes à la vue simple, et qui à la loupe parais- sent à peine crénelées dans les mâles , sont encore un caractère qui les distingue bien des tribus précédentes.

Gen. 4. HELIOTHIS. Ou. Chenilles à 16 pattes, allongées, un peu moniliformes, à:

tête un peu aplatie et souvent retirée en partie sous le premier anneau, ayant les points ordinaires quelquelois un peu élevés

56 ANNALES

et donnant naissance à des poils isolés bien visibles. Elles vi- vent à découvert sur les plantes basses, dont elles mangent surtout les fleurs, et tiennent habituellement leur partie an- térieure repliée sur elle-même, quand elles sont en repos.

Chrysalides lisses, à partie postérieure bien conique, sou- vent un peu effilée ; renfermées dans des coques de terre très peu solides et enterrées.

Insectes parfaits. Antennes filiformes dans les deux sexes. Palpes dépassant peu la tête, épais, leur dernier article court, nu. Thorax lisse, subcarré. Abdomen dépassant les ailes infé- rieures, conique dans les deux sexes, terminé dans les mâles par un pinceau de poils, et finissant dans les femelles en une pointe assez aiguë, mais sans tarière. Ailes de forme ordi- naire, les inférieures bordées par une bande brune ou noire, souvent un peu fondue avec la couleur du fond, parfois nette- ment détachée, mais alors coupée par une tache claire en ap- prochant de l'angle anal; au repos, les supérieures sont dispo- sées en toit trés incliné. Insectes de taille moyenne, volant surtout le soir.

Ce genre, si naturel, a été établi par Ochsenheimer et géné- ralement adopté. Il contient des insectes assez jolis et dont les chenilles sont plus jolies encore. Celles-ci rongent avide- ment les fleurs des plantes basses à l'extrémité desquelles elles se tiennent. Elles sont très reconnaissables, grâce aux points ordinaires qui sont presque toujours un peu saillants, et dont les poils sont gros, longs et très apparents; cependant il ne faut pas croire pour cela qu’elles puissent être rangées parmi les chenilles velues : ces poils existent chez toutes les chenilles de Noctuélides sans exception, mais ils sont Ja plupart du temps très courts, très fins et presque invisibles sans le secours de la loupe; ici ils ne frappent les yeux que parce qu'ils sont heaucoup plus développés. Les trois lignes ordinaires sont auss;

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 97

très visibles, et quelquefois même accompagnées d’une ou deux autres. Les chrysalides n’ont rien de remarquable; seulement leur partie postérieure est en général assez effilée, et c’est ce qui amène la forme conique de l'abdomen chez les papillons. Ceux-ci sont de taille moyenne : c’est surtout au crépuscule qu'ils sortent de leurs retraites pour venir butiner sur les fleurs : toutefois, la Dipsacea vole aussi à l’ardeur du soleil. Il a été découvert dans ces derniers temps deux espèces de ce genre : l’une en Andalousie, par M. Rambur, qui ne lui a pas encore imposé de nom à ma connaissance ; l’autre à Constan- tinople, par les fils de l’infatigable Kindermann : cette der- nière a été nommée Jncarnata, et je ne l’ai pas vue en nature. Ainsi que l’a fait observer M. Boisduval dans son Index, V’es- pèce appelée Purpurites ressemble complétement à notre Har- ginata , et n’en difière absolument que par la couleur; c’est cependant une espèce bien distincte, qu’on élève très fréquem- ment aujourd’hui en Hongrie, d’une chenille tout à fait difré- rente de la nôtre, et qui vit sur les Scabiosa. Enfin, pour com- pléter ce qui me reste à dire sur les espèces du genre qui nous occupe, je dois rappeler que plusieurs entomologistes alle- mands persistent à considérer la Peltigera comme une variété de l’Armigera; mais les chenilles de ces deux espèces sont figu- _rées dans l’Iconographie des chenilles de MM. Boisduval, etc., et paraissent tout à fait différentes. Pour moi, je n’ai eu occa- sion d'élever que celle de l’Armigera; et celle de la Peltigera , qui est plus répandue dans les contrées méridionales, ne m'est pas connue en nature.

58 ANNALES

. Espèces. PURPURITES, 77. N. Sp. (Andalousie). Scurosa, Fab. MARGINATA, Fab. ARMIGERA, Hub. DipsAcEA, Lin.

*INCARNATA, Kind. PELTIGERA, W. V. *Ononis, Fab. Gen. 2. TRYPANA (Touran, Terebra.) (Mimi. Heliothis, Ocn., Bpv.)

Chenilles à 16 pattes, médiocrement allongées, à tête pe- tite, ayant les lignes ordinaires très distinctes. Elles vivent dans les fleurs des Chicoracées, parmi lesquelles elles restent presque constamment cachées.

Chrysalides cylindrico-coniques, lisses, luisantes, renfer- mées dans de petites coques composées de soie et de débris ou de grains de terre, et placées à la surface.

Insectes parfaits. Antennes filiformes dans les deux sexes. Palpes courts, un peu écartés, leur dernier article court, muni de poils à sa base. Thorax convexe, subglobuleux, lisse. Abdomen dépassant un peu les ailes supérieures, lisse, sub- conique, très velu latéralement, ayant le bord postérieur des anneaux liséré de blanc, terminé dans les femelles par une tatière ou oviducte linéaire, à articles rentrant l’un dans l’au- tre, et très saillant. Pattes fortes et velues. Ailes supérieures étroites, très aiguës à l'angle apical, les inférieures courtes, sans tache blanche au bord terminal : les quatre divisées au milieu par une bande claire nettement marquée; au repos, les supérieures sont disposées en toit très incliné. Insectes de taille petite.

Je crois devoir séparer ce genre des Heliothis, avec lesquelles il a certainement beaucoup de rapports, mais dont il se dis-

| DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 59 tingue par les mœurs des chenilles et un caractère très impor- tant à l’état parfait, la présence d’un oviducte saillant dans les femelles, qui n’est qu’une suite de ces mêmes mœurs. En effet, c’est bien encore des fleurs des plantes dont les chenilles font leur nourriture; mais au lieu de se tenir à découvert sur les tiges, elles vivent tout à fait cachées parmi les fleurons, et n’en descendent habituellement que pour subir leur transfor- mation. Je n’oseras cependant pas affirmer que celle de la Cognata y reste constamment enfermée, car je ne l’ai pas ob- servée par moi-même; mais j'ai trouvé plusieurs fois celle de la Cardui ainsi emprisonnée, même au milieu du jour. Quoi qu’il en soit, comme les femelles doivent pondre dans l’inté- rieur même des fleurs, et principalement de celles qui ne sont encore qu’en bouton, il est nécessaire qu’elles soient munies d’un oviducte long et corné qui puisse y introduire convena- blement leurs œufs. Cet oviducte, tout à fait analogue à celui des Dianthæcix, est proportionnellement un peu plus long.

Les papillons de ce petit genre sont fort jolis, mais d’une taille très exiguë. On les reconnaîtra d’abord à la bande blan- che qui traverse leurs ailes inférieures, à l'absence de la tache blanche terminale qu’on observe chez les Heliothis, dont la bordure est bien nette, et à leur abdomen rayé de blanc.

Espèces.

CaRDUI, Hub. COGNATA, Tr.

Gen. 3. ANARTA. Om.

Chenilles à 46 pattes, rases, un peu atténuées postérieure- ment, assez courtes, à tête petite, globuleuse: elles vivent sur les plantes basses, à l'extrémité desquelles elles se tiennent, avant la partie antérieure repliée sur elle-même dans le repos.

60 ANNALES

Chrysalides luisantes, assez courtes, enfermées dans de pe- tites coques ovoïdes composées en majeure partie de soie et en- ‘tremêlées de débris de plantes ou de grains de terre, placées entre les feuilles ou à la surface du sol.

Insectes parfaits. Antennes simples dans les deux sexes (très légèrement ciliées, vues à la loupe, dans les mâles). Palpes courts, velus, peu développés, leur dernier article visi- ble, court, nu, aciculaire. Tête petite et très velue. Thorax assez robuste, convexe, subcarré, lisse, velu et comme lai- neux. Abdomen assez court, très velu latéralement, terminé par un pinceau de poils coupé carrément dans les mâles, très volumineux et grossièrement cylindrico-conique dans les fe- melles. Spiritrompe courte. Ailes supérieures un peu oblon- gues, épaisses et à écailles très denses; ailes inférieures à bordure noire, large et entière; au repos, les supérieures sont disposées en toit très incliné. Insectes de petite taille volant pendant le jour.

Voici encore un genre composé d'espèces très jolies, et qui s’est accru dans ces derniers temps d’une nouvelle, la plus brillante de toutes : je veux parler de l’A. Friwaldzskyi, que tous les entomologistes ont jusqu'ici placée, je ne sais pour- quoi, dans le genre Heliothis, bien qu’elle n’offre aucun des caractères de ce genre, et qu’elle partage au contraire tous ceux des Anarta d’une manière évidente.

Il n’a jusqu'ici été décrit qu’une seule chenille du genre Anarta, celle de la Myrtilli, et c’est aussi la seule que j'aie eu occasion d'élever. S’il faut en juger par elle, les chenilles de ce genre sont encore plus jolies que leurs papillons. C’est à tort que M. Duponchel, égaré probablement par la mauvaise exécution de la figure d’Hubner, a avancé que chacun de ses anneaux était armé de cinq pointes obtuses; elle est au con- traire complétement rase, ainsi qu'il est facile de s’en assurer,

»

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 61

car elle se trouve très communément sur la bruyère (Calluna erica), sur laquelle elle se tient à découvert, et dont le moin- dre frottement la fait tomber instantanément.

A l’état parfait, toutes les Anarta volent en plein jour. Plu- sieurs espèces sont propres aux pays de montagnes, et c’est ce qui fait que leurs chenilles sont si peu connues, car nos Alpes et nos Pyrénées, qui sont si souvent explorées par les chasseurs d'insectes, attendent encore un bon lépidoptériste descripteur.

Espèces. AMISSA, Lefebv. * FuneBris, Hub. MELALEUCA, Th. ALGIDA, Lefebr. { Vinua, Hub., Tr. FRIWALDZSKYI, 77. *

Var.? Richardsoni, | Var. Tristis, Hub. CORDIGERA , Th. Curt. | Var. Rupestris, Hub. MyrTiLi, Lin.

Gen. 4. HELIODES. (Mimi. Anarta, Ocu., TR., Bov., STEPH.)

Chenilles à 46 pattes, rases, courtes, assez épaisses, à tête petite, un peu aplatie, rayées longitudinalement ; elles vivent sur les plantes basses, à l'extrémité desquelles elles se tiennent à découvert.

Chrysalides lisses, luisantes, courtes, enfermées dans de pe- tites coques presque sphériques, composées de terre et d’un peu de soie, et enterrées assez profondément.

Insectes parfaits. Antennes complétement sétacées (même vues à la loupe), dans les deux sexes. Palpes très courts et presque rudimentaires , à articles indistincts, perdus dans les poils de la tête. Thorax grêle, globuleux, lisse, couvert de poils hérissés, très peu adhérents. Abdomen srêle, lisse, subconique , non velu , rayé transversalement de jaune, pres- que complétement semblable dans les deux sexes. Spiritrompe

62 ANNALES

de longucur moyenne. Aïles supérieures triangulaires, aiguës au sommet, sans tachesdistinctes ; ailes inférieuresassez larges : au repos, les supérieures sont disposées en toit très peu in- cliné. Insectes pyraliformes, de très petite taille, volant à l’ardeur du soleil.

C’est surtout à cause de l’insecte parfait que ce genre m'a paru devoir être isolé du précédent. Ils n’ont, en effet, presque rien de commun, si ce n’est la couleur, et je ne serais point surpris que, plus tard, quand on aura pu étudier à fond les premiers états des derniers genres des Noctuélides, on füt conduit à l’enlever des Héliothides pour le porter parmi ceux- ci. Ce qui frappe les veux dès l'abord dans le genre Heliodes, c’est lexiguité du thorax et de l'abdomen (ce dernier n’est d’ailleurs point velu comme dans les véritables Anarta); et les ailes, qui sont proportionnellement plus larges, rendent encore cette différence plus sensible. Je ne parle pas des an- tennes, des palpes, ni de beaucoup d’autres points de dissem- blance que les caractères génériques feront suffisamment res- sortir.

Les Heliodes volent, comme les Anarta, en plein jour : elles choisissent même de préférence l’heure le soleil est dans toute sa force pour butiner autour des fleurs de sca- bieuses, de bruyères ou de sauges. A peine le soleil a-t-il quitté les clairières, qu’elles se hâtent de rentrer dans le re- pos, bien différentes en cela de la plupart des autres Noctué- lides, qui attendent au contraire son déclin pour commencer leurs excursions; les Anarta elles-mêmes paraissent moins amies de la lumière, car c’est surtout vers trois ou quatre heures du soir qu’elles voltigent avec le plus d'activité; et, à cette heure, l’Arbuti est souvent accrochée aux tiges pour dor- mir, du moins je l’ai prise bien des fois en fauchant vers ce moment de l'après-midi. La manière dont elle se tient dans

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 65 repos suffirait aussi pour la faire distinguer des véritables Anarta; en effet, loin de replier ses ailes presque contre son abdomen , elles les tient étalées, comme beaucoup de Géo- mètres ou de Pyrales.

. Leschenillesdiffèrentaussi de celles du genre précédent : toute-

fois, je n’ai pas observé de dissemblance essentielle dans leurs mœurs. Elles se tiennent aussi au sommet des plantes basses, et elles sont, comme elles, épaisses et un peu raccourcies : mais, au lieu de faire leur coque parmi les mousses ou de les attacher aux tiges, elles s’enterrent assez profondément, et forment de petites coques ovoïdes composées principalement de terre.

Je ne sais jusqu’à quel point tout ceci peut s'appliquer à la Rupicola, que je n’ai pas vue en nature, et dont on ignore encore, je crois, les premiers états. M. Boisduval indique aussi, dans son Index, une espèce nouvelle qu’il nomme Perpusilla, que je n’ai pas pu me procurer; j'ignore si elle appartient à ce genre ou au précédent. Mais l’Arbuti, fàt-elle seule à posséder ces caractères, je persisterais encore dans l’o- pinion qu’elle doit former un genre distinct.

Espèces.

RupicoLa, 77. ARBUTI, Fab. Heliophila, Hus.

Trigu XI PLUSIDI.

Chenilles cylindriques, très atténuées antérieurement, mu- nies seulement de poils isolés, à tête petite, ordinairement très aplatie, ayant les deux premières paires de fausses pattes plus courtes que les autres ou tout à fait nulles; dans tous les cas arquant toujours leur partie antérieure dans la marche et même au repos. Elles vivent à découvert sur les plantes basses ou les sous-arbrisseaux.

64 . ANNALES

Chrysalides cylindrico-coniques, un peu déprimées par place et surtout sur le dos, ayant la partie ventrale plus moins renflée et les anneaux de l’abdomen nettement détachés. Elles sont renfermées dans des coques de soie molle filées entre les feuilles ou les écorces. |

Insectes parfaits. Antennes filiformes dans les deux sexes. Palpes longs, très ascendants, recourbés, à dernier article long. Thorax fortement crêté. Ailes supérieures à sommet aigu, soyeuses et brillantes ou ornées de taches métalliques. Tête petite. Spiritrompe longue. Au repos, les ailes sont dispo- sées en toit incliné.

Si toutes les tribus étaient aussi tranchées et aussi faciles à caractériser que celle-ci, l’entomologie ne serait qu’un jeu. L'œil le moins exercé reconnaît d’abord les Plusides; il serait donc superflu d’entrer dans des détails que chacun peut devi- ner. La seule particularité sur laquelle j’attirerai l'attention est la singulière consistance du corps de ces insectes. Cette remar- que n'ayant jamais été faite sur aucune espèce, je me suis cru longtemps la dupe de cette espèce d’illusion trop commune qui nous fait sans cesse retomber dans la même erreur par cela même que nous y sommes tombés une fois; quoi qu’il en soit, cette illusion, si c’en est une, dure encore, et en voici l'occasion et le sujet. J'avais, et j'ai gardé bien longtemps, la mauvaise habitude de presser entre le pouce et l’index le thorax des Noctuelles que je prenais le soir en chassant au crépuscule. Or, quand l'espèce qui se débattait dans mon filet appartenait aux Plusides, il me semblait que je le devinais au toucher, le corps me paraissait moins dense que celui des autres Lépidop- tères, et comme vide et sonore sous la pression du doigt. Ces Noctuélides ont-elles réellement une organisation particulière , ou bien suis-je encore la proie d’une de ces chimères obstinées semblable à celle qui donnait à J.-J. Rousseau la prétention

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 65

de reconnaitre un livre de médecine à l’odorat? Je l’ignore; mais, ce que je puis affirmer, c’est que je me trompais rare- ment, et qu'aujourd'hui encore, quand j’étouffe une Noctuelle par mon ancien procédé (ce qui m'arrive souvent quand je pense qu’elle ne vaut pas la peine d’être conservée), je re- trouve en moi la même faculté divinatoire.

Les Plusides volent toutes au coucher du soleil, à l’excep- tion d’une seule, la Gamma, qui est à la fois diurne et crépus- culaire. Toutes leurs chenilles vivent à découvert, et, à l’ex- ception de celle de l’Zota, qui vit sur les Lonicera, elles mangent toutes des plantes basses, et principalement celles de la famille des Urticées. Leurs chrysalides sont toujours renfermées dans des coques de soie molle et souvent d'un beau blanc pur. Elles restent en général peu de temps à l'état de nymphe.

: Gen. 4. PLUSIA.

(Om. Plusia et Chrysoptera, Lar., Dur.)

Chenilles très atténuées antérieurement, n’ayant que trois paires de fausses pattes, parsemées de poils isolés, à tête pe- tite et aplatie supérieurement , vivant à découvert sur les plan- tes basses ou les sous-arbrisseaux.

Chrysalides cylindrico-coniques, un peu déprimées par places, ayant la partie ventrale plus ou moins renflée et quel-

quefois prolongée en un bouton très court, renfermées dans _des coques de soie molle et légère.

Insectes parfaits. Antennes filiformes dans les deux sexes. Palpes dépassant la tête, comprimés latéralement, très ascen- dants, recourbés, leur dernier article assez long. Thorax sub- carré, à collier un peu relevé, à ptérygodes saillantes, et garni d’une crête bifide très développée. Abdomen crêté sur les premiers anneaux, terminé carrément dans les mâles et en

x: 5

66 ANNALES

cône aigu dans les femelles. Aïles supérieures entières, ayant le bord terminal plus moins sinué et l’angle apical aigu, de couleurs vives ornées de taches métalliques.

Je renvoie, pour les mœurs de ce beau genre, aux généra- lités de la tribu. Il comprenait autrefois toutes les Plusides. M. Treitschke en a séparé avec raison , sous le nom d’Abros- tola , celles’ dont les chenilles ont six paires de fausses pattes. Latreille, et après lui M. Duponchel, ont tenté un autre dé- membrement beaucoup moins heureux. Je veux parler du genre Chrysoptera, qui n’a pas été adopté par M. Treitschke ni par les auteurs anglais, et qui, en eflet, ne peut sou- tenir l'examen. La Moneta et la Concha ont bien, il est vrai, les palpes très longs et à dernier article velu et en- siforme, mais ces caractères, qui seuls ne sauraient consti- tuer un genre séparé dans une méthode naturelle, sont déjà presque entièrement oblitérés dans la C. Deaurata. Quant aux chenilles, s’il est vrai que deux des points trapézoïdaux de chaque anneau soient tuberculeux, ce que je n'ai pu vérifier moi-même, celte particularité ne motive pas davantage la création d’un genre séparé, d’abord parce qu’elle est com- mune à beaucoup d’espèces du genre Plusia proprement dit, (Gamma, Chrysitis, etc.), et ensuite parce qu’elle ne paraît pas partagée à un bien haut degré par les deux autres Chrysop- tera Moneta et Deaurata, puisqu'elle n’a point frappé les au- teurs qui les ont décrites et les amateurs qui les ont élevées. Le genre Chrysoptère rentre donc pour moi dans le genre Plusie, dont il ne difière d'ailleurs à aucuns autres égards.

Un caractère qu’on pourra remarquer ici, et qui est du reste commun à toutes les Plusides, quoiqu'il y soit plus ou moins développé suivant les espèces, c’est la tendance qu'ont les ptérygodes à s’écarter du thorax et la longueur remarqua- ble de la crête bifide qui est située entre elles, et dont les

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. ET CAE 1

poils, habituellement très épanouis, donnent au thorax un as- pect velu que le moindre contact suffit pour lui faire perdre ; car il est assez peu fourni de poils, et il est fort difficile de ne pas le dénuder quand on saisit l’insecte dans un filet; aussi toutes les Plusides bien conservées denos collections sont- elles élevées de chenilles.

Espèces. DivERGENS, Fab. CIRCUMFLEXA, Lin. BRACTEA, Fab. DEVERGENS, Hub.,Tr. | IotA, Lin. Ænura, Hub. MicROGRAMMA, Aub. \Var. ( Percontationis, AURICHALCEA, Fab. *DrasemaA, Dalm. Bav. } Och. AURIFERA, Hub. AIN, Hub., Tr. {Anchora, Freyc. CarysiTis, Lin: * Pariuis, Aub. (var: Inscripta, Esp. DEAURATA, £'sp. INTERROGATIONIS, Steph. CoxcHa, Fab. Lin. Mya, Hub., Tr. MoNETA, Fab. Gamma, Lin. ACCENTIFERA,Lefebv. CONSONA, Hub. Ni, Hub., Tr. *QuoœsrTionis, Fr. Fr. Mopesra, Hub. Dauser, Bdv. Cuarsyris, Hub. ILLUSTRIS, lus. *CiRCUMSCRIPTA, 7. FESTucÆ, Lin.

Gen. 2. ABROSTOLA. (TR., Bpv., Srepu.— Noctua, La.)

Chenilles allongées, moniliformes, à tête petite et très aplatie supérienrement, ayant les premiers anneaux très atté- nués et eflilés, et le onzième fortement relevé. Elles ont cinq paires de fausses pattes ;| mais les deux premières ne servent point à la marche, et elles les tiennent éloignées du plan de position, ce qui fait que leur corps est constamment arqué. Elles vivent à découvert sur les plantes basses.

Chrysalides cylindrico-coniques, déprimées par places, à partie ventrale renflée, renfermées dans des coques de soie molle filées entre les feuilles et les écorces.

GS ANNALES

Insectes parfaits. Antennes filiformes dans les deux sexes. Palpes comprimés latéralement, très ascendants, un peu courbes, à dernier article long. Thorax subcarré, à collier arrondi, un peu relevé, offrant entre les ptérygodes deux touffes de poils très saillantes. Abdomen très velu, déprimé latéralement dans les mâles, crêté dans les deux sexes. Ailes supérieures très aiguës au sommet, luisantes, mais de Cou- leurs sombres et dépourvues de taches métalliques.

Ainsi que je l’ai dit plus haut, ce genre très naturel, a été créé par M. Treischke; il renferme un petit nombre d’espèces, mais qui ont entre elles la plus grande analogie. Elles ne dif- fèrent point pour les mœurs des Plusia sous aucun de leurs états.

Les chenilles qui vivent sur les Urtica et les Asclepias sont d’une forme beaucoup plus bizarre que celles des Plusia. Elles varient beaucoup, et, quoique leur couleur soit habituelle- ment verte, elle passe par gradation jusqu’au noir olivâtre foncé. Leur cinquième anneau est légèrement anguleux et quelquefois marqué d’une large tache triangulaire. Leurs tra- pézoïdaux sont, comme chez beaucoup de Plusia, un peu tu- berculeux, surtout les deux postérieurs du onzième anneau, qui forment deux élévations très prononcées. Elles ont, dans nos pays, deux générations par an; mais c’est surtout à l’au- tomne qu'elles sont le plus abondantes.

La soie qui enveloppe leurs chrysalides est en général plus grossière que celle des Plusia, et au lieu d’un blanc pur elle affecte des couleurs grises ou rougeâtres.

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 69 Espèces.

Urricæ, Hub. * ASCLEPIADIS, Tr. TRipLAsiA, Dup. Trigu XIII. CALPIDI.

(Muni. Noctuelidi, Ocn., Lar., Srepx. Pseudo-Bombycini, Boy.)

. Chenilles à 16 pattes égales, rases, cylindriques, un peu moniliformes, vivant sur les plantes basses.

Chryaides ss NE , enfoncées dans la terre.

Insectes parfaits. Palpes dépassant beaucoup la tête, comprimés latéralement, très larges, incumbents, leur dernier article indistinct. Thorax subglobuleux, lisse, paraissant re- couvert de pièces velues imbriquées et lisérées de couleurs différentes du fond. Abdomen lisse, peu velu et de la même consistance que celui des Plusides, terminé en pointe aiguë . dans les femelles. Aïles supérieures luisantes, soyeuses, aiguës à l'angle apical, et munies au bord interne de saillies velues en forme de dents.

Ainsi que je l'ai dit plus haut, j'avais donné à cette tribu le nom de Cténocérides , à cause de la forme des antennes dans le genre Calpe. Mais en examinant attentivement les Noctué- lides exotiques que je possède, j’y ai remarqué une espèce qui paraît pouvoir se placer dans cette tribu et qui a cependant les antennes simples, au moins dans la femelle, seule sexe que j'aie à ma disposition. Cette Noctuélide, qui m'a été rapportée de la Guadeloupe, établit une transition assez naturelle des Plusides aux Calpides, et devra former un genre particulier parmi ces dernières.

_ L'uniqueespèceeuropéenne qui compose jusqu'ici cette tribu

70 ANNALES

est assez voisine des Plusiaà taches non métalliques ; elle a aussi quelques rapports avec certaines Ophiusides exotiques ; etaprès bien des hésitations, je me suis décidé à la transporter ici au lieu de lui faire former le passage des Héliothides aux Plusides, comme j'en avais annoncé l'intention dans un de mes précé- dents mémoires. J’ai déjà donné dans lemême endroit (Ann. de la Soc. Ent;, t. vit, p.229) les raisonsquim'ont empêché dela laisser avec la Gen. Libatrix, comme la plupart des auteurs l’ont fait jusqu'ici. Je renvoie au genre Calpe pour l’histoirede cette espèce, qui est trop différente des autres Noctuélides pour que j'aie besoin d’indiquer ici la manière de l’en distinguer.

Gen. 1. CALPE.

(Ocu., Tr., Bov. Calyptra, Latr., Dur.)

Chenilles et Chrysalides..….... ... (Voir les caractères de la tribu.)

Insectes parfaits. Antennes assez courtés, ciliées dans les deux sexes. Palpes longs, très larges, comprimés latéralement, incumbents, sécuriformes, velus en dessous, leur dernier ar- ticle indistinet. Thorax subglobuleux, lisse, velu, paraissant formé de plaques imbriquées, lisérées de blanc. Abdomen un peu allongé, lisse, caréné longitudinalement, presque cylin- drique dans les mâles, terminé dans les femelles par un cône aigu. Ailes supérieures luisantes, soyeuses, à bord terminal sinué, se terminant à l’angle apical en pointe aiguë, et mu- nies au bord interne de deux fortes dents velues.

Je ne connais la chenille de ce genre que par les figures d’Hubner et un dessin qui m'a été communiqué par M. Du- ponchel, et qu’il a reçu de Perpignan. S'il faut en juger par ce dessin, elle aurait quelques rapports par les couleurs avec

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 7

celles de certaines Cucullia celle de la Char. Delphinü. Elle diffère notablement , dans tous les cas, de toutes celles des tribus précédente et suivante, en ce qu’elle ne marche pas en arquant la partie antérieure de son corps. La chrysalide, que je ne connais point non plus, est, dit-on, enterrée à une certaine profondeur.

L’insecte parfait a un air de parenté assez marqué avec les Plusia. Son abdomen, quoique moins velu encore et non crêté, a la même consistance particulière dont j'ai parlé, et ses ailes

sont luisantes et soyeuses comme celles de la Consona ou de l’Illustris.

La dénomination de Calyptra, imposée d’abord à ce genre par Ochsenheimer, ayant été changée en celle de Calpe dans son propre ouvrage, j'ai, comme M. Boisduval, adopté ce dernier nom. Il prévaudra d’ailleurs auprès des personnes qui tiennent à la signification rigoureuse des noms génériques, car celui de

Calyptra, qui signifie capuchon, donnait une fausse idée de l'insecte.

Espèce.

THazicrRi, Hub.

Trigu XIV. OPHIUSIDI.

(Mini. —Catæalidi, Bov.—Noctuelidi,Larr.—Noctuidæ, Stern.)

Chenilles allongées, rases ou n’offrant que des poils isolés, ayant toujours quelques-unes des fausses pattes plus courtes que les autres, ce qui les oblige à arquer la partie antérieure de leur corps quand elles marchent. Elles vivent à découvert sur les plantes et parfois sur les arbres.

Chrysalides cylindrico-coniques, à partie postérieureun peu allongée, renfermées dans des coques composées de soie et de

72 ANNALES

débris ou grains de terre, et placées entre les mousses ou à la surface du sol.

Insectes parfaits. Palpes bien développés, dépassant la tête, un peu ascendants, sinués, leur dernier article nu, dis- tinct. Abdomen lisse. Pattes longues et fortes. Ailes supé- rieures assez larges, de forme ordinaire : au repos, elles recou- vrent les supérieures et sont disposées en toit écrasé.

Voici une des tribus les plus nombreuses en insectes exo- tiques et qui renferme une foule d’espèces très belles et surtout très bizarres. Les unes ont les pattes antérieures garnies de bou- quets de poils divergents, comme les Ercopus ou lesHerminia ; les autres ont les pattes postérieures larges, aplaties, ve- lues, et ressemblant à des espèces de rames; la plupart ont le dernier article des palpes très allongé et comme spatulé à son extrémité, etc. Mais nous n’avons à nous occuper ici que des espèces européennes qui nous offrent peu d’anomalies.

C’est M. Boisduval qui a le premier séparé les Ophiusides des autres Noctuelles; il y a joint les Catocalides pour en faire une seule tribu, qui porte ce dernier nom. Les Ophiusides ont, en effet, plusieurs rapports avec les véritables Catocalides ; elles n’en ont guère moins avec les Erébides, qui ne renferment que des espèces exotiques, et il n’est pas douteux que ces trois tribus ne doivent être placées auprès les unes des autres.

Les chenilles de celle-ci ont le corps entièrement ras et la tête toujours un peu aplatie. Leurs coùleurs sont, en général, très peu saillantes, et le gris ou le brun sont les plus habi- tuelles; leurs fausses pattes antérieures étant plus courtes que les autres, elles sont obligées d’arquer le devant de leur corps

quand elles marchent, ce qui les à fait nommer fausses arpen- teuses. Pendant le jour, elles se tiennent allongées et étroite-

ment collées le long des branches ou des tiges, et il faut d'ordinaire un coup assez violent pour leur faire quitter cette

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 75 position. Pour se métamorphoser, elles ne s’enterrent jamais complétement ; la plupart d’entre elles filent des coques légères parmi les mousses, ou même quelquefois entre les feuilles ou les écorces ; quelques-unes descendent tout à fait à terre et en- tremêlent de grains de terre leurs coques, qu’elles établissent tout à fait à la surface du sol. Elles passent, en général, l’hiver

sous la forme de nymphes, et les papillons éclosent au com- mencement de l'été.

GEN. 4. CEROCALA.

Chenilles et Chrysalides inconnues.

Insectes parfaits. Antennes assez longues, plumeuses dans les mâles, ciliées dans les femelles. Palpes dépassant la tête, velus, comprimés latéralement, ascendants, leur dernier article allongé, nu, cylindrique et spatulé à l’extrémité. Tho- rax velu, subglobuleux, lisse. Abdomen lisse, peu velu, sub- conique dans les mâles et terminé en pointe grossière dans les femelles. Ailes supérieures larges, triangulaires, subdentées, marquées de larges bandes.

Ce genre est encore bien peu connu. Il est établi sur un in- secte d’Espagne qui est encore extrêmement rare; aussi ne sait-on rien de ses mœurs à l’état parfait. Aux premiers états, ils sont tout à fait inconnus.

Espèce. SCAPULOSA. Hub.

Gen. 2. OPHIUSA. Om.

Chenilles allongées, à corps ras, lisses ou ayant seulement l'extrémité du onzième anneau un peu relevée, très atténuées, au moins antérieurement, à tête petite et un peu aplatie, vi-

x: 6

74 ANNALES

vant sur les arbrisseaux, contre lesquels elles se tiennent étroi- tement collées pendant le jour. ;

Chrysalides cylindrico-coniques, placées dans des coques composées de soie et de débris ou de grains de terre, et placées entre les mousses ou à la surface du sol.

Insectes parfaits. Antennes assez longues, filiformes dans les deux sexes, ou très légèrement ciliées dans les mâles. Pal- pes ascendants, sinués, peu velus, leur dernier article nu. Tho- rax subglobuleux, lisse, velu. Abdomen lisse, nullement dé- primé ni caréné, peu velu et lissé, subconique dans les mâles, cylindrique et terminé en cône aigu dans les femelles. Ailes supérieures marquées de lignes ou bandes distinctes; infé- rieures assez développées, marquées d’une bande blanche mé- diane ou d’une bande terminale foncée.

Quoique je réduise beaucoup ici le genre Ophiusa d'Ochsen- heimer, il reste cependant encore dans le même cas que les genres Hadena et Orthosia, c’est-à-dire qu’il pourra former par la suite plusieurs genres distincts, quand de nouvelles espèces seront venues donner aux coupes qu’on y pourrait établir dès à présent une importance suffisante pour former des genres séparés. Tel que je le donne ici, il me semble pouvoir se par- tager en trois sections. La première (A) comprend les espèces dont les ailes inférieures sont assez développées et ornées de bandelettes blanches, et dont les ailes supérieures sont aiguës au sommet; leurs antennes sont complétement filiformes dans les deux sexes, et leurs palpes sont terminés par un article assez long et nu, presque comme dans les Érèbes. La seconde section (B) ne renferme qu’une seule espèce, mais qui a plu- sieurs analogues parmi les exoiiques ; les antennes sont légè- rement ciliées dans les mâles. Les palpes (chez notre espèce) sont plaqués contre la tête, et leur dernierarticle est très court. Leurs ailes, arrondies et médiocrement développées, rappellent

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 75

un peu celles des Catephia. Enfin, la troisième section (C) paraîs former un passage assez naturel au genre suivant, bien qu’elle présent encore tous les caractères des Ophiusa proprement dites.

Les insectes de ce genre sont propres aux contrées méridio- nales de l'Europe.

Espèces. A: GEOMETRICA, Fab. 154 ALGIRA , Lin. STOLIDA, Fab. i PUNGTULARIS, Aub. B. LLUNARIS, Aub., God. LINEOLARIS, Hub. CAILINO, Lefebv , Bdv.

Gen. 3. TOXOCAMPA. (Mini. Ophiusa, Auci.)

Chenilles allongées, rases n’offrant que des poils isolés, atténuées postérieurement, un peu renflées au milieu, à tête assez grosse, subglobuleuse, vivant à découvert sur les plantes basses , surtout sur les Légumineuses (1).

Chrysalides luisantes, cylindrico-coniques, un peu obtuses, renfermées dans des coques légères, dans la mousse ou à la surface de la terre.

Insectes parfaits. Antennes assez courtes, subciliées dans les mâles. Palpes très peu ascendants, comprimés, ayant le dernier article court et en bouton. Spiritrompe très grêle. Thorax peu convexe, subcarré, velu, presque toujours à col-

(1) Il ne faut pas oublier deux des caractères les plus essentiels de ce genre et de tous ceux de cette tribu, savoir : l’habitude qu’ont les chenilles d’arqueren marchant la partie antérieure de leur corps (j'en ai tiré le nom de ce genre, roëév, arc, xéurn, chenille) et le port d’ailes au repos de l’insecte parfait. Il m’a paru inutile de les répéter à chaque genre, puisqu'ils sont communs à toute la tribu.

76 ANNALES

hier noir, un peu caréné et suivi d’une très petite crête. Ab- domen nullement conique dans les mâles, terminé en cône brusque et obtus dans les femelles, lisse dans les deux sexes. Ailes supérieures à bord terminal arrondi et un peu si- nué en approchant du sommet, ayant les lignes peu mar-

quées, la tache orbiculaire nulle ou réduite à un petit point. Ailes inférieures assez développées, sans autres dessins qu’une teinte parfois plus foncée au bord terminal.

J'ai cru devoir former aux dépens de l’ancien genre Ophiusa celui-ci, qui est composé d’espèces ayant entre elles la plus grande ressemblance. Leurs chenilles ont toutes le même fa- ciès ; elles vivent sur les Légumineuses du genre Vicia, sur les tiges desquelles elles se tiennent à découvert. C’est ordinaire- ment en automne qu’on les rencontre. Quelques-unes d’entre elles vivent en société jusqu’à ce qu’elles aient atteint une cer- taine taille, après quoi elles se dispersent; il est même possi- ble que cette manière de vivre dans leur jeunesse soit com- mune à tout le genre, mais je n’ai pu jusqu'ici m’en assurer.

Le mode de transformation n’offre rien de particulier, et, en général, il est presque uniforme dans tous les genres de cette tribu. |

Les insectes parfaits sont reconnaissables au premier coup d'œil; leurs ailes sont d’un gris uniforme, les supérieures ont presque toujours les nervures plus claires que le fond et la ta- che réniforme bien détachée en moir, mais à demi-rongée et formant, suivant les espèces, des signes différents. Enfin, le collier et la partie antérieure de la tête sont habituellement d’un brun foncé qui tranche vivement sur la couleur claire du reste de l’insecte.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 77

Espèces. CRACCÆ, Fab. RECTANGULARIS, Hub. LupicrA, Hub. ViciÆ, Hub. LusoriA, Lin. Limosa, Tr. PASTINUM, 77.

Gen. 4. OPHIODES (1). (Mini. Ophiusa, Auct.)

Chenilles allongées, rases, un peu aplaties en dessous, ayant deux petits tubercules sur l'extrémité du onzième anneau, finement striées et marquées en dessous de taches noires ou brunes. Elles vivent sur les arbres et arbrisseaux, contre les branches desquels elles se tiennent étroitement collées pendant le jour.

Chrysalides épaisses, à partie postérieure un peu allongée et obtuse à l'extrémité, entièrement saupoudrées d’une efflo- rescence bleuâtre, renfermées dans des coques légères placées entre les feuilles ou à la surface du sol.

Insectes parfaits. Antennes assez longues, filiformes, mais épaisses, surtout dans les #. Palpes peu épais, peu velus, si- nués, un peu ascendants, leur dernier article long, nu. Spiri- trompe forte et assez longue. Thorax épais, velu, subcarré, unicolore. Abdomen peu velu, lisse, subconique dans les mâles, cylindrique et terminé brusquement en cône dans les femelles. Ailes supérieures dentées, un peu oblongues, ayant

(4) Ce mot a à peu près la même étymologie que ceux d’Ophiusa, Ophideres, etc.,etindique une sorte de ressemblance entre les chenilles et un serpent ou couleuvre, ressemblance qu’il ne faut pas, au reste, prendre à la lettre, car elle est beaucoup moins frappante que celle de certaines Phalénides avec ces animaux.

78 : ANNALES

les lignes plus ou moins distinctes, l’ante-terminale très sinuée, les deux taches ordinaires visibles, la réniforme entière, mais étranglée, et l’orbiculaire réduite à un point.

Voici encore un genre qui me paraît tout à fait distinct des précédents. Il se rapproche un peu des Catocalides par la forme des chenilles, qui sont un peu aplaties en dessous, marquées de taches noires sous le ventre, et dont les trapézoïdaux pos- térieurs forment deux caroncules saillantes sur le onzième an- neau; etparses chrysalides, qui sont recouvertes, comme celles des véritables Catocala, d’une efflorescence bleuâtre. Quant aux insectes parfaits, ils appartiennent encore pleinement aux Ophiusides. Au reste, les chenilles elles-mêmes, malgré la ressemblance que je viens de signaler, se distinguent suffisam- ment de la tribu suivante par l’absence des poils latéraux et plusieurs autres caractères.

Les Ophiodes sont des insectes de SI taille, qui, à l’état parfait, se tiennent dans les broussailles, d’où elles partent quelquefois en plein jour quand elles sont troublées dans leur repos, à peu près comme la Triph. pronuba. Elles passent l’hi- ver en chrysalides, et éclosent vers le mois de juin de l’année suivante.

Espèces.

LuNaRIS, Fab, TirraÆA, Fab.

Trigu XV. CATOCALIDI.

(Bpv. Noctuelidi, Larr. Noctuidæ, STEpH.)

Chenilles allongées, offrant toujours quelques éminences, aplaties en dessous et marquées de larges taches noires sous le ventre, parsemées de poils rares et en ayant toujours un rang sur les côtés au-dessous des stigmates, à 46 pattes plus

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 79

ou moins inégales, les anales toujours très longues, arquant la partie antérieure de leur corps quand elles marchent. Elles vivent à découvert sur les arbres et se tiennent allongées contre leurs branches pendant le jour. Quand on les touche, elles exécutent des espèces de frétillements en se retournant dans tous les sens.

Chrysalides cylindrico-coniques, recouvertes d’une efflo- rescence farineuse, renfermées dans des coques assez larges, molles, composées seulement de soie et filéés entre les feuilles ou les écorces.

Insectes parfaits. Antennes longues, simples ou à peine ciliées. Palpes dépassant un peu la tête, peu velus, ascendants, leur dernier article nu, bien visible. Thorax velu, convexe, légèrement crêté. Abdomen presque toujours crêté dans les mâles. Ailes supérieures larges, triangulaires, dentées; ailes inférieures toujours différentes des supérieures et deux cou- leurs bien tranchées; franges des quatre ailes longues ét four- nies : au repos, les ailes supérieures recouvrent les inférieures etsont disposées en toit très écrasé. L’insecte a alors uné forme tout à fait triangulaire.

J'ai réduit cette tribu aux genrés Catephia et Catocala : le premier aurait pu sans doute former une tribu séparée, mais il faut attendre pour cela que les chenilles de toutes les es- pèces nous soient bien connues, et que nous soyons un peu plus avancés que nous ne le sommes dans l’étude des exoti- ques. En attendant, j'ai laissé ce genre auprès des Catocala, avec lesquelles il ne manque pas de rapports, ainsi qu’on peut en juger par la longueur des caractères de la tribu.

80 ANNALES Gen. I. CATEPHIA.

(Ocu., Tr., Bov., STEPH.)

Chenilles un peu allongées, atténuées antérieurement, ayant les points trapézoïdaux saillants et relevés en tubercules co- niques, surtout sur le onzième anneau, à pattes écailleuses, inégales, et plus longues à mesure qu’elles s’éloignent de la tête, à pattes membraneuses, les anales plus longues que les autres, à tête arrondie et semée de poils, à ventre marqué de taches noires. Elles vivent sur les arbres à découvert.

Insectes parfaits. Antennes filiformes dans les deux sexes, parfois garnies dans les mâles de cils fins, visibles à la loupe. Palpes grêles, longs, non velus, ascendants, à dernier article nu, bien visible. Thorax subcarré, velu, crêté. Abdomen crêté dans les deux sexes, subconique dans les mâles, terminé dans les femelles en pointe assez aiguë. Ailes supérieures épaisses, subdentées, à lignes et taches visibles ; ailes inférieures moyen- nement développées, variées de noir et de blanc.

Les trois espèces européennes qui composent ce genre, quoique très semblables pour les couleurs, diffèrent cependant passablement entre elles pour le faciès, la forme des antennes, celle des palpes, etc.; et, en les examinant attentivement, on serait tenté de les rapporter chacune à un genre différent. Malheureusement, je ne connais que la chenille des l’A/chy- mista, qui est précisément l’espèce la plus tranchée des trois, en sorte que je ne puis affirmer que les deux autres appartien- nent bien réellement au même genre. Il serait donc très pos- sible que la découverte des deux autres chenilles et surtout celle de la Ramburü, qui est l'espèce la plus rapprochée de cer- tains Ophiusides exotiques, vint renverser ce genre et forçât

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 81

de le reporter dans cette dernière tribu; alors les Catocalides seraient réduites au seul genre Catocala et d’une homogénéité complète.

Ce qui éloigne le plus les Catephia des Ophiusides à l’état parfait, c’est l’abdomen, qui, au lieu d’être lisse et uni, est un peu velu et toujours crêté. L’Alchymista se rapproche en- core des Catocala par l'épaisseur de ses ailes et la longueur de leurs franges. Quant à la chenille, elle a à la fois du rapport avec l’une et avec l’autre de ces tribus, mais elle est bien plus voisine des Catocala. On la prendrait au premier coup d'œil pour une chenille de la Mitelia oxyacanthæ, qui, comme on sait, à tant de ressemblance avec celles de ce dernier genre. Sa tête, qui est globuleuse au lieu d’être aplatie, et les poils latéraux, qui sont beaucoup moins nombreux et moins serrés que ceux des véritables Catocala, sont les deux différences les plus essentielles qui l’en séparent. Elle vit du reste, comme plusieurs d’entre elles, à découvert sur les chênes, et quand l’époque de sa métamorphose approche, elle se retire entre les fissures des écorces pour y filer sa coque. A l’époque de l’éclo- sion du papillon, on trouve celui-ci accroché contre les troncs, absolument à la manière des Nupta, Fraxini, etc.

Espèces.

ee à Bdv., Tr. LEUCOMELAS, Hub. ALCHYMISTA, Fabr. ADEPTA, Aub.

Gen. 2. CATOCALA. Onx.

Chenilles allongées, très aplaties en dessous, atténuées an- térieurement , à tête petite, très comprimée en devant, à 16 pattes inégales, les anales toujours plus longues, munies laté- ralement d’un rang de poils courts et raides, ayant les deux trapézoidaux postérieurs du onzième anneau plus ou moins

-

82 ANNALES

saillants. Elles vivent sur les arbres et se tiennent pendant le jour appliquées contre les troncs ou les branches.

Chrysalides cylindrico-coniques, recouvertes d’une efflores- cence farineuse, renfermées dans des coques de soie molle et placées entre les feuilles, les mousses ou les écorces.

Insectes parfaits. Antennes longues, finement subciliées dans les mâles , sétacées dans les femelles. Palpes épais, non velus, leur deuxième article un peu subulé, le troisième cy- lindrique, nu. Pattes longues, à ergots forts. Thorax peu ro- buste, carré, assez velu, légèrement crêté. Abdomen conique dans les deux sexes, presque toujours crêté dans les mâles. Ailes grandes relativement au corps, dentées, les supérieures épaisses, nébuleuses, les inférieures très développées, de cou- leurs vives avec des bandes noires : au repos, les ailes infé- rieures sont: plissées et recouvertes par les supérieures, qui sont disposées en toit très écrasé.

Voici encore un genre nettement tranché sous tous ses états. l'est si naturel, que les plus anciens auteurs le distinguaient avant qu’un nom lui eût été imposé en appelant Lichenées les espèces qui le composent. Ce nom provenait, comme on sait, de la couleur des ailes supérieures qui se confondent, en eflet, avec les écorces ou les lichens quand l’insecte est appliqué sur les troncs. C’est sa position habituelle : s’il est troublé dans son repos, et le moindre mouvement suffit souvent pour cela, il s’envole brusquement et laisse alors apercevoir ses ailes in- férieures, dont les couleurs éclatantes sont dérobées aux yeux dans son attitude favorite. Son vol est saccadé et court, et il ne tarde pas à se reposer aussitôt qu’il a trouvé un arbre ou un mur. Cependant, le mouvement qu’il se donne pendant sa vie parait se borner à ces courtes évolutions, car on le voit rare- ment voler au crépusculecomme la plupart des autres noctuelles.

Les chenilles des Catocala sont trop reconnaissables au pre-

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 83

mier coup d'œil pour que j’entré ici dans de grands détails sur leur forme. Elles se tiennent pendant le jour étroitement cram- ponnées aux branches ou aux troncs des arbres qui leur ser- vent de nourriture. Elles sont, en général, difficiles à découvrir, à cause de leurs couleurs qui se confondent avec celle des écorces , et il arrive souvent qu’un tronc d'arbre, qu’on a mi- nutieusement examiné pendant un quart d’heure pour y cher- cher des coléoptères ou de petites chenilles, recèle, dans la partie la plus à portée du chasseur, une longue chenille de Catocala que le hasard seul finit par trahir. Au reste, la même chose m'est arrivée plusieurs fois pour l’insecte parfait. Après l'avoir vu se poser sur un tronc à quelque distance, jy courus vivement pour ne pas lui donner le temps de s’échapper : là, une recherche digne de la patience la plus exercée ne me fai- sant rien découvrir, je croyais m'être trompé et j’examinais les arbres voisins, revenant souvent au premier. Enfin, l'ennui s’emparait de moi, et je m’éloignais, de guerre lasse; maisune pierre que je jetais par dépit contre le tronc qui m'avait fait perdre tant de temps, faisait partir ma noctuelle précisément de l’endroit que j'avais le mieux exploré; ou bien, si j'avais besoin pour sauter un fossé de l’appui de l’arbre malencon- treux, mes doigts, en se posant sur son écorce, glissaient sur un corps non résistant, et l’animal, atteint involontairement, s’échappait en triomphant de ma patience épuisée.

Espèces. FkAxINI, Lin. OPTATA, God. CALLINYMPRA, Sap. ELOCATA, Esp. PELLEX, Aub. | Von diversa, Dahl. Nupra, Lin. NEONYMPuA, Hub. DissuNcTA. Gey. DizecTA, Hub. HyMENEA, Fab. EUTYCHEA, 77. SPONZA, Lin. PARANYMPHA, Lin. )NyYMPHAGOGA, Tr. Promssa, Fab. VESTALIS, Edv. À Var. Nymphæa, Esp.

ConJuNcCTA, Esp. PacrTa, Lin. ELEcTA, Hub.

| Converss, Esp. DiversA, 77r., Kind.

À Var.? Agamos, Hub.

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ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 85

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HYMÉNOPTÈRES

RECUEILLIS A CAYENNE EN 1839 PAR M. LEPRIEUR, PHARMACIEN DE LA MARINE ROYALE ;

Décrirs PAR M. MAXIMILIEN SPINOLA.

(Séance du 2 septembre 1840.)

SECONDE PARTIE. PORTE-AIGUILLONS (4).

54. MurTiLLa ARGYRA, «7. N. sp.

Dimensions. Long. du corps, 8 lig.; id. des antennes, 3 et 4 lig. ; id. de l’aile supérieure, 5 lig. ; id de l'abdomen, 4 lig. et 4/2. Larg. de la tête, 1 lig.; id. du corselet à l’origine des ailes supérieures, 2 lig.; id. de l'abdomen au milieu du se- cond anneau, 2 lig. et 4/2 (2).

Formes. Tête et antennes, comme dans les mâles des es- pèces Les plus communes, telles que les Mutilla italica, pede- montana, ephippium, ruficollis, etc. La première, proportionnel-

(1) Voir la première partie de ce mémoire, tome 1x des Annales, page 129 à 204.

(2) La grandeur absolue n’est ordinairement qu’une condition in- dividuelle. Mais les grandeurs relatives, c’est-à-dire les proportions respectives des différentes parties du corps, donnent des caractères

spécifiques d'autant meilleurs qu’ils sont plus apparents pour un œil un peu exercé.

36 ANNALES

lement assez petite; vertex, très Court; yeux à réseau, ronds, assez gros et très saillants. Corselet pareïllement de la forme ordinaire : un tubercule luisant de chaque côté du mésotho- rax, au-dessous de l’origine des ailes : segment scutellaire, trituberculé; tubercules épais et arrondis, celui du milieu plus grand, et un peu échancré; dos du métathorax, horizontal, et faiblement convexe, sa face postérieure verticale. Abdomen, pétiolé; pétiole ou premier anneau, étroit, et pyriforme comme dans la Mutilla austriaca, armé en dessous d’une dent aignë et spiniforme; second anneau, le plus grand de tous, trois fois plus large que le premier, mais ne dépassant pas le quart de la longueur totaledel’abdomen; lesquatre suivants diminuant progressivement en largeur sans diminuer en longueur ; second et dernier , ou étui extérieur de l’armure copulatrice, visi- blement plus long que large; plaque dorsale postérieurement arrondie; plaque ventrale plane, tricarénée et tronquée en ar- rière. Pattes, minces, allongées, pubescentes : tibias, sans épines latérales ; leur extrémité tarsienne terminée en dehors par une couronne de petites épines courtes et parallèles, et en dedans par deux épines plus longues, plus aiguës et diver- gentes. Corps et pattes, finement ponctués : ponctuation pili- gère; poils ras et serrés, formant une couche de duvet qui dérobe la couleur du fond ; quelques gros points plus profonds, portant chacun un poil plus raide et hérissé, clair-semés prin- cipalement au devant de la tête, aux bords des segments ab- dominaux et à la face externe des pattes. Flancs du métatho- rax, plus fortement ponctués, et presque glabres; points, très rapprochés, mais non confluents. Innervation des ailes supé- rieures, à peu près comme dans la Mutilla coccinea © : quatre cellules cubitales; première, plus grande; seconde, notable- ment rétrécie vers Ja radiale et recevantla première nervure ré- currente ; troisième, très rétrécie du côté du cubitus postérieur, en pentagone irrégulier, recevant la seconde récurrente; qua-

DE LA SOCIÈTE ENTOMOLOGIQUE. 87

trième, presque complète. La nervure surnuméraire se détache du bord postérieur de la troisième cellule cubitale, à peu de distance de son bord extérieur, et elle atteint le bout de l’aile, en sorte qu’il y a réellement une seconde cellule radiale.

_ Couleurs. Corps, antennes et pattes, noirs. Duvet et pelage : de la tête, du prothorax, des flancs du mésothorax, du dos du métathorax, de la base du second anneau, du dos, des troisième et quatrième, des bords postérieurs des seconde, troisième et quatrième plaques ventrales, des fémurs à leur extrémité tibiale, des tibias et des tarses entiers, blancs et argentés, tran- chant nettement avec la couleur noire de la fourrure de toutes les autres parties du corps. Épines internes et apieales des ti- bias, pâles. Ailes, hyalines; extrémité, obscure; nervures, noires.

Sexe. Deux mâles. Femelle inconnue.

On ne saurait disconvenir que les couleurs n’aient beaucoup de rapports avec celle de la Mutilla sphegea, Fas., Syst. Piez, 435, 31. Mais Fapricrus dit que cette espèce ressemble à celle qui suit. Or celle-ci est la Collaris, qui est bien conne, et qui est une Scolie. Que devons-nous penser de la Sphegea? La tra- dition pourrait éclaircir nos doutes. Mais l’entomologiste de Kiel les aurait prévenus, s’il eût mis à la description des formes un peu plus de temps et un peu plus d'attention.

52, MuTILLA MELANA &. N. sp.?

Dimensions. Long. du corps, 7 lig. ;id. des antennes, 2 lig. et 4/2; id. de l'aile supérieure, 5 lig. ; id. de l’abdomen, 3lig. et 4/2. Largeur de la tête, 4 lig. et 1/2; id. du corselet, 2 lig. ; id, du second anneau de labdomen, 2 lignes.

Formes. Antennes, de la forme ordinaire. Tête, proportion- nellement grande : vertex, plan, en rectangle transversal ; yeux, ronds, petits, assez saillants; trois ocelles, ég galement

88 ANNALES

gros et apparents. Flancs du mésothorax, bituberculés : tu-

bercules, gibbeux; le supérieur, placé au-dessous de l'origine»

des ailes; l’inférieur, près de la poitrine. Segment scutel- laire, unituberculé : tubercule unique ou écusson propre-

ment dit, conique, terminé en pointe. Abdomen, subsessile :

premier anneau, très Court, peu convexe en dessus, aplati et inerme en dessous, s’éloignant rapidement d’avant en arrière, son bord postérieur étant presque aussi large que le bord an- térieur du second anneau : celui-ci étant à peu près le tiers de la longueur totale de l'abdomen; les quatre suivants dimi- nuant progressivement en largeur plutôt qu’en longueur : le septième aussi large que long, arrondi postérieurement; plaque ventrale sans carènes. Ponctuation du corps, distincte et assez forte sur la tête et sur le corselet, plus fineà l'abdomen et au dos du métathorax. Poils, hérissés; point de duvet soyeux. Pattes, plus courtes et plus fortes que dans la Mutilla argyra : tibias, mutiques; les postérieurs, dilatés en dehors à leur extrémité tarsienne, dilatation anguleuse et spiniforme. Quatre cellules cubitales aux ailes supérieures : la seconde, plus grande que la première, et peu rétrécie en dehors, le côté radial étant égal au côté cubital, recevant la première nervure récurrente; troisième, peu rétrécie en dedans, presque carrée, recevant la seconde récurrente : quatrième, incomplète et très courte; nervure surnuméraire, ne dépassant pas le cubitus postérieur, et disparaissant assez loin du bord de l’aile, en sorte qu’il n’y a qu’un rudiment d’une seconde cellule radiale.

Couleurs. Antennes, pattes, ailes, tête et corselet, noirs : poils clair-semés, cendrés. Abdomen, d’un noir bleuâtre plus luisant : bords postérieurs du premier anneau en dessus et des second, troisième, quatrième et cinquième en dessous, bords latéraux du second, deux taches transversales sur le dos des troisième, quatrième et cinquième, cilies de blanc.

Sexe. Un mâle : femelle inconnue.

f

C

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 89

53. MurTiLLa ZONATA, ©. N. sp.?

Dimensions. Long. du corps, 5 lign.; id, de l'abdomen, 3 lig. Larg. de la tête, 1 lig. ; id. du corselet, 3/4 lig. ; id. de l'abdomen, mesuré au bord postérieur du second anneau, 4 ligne.

Formes. Antennes, très rapprochées à leur origine, insérées au-dessous d’un petit tubercule frontal qu’on prendrait à tort pour un faux article, ou pour un radicule. Face, très courte. Espace inter-antennaire, presque nul. Front, plan, bifovéolé en avant : fossettes, aptes à loger en partie le premier article des antennes, fortement rebordées en arrière, et se confondant avec la face en avant. Vertex, court, s’élargissant un peu en arrière : bord postérieur, faiblement échancré. Yeux à réseau, grands, oblongs et saillants. Tête et dos du corselet, peu ve- lus, fortement ponctués : points, ronds, gros, et assez rappro- chés pour que le diamètre des enfoncements soit plus grand que celui des intervalles, élevés, mais non confluents et ne fai- sant pas des rugosités. Corselet, un peu plus étroit que la tête : dos, plan, d’une seule pièce en rectangle allongé; bords la- téraux , très faiblement échancrés ; flancs, lisses et peu conca- ves. Abdomen, subsessile : premier anneau, très court, aplati en dessus, subtriangulaire, élargi et arrondi en arrière, caréné en dessous, ne s’élevant jamais à la hauteur du dos du corse- let lorsque l’abdomen est collé contre la face postérieure du métathorax. Second anneau, le plus grand de tous ordinaire- ment, mais faisant tout au plus le quart de la longueur totale de l’abdomen ; deux lignes élevées sur son dos, submarginales et parallèles aux bords latéraux ; troisième, quatrième et cin- quième, égaux en longueur et diminuant progressivement en largeur ; sixième et dernier, court, arrondi et penché en bas; ponctuation du dos et de la seconde plaque ventrale, comme

x. 7

90 ANNALES

celle de la tête et du corselet ; base des troisième, quatrième et cinquième plaques ventrales, glabre, non ponctuée et finement striée en travers. Pattes comme dans l’Argyra ; tibias ayant de plus, à leur face externe, une rangée d’épines raides, aiguës et distantes.

Couleurs. Antennes, noires : extrémité du premier article, ferrugineuse. Tête, noire : tubercules post-antennaires, ferru- gineux; pubescence, blanchâtre. Corselet, rouge : flancs du mésothorax, soyeux et argentés. Abdomen, noir : bord posté- rieur du premier anneau, argenté. Second anneau, couvert en dessus d’un duvet obscur soyeux et couché en arrière : deux ignes dorsales distantes et divergentes en arrière, partant de a base et disparaissant vers le milieu de l’anneau , une bande assez large et anguleuse au milieu longeant le bord postérieur, blanches et argentées ; deux lignes de duvet orangé , au-dessus

des deux carènes latérales. Dos des troisième, quatrième et :

cinquième anneaux, noir et glabre en avant, couvert en ar- rière d’un duvet argenté sur lequel on voit trois tachesobscures, celle du milieu plus grande que les deux autres. Sixième plaque dorsale, soyeuse et argentée. Plaques ventrales, noires, ciliées de blanc. Pattes noires ; épines tibiales, testacées; pubescence, blanchâtre.

Sexe. Deux femelles; mâle inconnu.

Tout ce que Fagricius a dit de sa Mut. lineola, Syst. Piez, 1317-32, peut s'adapter à notre espèce. Cependant, je ne sau- rais le citer avec confiance. Comment cet auteur, qui faisait tant d’attention à tous les accidents de couleur, et qui semblait croire qu’ils suffisaient pour signaler distinctement ses espèces, n’aurait-il pas parlé des deux lignes orangées du second an- neau ét des trois taches brunes qui tranchent nettement sur les bandes argentées des trois anneaux suivants? Il faudrait supposer, ou qu’il n’a pas su voir ce qu'il cherchait habituel- lement , ou que l'individu qu'il avait sous les yeux avait perdu

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 94

plusieurs de ses traits essentiels. Ces deux suppositions me semblent également arbitraires.

54. MuriLa BITÆNIATA, ©. N. sp.?

Dimensions et formes. Les premières, semblables à celles de la Zonata, du moins quant aux proportions relatives, car elle est plus petite, la longueur de son corps n’étant que de À lignes et 1/2. Les secondes ont aussi tant de ressemblance, qu’elles ne m'ont offert qu’une seule différence qui mérite d’en parler. Le dessous du premier anneau a un petit tuber- cule spiniforme, au lieu de la carène longitudinale que nous avons vue dans la Zonata.

Couleurs. Tête et antennes, noires : extrémité du premier article, ferrugineuse. Dos du corselet, rouge, avec trois grandes taches noires; les deux antérieures, latérales, vers le milieu du dos; la troisième, médiane, oblongue, à la face postérieure et verticale du métathorax. Poitrine et flancs du corselet, noirs. Abdomen, velouté, noir; carènes submarginiles du second anneau, orangées ; bord postérieur du premier, bords latéraux du second, deux bandes longitudinales partant de la base de celui-ci et atteignant le bord postérieur du cinquième, dos du sixième, argentés. Ventre, noir; bords des segments, ciliés de blanc. Pattes, comme dans la précédente.

Sexe. Deux femelles. Mâle inconnu.

55. MUTILLA RECTANGULUM, 6 . N. sp. ?

Dimensions et formes semblables à celles des deux précé- dentes. Taille plus petite; longueur du corps, 3 lignes. Diffé- rences des formes minimes. Fossettes frontales, moins bien circonscrites, leur bord postérieur n’étant pas sensiblement

92 ANNALES

reboïrdé. Encore un tubercule au-dessous du premier anneau , mais court, arrondi et non spiniforme.

Couleurs. Tête, antennes et pattes, comme dans la Bitæ- niata. Corselet, rouge, sans taches noires. L'abdomen, pareil à celui de la précédente, en diffère par une bande argentée qui longe le bord postérieur du second anneau, et qui coupe à angle droit les deux bandes longitudinales de la même couleur, en formant avec elle un rectangle allongé, assez régulier.

Sexe. Deux femelles : mâle inconnu.

Les trois espèces précédentes sont bien mieux caractérisées par leurs couleurs que par leurs formes. Cependant je les regarde comme bien distinctes, et je ne crois pas contredire ‘en ceci tout ce que j’ai dit contre l'importance des couleurs à propos des Buprestides (1) de cette famille qui est si riche- ment décorée, et qui fournit de si bons matériaux aux spé- culations iconographiques. Cette contradiction n’est qu’appa- rente. Chaque famille, chaque genre même a sa logique. Ainsi dans les Hétérogynes des mâles ailés doivent s’asso- cier à des femelles aptères, il faut qu'ils sachent les cher- cher et qu’ils puissent les trouver. Or, de tout leurs sens, il n’y a que celui de la vue qui puisse leur montrer sur le ter- rain ce qu’ils cherchent pendant qu’ils volent à une certaine hauteur. Mais ce sens, évidemment nécessaire, deviendrait inutile, si le dos de la Mutille femelle, la seule partie de son corps qui soit alors visible, n’offrait aucun caractère constant, en un mot, si la disposition de ses taches ou de ses bandes était variable ou arbitraire. En effet, à la suite de nombreuses observations sur des femelles de différentes localités, et sur- tout sur les Mutilles de l'Italie, j'ai reconnu souvent des va- riations dans les teintes des couleurs; j’ai vu le blanc et l’ar-

(1) Ann. de la Soc. Ent. de France, tom. vu, pag. 517 et suiv.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 95 genté passer au jaune ou à la couleur d’or, le rouge devenir paille ou orangé, le noir s’éclaireir,.et passer au brun, au rouge et même au testacé. Mais je n’ai jamais remarqué le moindre changement dans les distributions des couleurs dif- férentes qui contrastent entre elles, et qui dessinent certaines figures bien déterminées.

Cette observation, qui vient à l'appui d’une induction assez bien raisonnée, justifiera la conclusion suivante que je propose comme une loi générale. Dans les Mutilles femelles, le dessin du dos est invariable, hors le cas de monstruosité. Cette loi ne s'étend pas aux mâles. Le dessin de leur dos res- semble sans doute à celui de leurs femelles, parce qu’il con- serve les traits de l’empreinte spécifique; mais ces traits de ressemblance peuvent être sujets à des modifications acciden- telles, parce qu’ils ne sont plus les signaux naturels ai une reconnaissance nécessaire.

56. MuTiLLA INCERTA, :; . N. sp.?

Dimensions. Long. du corps, 8 lig.; id. de la tête, 3/4 lig. ; id. du corselet, 3 lig.; id. de l'abdomen, 4 lig. et 1/4. Larg. de la tête, 1 lig.; id. du corselet, 1 lig. et 1/2; id. de l’ab- domen, mesurée au milieu du deuxième anneau, 2 lig.

Formes. Antennes, plus distantes à leur origine que dans les trois espèces précédentes. Espace inter-antennaire, assez large, concave, parce que les tubercules le plus souvent pla- cés derrière les trous antennaires se prolongent ici sur leurs bords internes. Front convexe. Yeux à réseau , courts et trans- verses, ronds, moyens et très saillants. Vertex, court et transversal, ne s’élargissant pas sensiblement en avant. Cor- selet, convexe, élargi au milieu : côtés du dos trituberculés, tubercules intermédiaires plus grands que les autres; ponctua- üon très forte, poils hérissés. Flancs inégaux; sutures qui

94 ANNALES

séparent le prothorax du mésothorax et le mésothorax du métathorax, très profondes. Deux cavités transversales de chaque côté du mésothorax : l’antérieure, allant de bas en haut et d'avant en arrière, apte à loger le fémur de la pre- mière paire; l’autre, allant encore de bas en haut mais d’ar- rière en avant, apte à loger le fémur de la seconde paire. Métathorax insensiblement penché en bas, et rétréci en arrière. Abdomen aussi fortement ponctué que le corselet et également hérissé de poils, pétiolé :, pétiole ou premier anneau, en tra- pèze bidenté à sa base, élargi, renflé et arrondi en arrière; second, globuteux, très grand, faisant à lui seul le tiers de la longueur totale, ayant vers le milieu son maximum de lar- geur; troisième et Suivants, en cônes tronqués, dominant progressivement en longueur et en largeur; sixième et der- nier, plus long que large, penché en dessous. Pattes assez fortes comme dans les espèces précédentes ; tibias postérieurs, ayant de plus à leur face externe deux rangées longitudinales de cinq à six épines raides, distantes et parallèles entre elles.

Couleurs. Antennes, corps et pattes, noirs : deux grandes taches rondes orangées sur le dos du second anneau. Poils hérissés, noirs sur le dos, blanchâtres aux pattes et sous le ventre. Une bande transversale sur le vertex, une autre sur le dos du corselet entre les deuxième et troisième tubercules ; carènes submarginales du second anneau, deux taches laté- rales et marginales aux quatre suivants, une autre grande tache médiane sur le dos des quatrième et cinquième, dos du sixième, veloutés et argentés. Ventre noir: les quatre segments intermédiaires ciliés de blanc.

Sete. Une femelle : mâle inconnu.

J'avais pris d’abord cette Mutille pour une variété de la derasa, Fab., et dans le doute, je lui avais assigné le nom d’incerta, sous lequel Pai communiquée, et que je crois

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 95 devoir lui conserver. D’après la loi que j’ai proposée, les taches médianes et argentées des quatrième et cinquième an- neaux devraient suffire pour la faire regarder comme une espèce distincte. Mais les formes sont encore plus décisives. La derasa des collections sera toujours aisée à reconnaître aux deux traits suivants : dos du pétiole, ayant une couronne d’épines courtes et dirigées en arrière, un peu en avant du bord postérieur ; taches rondes et colorées du second an- neau , tuberculeuses et non ponctuées; tubercules en crêtes tranchantes , longitudinales et subparallèles. Mais cette espèce est-elle bien celle de Fagricius ? son silence sur les deux ca- ractères que j'ai signalés ne prouve rien. Mais il dit de la sienne caput atrum; or, cela n’est pas également vrai de tous mes individus. Dans l’un, à taches orangées de l’abdomen plus petites, il y a sur le vertex deux taches argentées; dans d’au- tres, à taches abdominales plus grandes, le vertex est sans taches, mais il y à au front une grande tache dorée. Cette espèce ou variété porte le nom de Mut. perspicillaris Klug, dans la collection de M. DE SAINT-FARGEAU.

57. MurTiLLA SINGULARIS, &. N. sp. ? PI. 3, 1.

Dimensions. Long. du corps, 5 lig. et 1/2; id. du corselet, 1lig. et 1/2 ; id. de l'abdomen, 2 lignes et 1/2; id. du pétiole premier anneau, 1 lig. ; id. de l’aile supérieure , 4 lig. Larg. ou de la tête, 4 lig.; id. du corselet à la racine des ailes supé- rieures , À lig.; id. du pétiole, 1/3 ligne; id. du second an- neau , À ligne.

Formes. Antennes moyennes, peu distantes à leur origine. Tête fortement ponctuée : points très gros et confluents. Front et vertex rugueux. Vertex court, en trapèze horizontal élargi en avant. Front grand , convexe et vertical : tubercules anten- aires placés au côté interne de l’origine des antennes, en

96 ANNALES

sorte que l’espace intermédiaire est renflé et sillonné. Face lisse, profondément échancrée en avami : échancrure angu- leuse. Chaperon plan, mis à découvert par léchancrure antérieure de la face, arrondi en avant. Mandibules et autres parties de la bouche, comme dans les autres Mutilles du même sexe. Trois ocelles très rapprochés sur le bord antérieur du vertex, en triangle équilatéral. Yeux à réseau, grands, ob- longs, latéraux, profondément échancrés vers le haut du côté interne, comme dans les Mut. italica, pedemontana, etc. ; échancrure plus étroite et plus rentrante. Dos du prothorax, poitrine et flancs du corselet, aussi fortement ponctués que Ja tête : points enfoncés, très gros, assez rapprochés, mais non confluents. Quatre côtes longitudinales et parallèles à l'axe du corps, élevées sur le dos du mésothorax, prolongées au- dessus de l’écusson. Ponctuation des espaces intermédiaires très forte, irrégulière et confluente. Ecusson plan, horizon- tal, de niveau avec le disque du mésothorax, en rectangle transversal , bidenté ou légèrement échancré en arrière comme dans le Métopius necatorius, passant au-dessus du post-écus- son, et s'étendant à une certaine distance au-dessus de la base du métathorax. Celle-ci penchée obliquement en arrière, à ponctuation très apparente : points peu enfoncés, intérieure- ment plans, beaucoup plus larges que les élévations inter- médiaires ; angles postérieurs aigus ; ligne médiane , en carène bifide en avant, et terminée postérieurement par un gros tuber- cule spiniforme. Ecailles alaires, allongées, lisses, gibbeuses à leur base et finement striées à leur extrémité : stries trans- versales. Abdomen pétiolé : pétiole ou premier anneau, en cylindre à base elliptique , dont le petit axe répond à la hau- teur même de l’anneau. Le second, le plus grand de tous, globuleux, mais ne dépassant pas le quart de la longueur totale. Les troisième et suivants, comme dans la Mutilla ar- qyra. Pattes moyennes, minces, pubescentes, mutiques hors

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 97

à l'extrémité tarsienne des tibias dont le bord interne a les deux épines ordinaires. Première cellule radiale, moyenne, allongée, tronquée postérieurement en ligne droite : seconde radiale, presque complète. Quatre cellules cubitales et deux nervures récurrentes; première cubitale, petite, quadrangu- laire ; seconde, la plus grande de toutes, pentagone, son côté radial égal à celui qui la sépare de la première cubitale, ses deux côtés cubitaux égaux entre eux , recevant la première nervure récurrente au sommet de son angle cubital : troisième, moyenne, élargie et arrondie en arrière, recevant la seconde nervure récurrente très près de son extrémité; quatrième, presque complète (4).

Couleurs. Antennes, pattes, tète, corselet et premier anneau de l'abdomen, noirs. Second anneau et suivants, violets, à reflets métalliques. Duvet du métathorax et du pétiole, argenté.

(1) On pourrait aisément subdiviser les Mutilles mâles d’après la différente innervation des ailes supérieures. Voici les principales divi- sions de celles de mon cabinet. Une collection plus riche en fournirait certainement plusieurs autres.

Une ou deux cellules radiales, quatre cubitales, deuxième et troi- sième recevant chacune une des deux nervures récurrentes. Ex. : Mut. europæa, italica, etc. Division très nombreuse en espèces de toutes localités, et qu’il faudrait subdiviser d’après les grandeurs relatives des deux radiales et des quatre cubitales.

20 Encore quatre cubitales, mais une seule nervure récurrente re- çue par la seconde cubitale. Rarement une seconde radiale ; troisième discoïdale, souvent ouverte. Ex. : Mut. ornata, KLuc ; Mut. notata, id., nouvelle espèce du cap de Bonne-Espérance. Dans une espèce iné- dite du Mexique, Mut. vertita, KLAUG., la nervure qui intercepte les troisième et quatrième cellules cubitales est en partie effacée. Cette espèce fait le passage de la subdivision.

3 Trois cellules cubitales seulement ; la seconde recevant la pre- mière récurrente. Ex. : Mut. triareolata, espèce nouvelle que M. Gu:i- LIANI à rapportée de Sicile en 1839.

49 Une cellule radiale, étroite, allongée, atteignant le hout de Paile:

98 ANNALES

Ailes hyalines : entour des supérieures et extrémité des infé- rieurs, obscurs; nervures et point épais, noirs.

Sexe. Deux mâles ; femelle inconnue. 58. TiPHIA CAYENNENSIS, @. N. sp.?

Dimensions. Long. du corps, 5 lig,; id. des ailes supé- rieures, À lig. Larg. mesurée indifféremment à l’origine des ailes ou au milieu du second anneau, 4 ligne et 4/3.

Formes. Proportions et faciêés de la Tiphia femorata, avec laquelle il est d'autant plus aisé de la confondre que ces carac- tères spécifiques sont de ceux que plusieurs naturalistes croient avoir le droit denégliger, parcequ’ils en ont contracté la mau- vaise habitude; je l’ai trouvé dans la forme du point épais. Dans notre Cayennensis, ce point est étroit, presque linéaire, trois fois au moins plus long que large : son bord interne est anguleux, et le radius postérieur s’en détache près de l’extré- mité. Dans la Femorata, au contraire, le point épais est un ovale à peine deux fois plus long que large, et dont le bord interne est en arc de courbe : le radius postérieur s’en détache vers la moitié de sa longueur,

deux cellules cubitales : la première, petite, carrée ; la seconde très longue, étroite, incomplète, recevant les deux nervures récurrentes. Ex. : Mut. scutellaris, KLu6G , espèce inédite du Brésil; donnée par M. Kzuc.

Des différences aussi remarquables auraient suffi pour faire des genres dans d’autres familles. Cependant, je pense qu’on ne saurait leur donner la même importance dans le G. Mutilla, qui est bien net- tement tranché, quoique très nombreux : parce qu’il y a encore trop de mâles dont on ne connaît pas les femelles avec assez de certi- tude ; parce que dans les espèces dont on connaît bien les deux sexes on n’a pas signalé encore des caractères assez constants dans les femelles pour établir une correspondance sûre entre eux et les carac- tères alaires des males.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 99

Couleurs. Corps, antennes et pattes, noirs : une lisière in- colore et transparente aux bords postérieurs des cinq premiers segments du dos et des quatre intermédiaires du ventre. Poils hérissés, blanchâtres. Ailes enfumées; les supérieures, plus claires près de la base, et à la première nervure brachiale.

Sexe. Une femelle. Mâle inconnu.

Je ne me serais pas pressé de parler dès à présent de cette espèce, assez peu remarquable et à demi-connue, si elle ne m’eût fourni une occasion de faire quelques observations sur les espèces du G. Tiphie. Ce genre a été proposé par FABRIGIUS, en 4793, dans le tom. n de son Entom. Syst. Mais comme s’il n’eût pas eu des idées bien arrêtées sur son propre travail, l’auteur en a donné des caractères trop vagues, et il y a fait entrer plusieurs espèces qu’on ne saurait y laisser. JURINE, en 4807, fut le premier à donner une description systéma- tique des ailes, dans sa Nouvelle méthode de classer les Hymé- noptères. Enfin, en 4809 , dans le vol. de son Genera, La- TREILLE fixa nos idées sur ce genre très rationnel, et il indiqua trois espèces européennes qui lui appartiennent réellement. Mais ces trois espèces se réduisent à deux, parce que la troi- sième n’est que l’autre sexe de l’une des deux autres. Quant aux exotiques, qu ’on à pris souvent pour des Tiphies, il n'y en à aucune qui puisse rester dans ce genre. La plupart sont des Myzines, des Plesies, des Scolies, et même des femelles de Thinnes Myrmecodes, LAT.

Nous avons dans les environs de Gènes deux Tiphies qu'il est bon de distinguer par des caractères solides et réels. Si nous lés cherchons d’abord dans les couleurs, nous sommes frappés des différences que nous offrent les femelles. Elles ont également le corps noir; mais l’une, plus petite, plus glabre et plus luisante, a les fémurs et les tibias des deux premières paires rouges ou testacés : c’est la Femorata; l'autre, plus

100 ANNALES

grande chez nous, plus velue, d’un noir plus mat, a ses pattes de la couleur du corps; mais les antennes, en exceptant le premier article, sont brunes ou rougeâtres. Les couleurs ne nous prêtent plus les mêmes secours lorsque nous en venons à la comparaison des mâles : tout ce qui était brun, rouge ou testacé dans l’autre sexe, devient absolument noir dans celui- ci. Il nous faudra donc abandonner les couleurs et recourir aux formes, si nous voulons un caractère qui convienne également aux mâles et aux femelles, et encore nous faudra-t-1l nous attacher exclusivement aux parties du corps dont le dévelop- pement soumis aux conditions de l’espèce est indépendant de l’influence du sexe. Or, cette influence se fait sentir presque partout dans les mâles des Tiphies. Ils diffèrent de leurs fe- melles, d’abord, et comme on le sait, par des antennes plus longues, plus filiformes et ayant un article de plus, par sept anneaux à l’abdomen au lieu de six, par leur plaque anale in- férieure terminée en épine aiguë et recourbée en haut, et enfin par leur cellule radiale complète et fermée, puis, et comme il est bon de le savoir aussi, par le renforcement des nervures ou de la partie osseuse des ailes, par la forme des cellules plus arrondies et plus ramassées, et enfin par la longueur moindre du métathorax (1).

Maintenant, après avoir fait la part des différences sexuelles, rappelons-nous que le G. Tiphie est bien circonserit, et qu’il ne le serait pas autant qu’il devrait l'être, si les espèces qui le

(4) Cette circonstance est très remarquable, parce qu’elle est pré- cisément le contraire de ce qu’on voit dans plusieurs autres Hymé- noptères, et entre autres dans plusieurs espèces du G. Pompilus, dont les mâles, à métathorax allongé, ont formé bien mal à propos le G. Sa- lius du Syst. Piez.

Mais pourquoi le métathorax des Tiphies est-1l plus grand dans les femelles que dans les mâles? Cette partie du corps serait-elle le siége d’un organe particulier appartenant à quelque fonction de la vie ani-

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 101

composent n'avaient pas un même faciès. Nous en viendrons ainsi à reconnaître que leurs différences spécifiques doivent être peu saillantes, et celle que nous avons relevée entre la Cayennensis et la Femorata ne nous semblera plus une minu- tie. Mais nous aurons encore à chercher le caractère essentiel de la seconde espèce européenne. Je crois lavoir trouvé pa- reillement dans la forme de son point épais, qui est trois fois plu; long que large, comme dans la Cayennensis, et dont le bord interne est en are de courbe et non anguleux, comme dans la Femorata. En second lieu, le dos du métathorax est plus fortement ponctué que dans les deux autres.

Fagricius et PANZER ont parlé du mâle sous le nom de Ti- phia morio; mais je crois qu’ils n’ont pas connu la femelle, car ils ne disent rien de la couleur plus claire des antennes. La couleur des ailes est variable ; le plus souvent elle est plus ou moins enfumée ; cependant j'ai des femelles elle est tout à fait hyaline. Leur grandeur n’est pas plus constante. Ordinai- rement leur longueur égale les trois cinquièmes de la lon- gueur totale du corps, et néanmoins j’ai une femelle elle n'arrive pas à deux cinquièmes.

La Tiphia villosa, Fagr. et Panz., est le mâle de la Femorata. PANzER a donné la figure d’une variété rare à tibias antérieurs testacés. Je l’ai eue d'Allemagne. Le nom de Vilosa est bien mal appliqué à cette espèce, qui est plus glabre que la Morio. Fagricus l’a contredit dans sa description, en disant, corpus. villis cinereis rarioribus tectum, et Panzer l’a réformé dans sa phrase spécifique, en lui substituant l’épithète de suboillosa.

male ou de la vie organique ? Quel est le rapport de cette fonction avec les habitudes instinctives du sexe féminin ? Comment ces habi- tudes exigeraient-elles un plus grand développement de cet organe? Cur? quomodi? À toutes ces demandes, nous n’avons qu’une bonne réponse à donner, et elle est bien ancienne : Unum scio nihit scire.

102 ANNALES

Outre les trois espèces dont je viens de parler, j'en ai deux au- tres qui me semblent aussi bien distinctes. Elles sont du Haut- Mexique ou de la Californie, et elles m'ont été fournies par M. Dupoxr.

Tiphia flavipennis, Q . N. sp.? plus grande que les Tiph. cayennensis et morio. Long. du corps, 6 lig.; id. des ailes supérieures, 5 lig. Formes ordinaires des espèces de ce genre. Point épais, comme dans la Morio. Deux lignes élevées et non ponctuées sur le disque du mésothorax, n’atteignant pas le bord postérieur. Des trois côtes ordinaires qu’on voit dans la plupart des Thiphies, au milieu du dos de leur métathorax, les deux externes convergent visiblement en arrière, et l’in- termédiaire n’atteint pas le bord postérieur. (Dans les trois au- tres femelles, ces trois côtes sont entières, parallèles entre elles et à l’axe du corps.) Pattes proportionnellement plus courtes et plusfortes. Flancs du métathorax, lisses à l'œil nu. (Ona besoin de la loupe pour apercevoir les traces de quelques stries obli- ques. Dans les autres espèces, ces stries sont plus nombreuses et très apparentes.) Corps, antennes et pattes, noirs. Aïles, teintes de jaune; nervures, pâles. Poils hérissés des pattes et de l’extrémité de l’abdomen, jaune-doré.

2e Tiphia albilabris, ©. N. sp.? Elle s'éloigne beaucoup des quatre autres, et elle se rapproche davantage des Myrmoses ; cependant, on ne saurait la placer ailleurs tant qu’on n’en connaîtra pas la femelle. Taille de la Femorata. Formes ordi- naires des Tiphies, hors au dos du métathorax et aux nervures des ailes supérieures. Des trois côtes dorsales du métathorax, celle du milieu est la seule qui soit parallèle à l’axe du corps: elle part du post-écusson, et elle arrive, sans se détourner, jus- qu’au bord de la face postérieures : le deux autres, au contraire, se dirigent en dehors, en décrivant une courbe dont la con- vexité est tournée en dedans, et elles atteignent les bords laté- raux un peu en arrière des stigmates ordinaires. L'espace com-

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 105

pris entre elles et la face postérieure est penché en arrière et strié longitudinalement, tandis que la partie antérieure du dos est irrégulièrement ponctuée et subrugueuse. Point épais, trois fois au moins plus long que large : bord interne en arc de courbe; extrémité, tronquée en ligne droite; radius postérieur se détachant un peu en avant du milieu. Cellule radiale, oblon- gue, fermée, dépassant l’extrémité de la seconde cubitale. Pre- mière cubitale, interceptée en partie par une nervure rectili- gne qui se détache du radius postérieur à peu de distance du point épais, qui se dirige obliquement en avant, et qui dis- paraît avant d'atteindre le cubitus postérieur. Les deux pre- mières discoidales, partant du même point de la première nervure intermédiaire. Troisième discoïdale, quadrangulaire, notablement appendicée à son angle postéro-interne : bord pos- térieur, sinueux. Corps, antennes et pattes, noirs. Poils héris- sés, de la même couleur; ceux de la face et du chaperon, blanchâtres. Aïles, hyalines. Nervures, noires.

Maintenant, nous pourrons former le cadre synoptique qui suit et dont on tirera, quand on voudra, les phrasesspécifiques, sauf à tout changer dès qu’on aura découvert de nouvelles es- pèces, et peut-être même dès qu’on connaîtra mieux les trois espèces américaines dont nous n’avons vu qu’un seul sexe.

étant tout au plus deux fois plus

| longque large. . . ...... .. 1. T. Femorata. m. f, , €tière. | enarcde courbe. u'étantipas tron- A : qué en ligne | au mo : ï ELQOL AU MONA EE SE ÈS 9. orio, m, f.

trois fois plus

Bordinterne ! Point épais long que large:

du point fétant tronque

épais \ en ligne droite. 3. Flavipennis, f. Premiére

cellule cubitale

rectiligne et anguleux. : - - .. + + +... . . .. 4. Cayennenais, f,

| interceplée en partie par une bervure dspiene, sh peus du radius ; . 5. Albilabris, f, WA- postérieur et qui n'alteint pas le cubilus, ,. . sale abris, £.

104 ANNALES 59. PEPSIS VIRIDISETOSA , ©. NN. sp. ?

Dimensions, formes et couleurs. De moyenne grandeur. Long. du corps, 6 lignes. Antennes, plus longues que la tête et le cor- selet pris ensemble. Antennes, jaunes et veloutées; premier et second articles, verts. Corps, noir, couvert d’un duvet court et velouté, d’un beau vert métallique : quelques poils hérissés blanchâtres sur les flancs du mésothorax et du métathorax. Ailes, hyalines, lavées de jaune; une large bande brune, lon- geant le bord postérieur, et tranchant brusquement avec la couleur générale de l’aile : nervures, noires. Au-dessous du quatrième anneau, des faisceaux de poils allongés qui se croisent au milieu du ventre.

M. Kzuc m'a envoyé un mâle du Brésil qui ressemble beau- coup au nôtre de Cayenne. Le duvet du corps est d’un beau bleu. Les antennes sont noires, hors les deux derniers arti- cles, jaunâtres. Si la nôtre n’en était qu’une variété, je lui ren- drais volontiers le nom sous lequel j'ai reçu celle du Brésil, Pepsis infuscata, Kiuc. Je crois cependant que l’auteur ne la pas publiée.

GO. POMPILUS BITUBERCULATUS, ©. N. sp. ?

Dimensions. Long., 8 lig. Larg., 2 lignes.

Formes. Antennes, tête, corselet hors le métathorax, abdo- men, comme dans le Pomp. annulatus, Fa. (G.Cryptocheilus, Pawz.). Un petit renflement arrondi et tuberculeux, au milieu du front et près de l’origine des antennes. Métathorax, court ; dos, convexe, profondément échancré des deux côtés vis-à-vis des stigmates ordinaires, ses angles postérieurs proéminents et tuberculiformes ; face postérieure, concave et verticale. Face externe des tarses antérieurs, ayant deux rangées d’épines raides et distantes : épines de la rangée supérieure, plus lon-

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 105

_gues que les autres. Tous les onglets, éperonnés. Troisième _cellule cubitale, peu rétrécie en dehors; son côté radial étant à peu près aussi lông que le côté antérieur. Les deux premières discoïdales, ayant une origine commune au même point de la première nervure intermédiaire,

Couleurs. Corps, antennes et pattes, testacé-ferrugineux. Les six derniers articles des antennes, les articulations des tarses des deux premières paires, noirs. Ailes entières, de la même couleur. ,

Sexe. Une femelle. Mâle inconnu.

Cette espèce appartient à la division B. Kzuc, Symb. phys., division qu'on pourra subdiviser d’après la forme des épines tarsiennes , celles de la rangée supérieure pouvant être égales à celles de l’inférieure, et d’après l’origine des deux premières discoïdales, l’externe pouvant être plus rapprochée de la base. Les Pomp. rutilus et badius, KiLuG, espèces du Brésil que M. le docteur Kzuc a bien voulu me communiquer, ont beaucoup de ressemblance avec notre Pomp. bituberculatus. Elles sont de la même division B, et de la même subdivision. Mais les fe- . melles de ces deux espèces ont leur métathorax penché insen- .siblement en arrière, sans échancrures latérales. Les angles postérieurs sont eflacés. Une troisième femelle de la même lo- calité, et que M. Kiuc m'a envoyée sous le nom de Pomp. eru- bescens, a son mésothorax plus ressemblant à celui du Pomp. bituberculatus ; maisle dos en est plus inégal, et la ligne médiane en est profondément canaliculée; d’ailleurs, les couleurs sont bien différentes. L’Erubescens a le corselet varié, et l'abdomen fascié de noir. La poitrine, les hanches, les trochanters et la base des fémurs sont noirs. On ne saurait y voir un commence- ment de mélanisme, car les ailes, entièrement noires dans le Bituberculatus, sont hyalines et lavées de jaune dans l’Erubes- cens. Les supérieures n’ont qu'une tache un peu enfumée qui

occupe la cellule radiale et la seconde ecubitale. x. 8

106 ANNALES

64. POMPILUS VARICORNIS, P. N. sp. ?

Dimensions. Long., 7 lig. Larg., À ligne et 1/2.

. Formes. Antennes, effilées, beaucoup plus longues que la tête et le corselet pris ensemble. Chaperon largement échan- cré, caractère qui aiderait à reconnaître cette espèce dans le <as on ne pourrait plus consulter la couleur des antennes. Ligne qui sépare la face et le front, bisinueuse et bifovéolée. Front, sans inégalités. Corselet, comme dans les Pomp. macu- latus, annulutus, du même sexe. Métathorax, ridé transversale- ment, et doucement penché en arrière. Abdomen, subpétiolé : premier anneau, en demi-poire. Épines externes des tarses an- térieurs, courtes, nombreuses et rapprochées. Tous les cro- chets, éperonnés. Troisième cellule cubitale, peu rétrécie en dehors, son côté radial étant plus long que celui qui la sépare de la seconde cubitale des deux premières discoïdales, l’externe étant la plus rapprochée de la base.

Couleurs. Antennes, noires et annelées de jaune. Anneau de cette couleur, occupant les 6°, 7°, et articles. Corps et pattes, noirs, luisants, finement soyeux. Aiïles, jaunes; une tache obscure, à l'extrémité des supérieures.

Sexe. Une femelle. Mâle inconnu.

Même division B que la précédente, mais subdivision diffé- rente.

62. PompiLus COMPRESSUS, ©. N. sp.?

Dimensions. Long. du corps, 4 lig. et 4/4. Larg. de la tête, 4/2 lig.; id. du corselet mesuré à l’origine des ailes, 2/3 lig. ; id. de l'abdomen au milieu du troisième anneau, 1/3 lig.

Formes. Antennes, défectueuses dans mon exemplaire. Les articles onzième et suivants n'existent plus. Corps, luisant et

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très finement soyeux. Front, peu convexe et sans inégalités. Chaperon, entier, cachant tout à fait le labre : bord antérieur, très faiblement arrondi. Prothorax, un peu bombé, deux fois au moins plus large que long. Disque du mésothorax, unifor- mément convexe, d’une seule pièce apparente. Écusson, trian- gulaire, convexe, plus élevé que le segment post-scutellaire, et étant au niveau du disque. Dos du métathorax, plus long que large, presque plan, très doucement penché en arrière. Abdomen, semblable à celui des Zchneumonides du G. Campo- plea, GrA., si on ne le regarde qu’en dessus, s’élargissant peu à peu de la base jusqu’au milieu du troisième annean, se ré- trécissant ensuite très rapidement jusqu’à l’anus; tous les an- neaux, diminuant progressivement de longueur du premier au septième; les deux premiers, en cône tronqué; les sui- vants, comprimés latéralement et au moins aussi hauts que larges; maximum de hauteur, au milieu du quatrième an- nau; extrémité postérieure, arrondie. Ventre, étroit, plan ou très faiblement convexe. Pattes, minces, effilées : crochets des tarses, bifides. Troisième cubitale, n'étant pas notable- meut rétrécie en dehors : son côté radial, étant deux fois plus long que le côté radial de la seconde cubitale; celle-ci, très petite, et visiblement plus large que longue. Premières discoi- dales, comme dans le Varicornis.

Couleurs. Corps et antennes, noirs. Puvet soyeux, argenté. Une bande blanche et translucide à la base des second et troi- siéme anneaux. Pattes rouges; tarses, extrémités larsiennes des tibias, noirs. Ailes hyalines; troisième cubitale et milieu de la radiale, obscurs; nervures noires.

Sexe. Un mâle un peu endommagé. Femelle inconnue.

Ne connaissant pas le sexe féminin, je ne saurais dire si cette espèce appartient à la division C ou à la division D du Symb. phys. W est encore possible que la forme très anomale de l’abdomen soit particulière au mâle. Cette espèce n’en sera

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pas moins très reconnaissable, indépendamment des couleurs, aux proportions relatives des seconde, et troisième cellules cu- bitales.

63. PompiLus FEMORATUS, Fab., Syst. Piez, 190-413. Var. ©.

Le type de l'espèce habite le Brésil. M. ledocteur KLue m'en a communiqué une femelle que j'ai confrontée avec les deux individus du même sexe recueillis à Cayenne par M. LEPRIEUR Ceux-ci ne diffèrent que par la couleur des tarses et des tibias, qui sont rouges comme les fémurs. Cette différence suffirait pour prouver que le nom du Syst. Piez. peut devenir une con- tre-vérité; mais ce n’est pas pour faire une remarque aussi fri- vole que je me suis décidé à reparler d’une espèee qui est censée assez connue. L'examen des formes m'a fait remarquer dans ces trois individus une singularité qui me semble d’une bien autre importance. L’innervation des ailes et la forme des crochets des tarses placent cette espèce dans le G. Pompilus, div. C, Symb. phys. L'étui de l’oviductus ne sort pas de l’anus. Le labre est entièrement caché par le chaperon. Ces deux ca- ractères sont encore propres au G. Pompilus. 11 n’en est plus de même des pattes antérieures. Lestarses,simplementsoyeux, n’ont aucune de ces épines que l’on regarde comme un instru- ment absolument nécessaire pour les vrais Hyménoptères fouis- seurs. Ils sont semblables à ceux des Céropales. Sans rien pré- juger sur les mœurs de cette espèce, il est évident pour moi que sa place rationnelle n’est ni au milieu des Pompiles, ni au milieu des Céropales. Elle doit donc former un genre à part. Nous le nommerons Auplopus (pied inerme).

64. AMPULEX ANGUSTICOLLIS, D. N. sp.?

Dimensions. Larg. du corps, 5 lig. 4/2; id. des ailes su- périeures. 3 lig. et 1/2. Largeur de la tête entre les yeux,

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4 lig. et 1/4; id. au bord postérieur du vertex, 1/2 lig.; id. du prothorax au bord postérieur, 2/3 lig.; id. du méso- thorax à l’origine des ailes supérieures, 1 lig. et 1/2; id. de l'abdomen au milieu du second anneau, 1 ligne et 1/4. Formes. Antennes, comme dans l’Amp. compressa. Tête, très remarquable par le rétrécissement postérieur du vertex en triangle, dont la base ou le bord antérieur est à peine le dou- ble de la hauteur, et dont le sommet postérieur est tronqué et fortement rebordé. Front, ne s’élargissant pas sensiblement en avant. Orbites internes des yeux, droites et subparallèles. Carène de la face, sans échancrure, terminée par une petite pointe relevée en haut. Prothorax, comme dans la Compressa ; rides et points, plus fortement prononcés. Disque du mésotho- rax, ponctué à points gros, distincts et clair-semés, divisé en trois pièces par deux impressions suturales droites et paral- lèles à l'axe du corps : deux fossettes postéro-latérales, rondes, plus petites, plus enfoncées et mieux circonscrites que dans la Compressa. Dos du métathorax, fortement rebordé sur les côtés et en arrière, ridé en travers, ayant six Côtes minces et sans crénelures, qui partent du bord antérieur : les deux internes, obliques de dehors en dedans, disparaissant vers les trois quarts de la longueur ; les deux intermédiaires, également obliques et convergentes , atteignant le bord postérieur ; les deux externes, submarginales et parallèles ; angles postérieurs, proéminents, épais, spiniformes, aigus, à pointe recourbée en bas; face pos- térieure, subrugueuse. Flancs du mésothorax, convexes, sans sillons enfoncés au-dessous de l’origine des ailes. Branches di- vergentes du métasternum, lancéolées et rugueuses. Abdomen, paites et innervation des ailes, comme dans la Compressa © . Couleurs. Antennes, noires; les trois premiers articles, vio- lets. Corps et pattes, d’un beau bleu métallique, plus foncé et tendant au violet à la tête et au-dessus du prothorax et du mé- sothorax, plus clair et tendant au vert à l'abdomen, aux han-

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ches et aux fémurs des quatre pattes postérieures. Ailes, hya- lines ; deux bandes vagues et enfumées, aux supérieures ; l’an- térieure, le long des nervures récurrentes médianes(de Romand); l'autre, en travers de la cellule radiale,

Sexe. Une femelle. Mâle inconnu.

Il ne sera pas hors de propos de signaler les traits caractéris- tiques des deux autres espèces exotiques, dont j'ai aussi les fe- melles dans mon cabinet, savoir, |’ Ampulex compressa (Chlo- rion), Fas., de l’île de France; et l’Ampulex œnea (CGhlorion), Kzuc, de la côte de Malabar, donnée par M. Kzuc. On verra combien elles diffèrent de l’espèce de Cayenne.

Caractères communs aux deux espèces. Vertex, en rectangle transversal quatre fois au moins plus large que long. Front élargi en avant, et en conséquence orbites internes des yeux convergentes en arrière. Angles postérieurs du métathorax, sans prolongements tuberculeux ou spiniformes : face posté- rieure, ridée en travers. Ponctuation du corps, plus fine et plus rare.

Caractères particuliers à chaque espèce. Ampulex com- pressa ®. Carène de la face, droite, Fossettes du disque du mésothorax, larges, difformes, peu enfoncées, ne se prolon- geant pas en ayant des écailles alaires. Dos du métathorax, n'ayant que quatre côtes longitudinales; les deux internes comme dans l’Angusticollis; les deux externes pareillement obliques et convergentes, mais bifides et crénelées près du bord postérieur ; rebord latéral, échancré près des angles pos- térieurs. Un sillon arqué et ponctué, sur les flancs du méso- thorax, au-dessous de l’origine des ailes. Branches divergentes du métasternum , lancéolées, mais finement ponctuées et non rugueuses.

Ampulex œænea, ® .— Carène de la face, arquée. Fossettes du disque du mésothorax, oblongues, dépassant les écailles alaires et atteignant presque le bord antérieur. Six côtes créne-

DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE. 144 lées, sur le dos du métathorax, obliques et convergentes en arrière ; les quatre externes, atteignant le bord postérieur : re- bords latéraux, entiers. Point de sillon, mais une fossette finement ponctuée intérieurement aux flancs du mésothorax, au-dessous de l’origine des ailes. Branches divergentes du mé- tasternum, triangulaires, sécuriformes.

65. Lyrops LEPRIEURN, do. NN, sp.?

Dimensions. Long. du corps, 5 lig. et 4/2; id. de l’abdo- men, 2 lig. et 4/2. Larg. à l’origine des ailes, 1 lig. et 1/2.

Formes. Corps, légèrement pubescent et finement ponctué : unduvet ras et épais, quelques poils longs et hérissés, aux joues, au devant de la tête et aux bords postérieurs des segments abdominaux. Région ocellaire, nettement circonscrite, presque circulaire, un peu anguleuse en arrière. Ocelle antérieur, bien apparent ; les deux autres, avortés et remplacés par deux cal- losités aveugles, étroites, oblongues, divergentes et parallèles au contour extérieur de la région ocellaire. Deux fossettes assez grandes et assez profondes, sur Les flancs du mésothorax, aux an- gles antérieurs du mésosternum. Sutures des flancs et de la poi- trine, peu profondes et sans rebords.

Couleurs. Corps, antennes et pattes, noirs : pubescence, blan- châtre; duvet des côtés et du devant de la tête, argenté. Bords postérieurs des segments abdominaux, rougeâtres et couverts d’un duvet doré, Écailles alaires, ferrugineuses. Tarses, bruns. Ailes, jaunes : une bande plus foncée, le long du bord extérieur des supérieures.

Sexe. Un mâle. Femelle inconnue.

Cette espèce a des formes analogues à celles de la Lyr. tri- color; mais elle en diffère beaucoup par les couleurs; d’ai]- leurs, la Tricolor n’a pas de fossettes aux angles antérieurs du mésosternum .

412 ANNALES

66. Lyrops cHRysOPyGA, ©. N.sp.?

Dimensions. Long. du corps, 5 lig. ; id. de l'abdomen, 2lig. et 2/3. Larg. prise à l’origine des ailes, 4 ligne et 4/4.

Formes. Corps, proportionnellement plus étroit que dans la précédente; abdomen proportionnellement plus allongé : faux air d’une Larra. Ponctuation ét pelage à peu près semblables ; bandes soyeuses et marginales des cinq premiers segments dor- saux, largement interrompues au milieu. Région ocellaire, aussi nettement circonscrite. Ocelles et-callosités, de même. Sutures des flancs du corselet et de la poitrine, plus profondes et peu rebordées. |

Couleurs. Corps, antennes et pattes, noirs : pubescence, blanchâtre : duvet épais, argenté partout, hors au dos du sixième anneau il est doré. Ailes, hyalines ; nervures, tes- tacées.

Sexe. Deux femelles. Mâle inconnu.

67. LARRA DISTINGUENDA, © ®. N. sp.?

Cette espèce, deCayenne, a tant de ressemblance avec uneau- tre Larre assez commune en Ligurie, que je les avais d’abord confondues, quoiqu'il fût peu croyable qu’une espèce de nos climats se retrouvât dans les régions inter-tropicales du nou- veau continent. Je veux parler de ma Larra sex-maculata, Ins. lig.,4,16, vi, qui n’est pas celle de Fasricrus, que j'avais citée à tort, mais qui est bien au contraire la Lyrops unicolor de PAnzER et des collections d'Allemagne. J'avais retrouvé dans l'espèce de Cayenne les mêmes proportions relatives des difié- rentes parties du corps, les mêmes fornies des ocelles et de la région ocellaire, le même fond de couleur, les mêmes taches abdominales; tout devait contribuer à entretenir mon erreur;

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 115 mais elle a été impérieusement détruite par l’inspection des flancs du métathorax. Dans la Distinguenda, ils sont lisses, et ils n’ont aucune trace de stries. Dans ma Sex-maculata, ils sont striés obliquement ; les'stries dirigées de bas en haut, et d’a- vant en arrière. Je n’en dirai pas davantage; tout ce que je pourrais ajouter conviendrait également aux deux espèces. La Larra distinguenda doit être commune dans la Guyane. M. Le- PRIEUR en à rapporté plusieurs individus des deux sexes. La taille des mâles varie en longueur de 2 lig. à 4 lig. et 472. Une femelledemoyennegrandeura les tarses et les tibiasrougeâtres.

68. NyssON MARGINATUS, @ , N. sp. ? PI. 3, NII.

Dimensions. Long. du corps, 4 lig. ;id. de l’abdomen, 1 lig. et1,2 . Larg. mesurée à l’origine des ailes, 1 ligne.

Formes. Cette espèce, qu'on ne saurait séparer des Nys- sons de l’ancien continent, parce qu’elle en a le faciès, l’in- nervation alaire, les pattes et la bouche, s’en éloigne par _ plusieurs particularités très remarquables. Les détails des di- mensions démontrent que le corps est proportionnellement plus effilé, et que l’abdomen a une plus grande longueur re- lative. On voit, de plus, au devant du front, une gibbosité à base ronde et à dos caréné. L’écusson est un rectangle transver- sal et horizontal qui n’est pas penché en arrière, et qui reste au niveau du disque du mésothorax. Le post-écusson est semblable à celui des Oxybèles. Il est en lamelle relevée, aussi large que l’écusson , légèrement échancrée en arrière, à angles postérieurs aigus. La face postérieure du métathorax est plus rentrante, et ses épines latérales sont plus fortes, plus sail- lantes. La ponctuation du corps est beaucoup plus forte à la tête et au corselet qu’à l’abdomen. Les cinq premiers segments dorsaux ont aux bords postérieurs un rebord en bourrelet

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assez épais, qui manque aux autres Nyssons connus, et auquel le nom de Marginatus est censé faire allusion.

Couleurs. Antennes, noires. Tête et corselet, de la même cou- leur : duvet argenté aux joues, à la face, à la partie antérieure du front, au bord postérieur du prothorax, sur la ligne mé- diane du disque du mésothorax, à l’origine des épines du métathorax , aux flancs du corselet et à la poitrine; le même brun obscur partout ailleurs. Angles postérieurs du post- écusson, pâles et transparents. Dos de l'abdomen, noir : une bande de moyenne largeur au bord postérieur des cinq pre- miers segments; deux taches latérales et triangulaires au sixième, jaunes. Ventre noir; bord postérieur des quatre segments intermédiaires, ferrugineux. Pattes rouges : hanches noires. Ailes, hyalines, un peu enfumées : nervures noires.

Sexe. Une femelle : mâle inconnu.

69. OXYBELUS AMERICANUS, . NN. sp.?

Dimensions. Long. 2 lig. et 1/3. Larg. à l’origine des ai- les, 2/3 de ligne.

Formes. Semblables à celles de ses congénères. Post-écusson, en lamelle très grande, arrondie, doucement penchée en ar- rière, s'étendant au-dessus de la base du métathorax, n’ayant qu'une échancrure étroite et fissiforme, à travers laquelle on voit passer la tige de la lamelle métathoracique. Celle-ci , d’abord comprimée latéralement et relevée en haut, puis pro- longée horizontalement en arrière, dilatée en ovale deux fois plus long que large, bisillonnée en dessus, échancrée posté- rieurement : échancrure, aiguë, et ayant à peu près Je quart de la longueur totale de la lamelle.

Couleurs. Antennes et pattes, jaunes. Tête et corselet, noirs. Dos du prothorax, écailles alaires, deux taches latérales à

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DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 115

l'écusson, jaunes. La lamelle post-scutellaire, de la même couleur; ligne médiane noire. Lamelle métathoracique, noire : bord postérieur, pâle et translucide. Abdomen, noir : une bande jaune, assez large, aux bords postérieurs des cinq premiers segments dorsaux; sixième, noir, sans taches; septième, rouge-ferrugineux. Ailes hyalines; nervures, brunes, plus claires près de la base.

Sexe. Deux mâles : femelle inconnue,

La forme particulière de la lamelle post-scutellaire, qui n’a qu'une petite échancrure fissiforme, suffira pour distinguer aisément cette espèce américaine de celles de ses congénères qui lui ressemblent le plus par la distribution des couleurs.

70. Hopuisus SCUTELLARIS, @ . N. sp. ?

Dimensions. Long. du corps , 4 lig. Larg. à l’origine des ailes, 4 lignes et 1/4.

Formes. En comparant cet Hoplisus avec le Quinquecinctus , une des espèces indigènes les mieux connues, on voit bien qu’on ne saurait placer notre espèce dans aucun autre démem- brement du G. Gorytes, Larr. L'ensemble des formes est à peu près le même. Cependant le corps est proportionnelle- ment plus large et plus court. La pièce dorsale et médiane du : métathorax est au contraire proportionnellement plus longue et plus étroite : le sommet de son angle postérieur est arrondi. Elle est profondément sillonnée. De ses dix côtes élevées, les deux médianes droites et parallèles à l’axe du corps, et les deux externes submarginales et parallèles aux bords latéraux, sont les plus fortes : les six intermédiaires sont irrégulières, courbées en dedans, et elles disparaissent à plus ou moins de distance des bords opposés. Le dos du mésothorax est velouté. L'écusson, glabre et Juisant, tranche brusquement avec

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couleur de tout ce qui l’entoure. Cependant, si l’on enlève le duvet du disque, on verra que la surface du reste du corps est aussi lisse que celle de l’écusson.

Couleurs. Corps, antennes et pattes, noirs : duvet du cor- selet, de la même couleur. Ecusson, rouge écarlate. Bord anté- rieur du chaperon, dessous du premier article des antennes, deux grandes taches marginales au-dessus du deuxième an- neau, une lisière étroite le long des bords des troisième, quatrième et cinquième, jaunes, Ailes supérieures, obscures : une large bande en deçà du milieu et une autre à l'extrémité, hyalines. Inférieures, hyalines : extrémité obscure. Nervures el points épais, noirs.

Sexe. Une femelle : mâle inconnu.

74. HOPLISUS CAYENNENSIS. ©. N. sp.?

Dimensions. Long. du corps, 5 lig. Larg. mesurée à l’origine des ailes, 4 lig. et 4/2.

Formes. Cette espèce, un peu plus grande que la précé- dente, est aussi un peu plus svelte, et elle se rapproche da- vantage de nos espèces indigènes. Cependant la pièce médiane et dorsale du métathorax a la même forme que dans la pré- cédente : ses deux côtes internes sont plus distantes entre elles, et les six intermédiaires sont parallèles aux deux médianes et à l’axe du corps.

Couleurs. Antennes, corps et paltes, noirs. Premier article des antennes en dessous, base des mandibules, moitié anté- rieure du chaperon, dos du prothorax , bord postérieur de l’é- cusson, bord également postérieur des quatre anneaux inter- médiaires de l’abdomen, dos du sixième, jaunes. Extrémité übiale des quatre fémurs postérieurs, rougeâtres. Ailes, hyali- nes : cellule radiale, quatrième brachiale, lisières des ner

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 117

vures récurrentes médianes , enfumées ; une large bande de la même teinte, en avant du point épais.

Sexe. Deux femelles : mâle inconnu. 712. CERCERIS BINODIS, ©. N. sp.2 PI. 3, III.

Dimensions. Long. du corps, 6 lig. et 1/2; id. de l’abdo- men, 3 et 1/2 lig.; id. des deux premiers anneaux pris en- semble, 2 lig. Larg. prise indifféremment au milieu de la tête ou à l’origine des ailes, 4 lig. et 4/2; id. à la jonction des deux premiers anneaux, 4 lig. 1/4; id. au milieu du quatrième , 4 ligne et 113.

Formes. Antennes, tête et corselet, semblables à ceux des Cerceris européennes du même sexe et de la même grandeur. Ponctuation forte et rapprochée, mais non confluente. Pièce triangulaire et dorsale du métathorax, glabre, luisante, n'ayant de points enfoncés qu’auprès de ses bords latéraux : ligne médiane, canaliculée. Abdomen en massue globuleuse et penchée en dessous. Manche de la massue, composé des deux premiers anneaux ; le premier, un peu plus large à la base, insensiblement rétréci en arrière. Dos convexe, côtés faible- ment arqués, dessous caréné ; carène mince, brusquement saillante et unidentée. Second anneau d’un tiers plus long que - le premier, en demi-poire très renflée , et dont le pétiole est plus étroit à sa base que le bord postérieur de l'anneau; deux petites dents latérales, très près de la base : plaque ventrale, plate, triangulaire, armée d’une longue épine aiguë, com- primée et recourbée en arrière. Les cinq anneaux suivants, de la forme ordinaire dans les mâles de ce genre, formant en- semble une masse arrondie, convexe en dessus, aplatie et un peu concave en dessous, dont les maxima de hauteur et de largeur sont au milieu du quatrième anneau , et dont

118 ANNALES

le dernier est penché en bas et presque vertical. Pattes plus grêles que dans les espèces voisines : tibias de la troisième paire, plus soyeux et moins épineux : point d’arrête saillante à sa face externe.

Couleurs. Corps et antennes, noirs. Poils de la face, argentés. Une tache étroite au milieu du chaperon ; orbites internes des yeux, carène inter-antennaire, deux petites taches au bord postérieur du vertex en face des angles antérieurs du corselet, bord postérieur du prothorax interrompu au milieu, deux taches sur l’écusson , une ligne transversale au post-écusson, deux autres taches longitudinales plus grandes à la face posté- rieure du métathorax, trois petits points à l'extrémité du pre- mier segment dorsal, côtés et bord postérieur du second, une lisière submarginale très fine sur le dos des quatrième, cin- quième et sixième faces latérales du septième métasternum , seconde plaque ventrale, carène et dent de la première, jaune- pâle ou blanchâtres. Pattes noires : extrémité des hanches, une tache linéaire à la face inférieure des fémurs, une tache à l'extrémité tarsienne des tibias antérieurs, deux autres aux deux extrémités des intermédiaires, une seule à l'extrémité fémorale des postérieures, premier article de tous les tarses, blanc-jaunâtre ou couleur de paille. Ailes enfumées : moitié extérieure des supérieures, plus obscure; nervures noires.

Sexe. Deux mâles : femelle inconnue.

73. CERCERIS DILATATA, ©. N. sp.?

Dimensions. Long. du corps, 5 lig.; id. de l'abdomen, 2 lig. et 4/2. Larg. du corselet mesuré à l’origine des ailes, A lig. et 3/4; id. à la tête ou au bord postérieur du second anneau , 4 ligne et 4/2.

Formes. Je ne connais aucune autre Cerceris qui ait autant

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 119

de largeur proportionnellement à sa longueur. Son nom spéci- fique exprime cette particularité. Du reste, ses formes sont semblables à celles des espèces indigènes. Corps, velouté. De- vant de la tête, velu. Ponctuation de l'abdomen n'étant pas moindre que celle de la tête et du corselet. Pièce triangulaire du métathorax, luisante , matte © : ligne médiane, cana- liculée : côtés, ponctués ; premier et second anneaux de l’ab- domen, de la forme ordinaire. Le premier, nodiforme , mais notablement plus large que long. Bord postérieur du second, étant deux fois plus large que celui du premier. Les suivants diminuant progressivement en grandeur. Pattes, proportion- nellement plus fortes que dans la Binodis : une arête épineuse, à la face externe des tibias postérieurs.

Couleurs. Antennes, corps et pattes, noirs. Duvet velouté du dos, brun. Villosités du devant de la tête, blanches. Bord postérieur du dos du prothorax, deux taches à l’écusson , post- écusson, une bande transversale assez large postéro-marginale en dessus et médiane en dessous aux 3°, et 5e anneaux ©, aux 3°, 4°, et © ; faces latérales de la dernière plaque dorsale, jaune-orangé. Face interne des tibias antérieurs, face externe des intermédiaires, blanchâtres. Ailes, obscures et unicolores : nervures, noires.

Sexe. Deux femelles. Un mâle, un peu plus petit que les femelles sur lesquelles j'ai pris les mesures des dimensions.

TA. CERCERIS CRIBROSA, © ©. N. sp.?

Dimensions. Long. du corps, 4 lig. et 1/2 ; id. de l’abdo- men, 2 lig. et 1/2. Larg. mesurée à la tête ou au milieu du cor- selet, 4 lig. et 4/4; id. au milieu du troisième anneau, 1 ligne.

Formes. Cette espèce a encore plus de ressemblance avec les Cerceris indigènes. Ce simple rapprochement nous dispen- sera de nous appesantir sur les détails. Le trait Caractéristique

120 ANNALES

le plus saillant consiste dans la grosseur de la ponctuation, à laquelle le nom spécifique de Cribrosa est censé faire allusion. Les points enfoncés sont beaucoup plus larges et beaucoup plus profonds que dans d’autres espèces plus grandes que celle-ci, telles que les Gerceris major, cornuta, binodis, etc. Les inter- valles élevés ont aussi plus de convexité. La pièce triangulaire du métathorax est, dans les deux sexes, comme dans le mâle de la Dilatata; les points latéraux sont seulement plus nom- breux, et 1ls s’avancent davantage vers le milieu. Le pétiole du premier anneau est toujours nodiforme, mais visiblement plus long que large. Les seconds et suivants forment ensemble un ovale allongé, tronqué en avant, acuminé en arrière, et dont le maximum de largeur répond aux troisième et quatrième anneaux.

Couleurs. Antennes, brunes, plus claires en dessous, surtout dans le mâle. Corps et pattes, noirs, luisants, presque glabres : pubescence du devant de la tête, blanc-argenté. Deux ta- ches entre les yeux et l’origine des antennes, deux autres laté- rales sur le vertex., une au milieu du chaperon, une autre à chaque angle du dos du prothorax, milieu des écailles alaires, deux points à l’écusson, une bande interrompue au post-écus- son , les lisières postéro-marginales des second, quatrième et cinquième anneaux @ , des second, quatrième et sixième an- neaux © , dessous des premier et second @ , bord postérieur seulement du second en dessous +, jaune-paille ou blan- châtres. Pattes, noires : extrémités tibiales des fémurs, tibias et tarses antérieurs, testacés ; tibias et tarses intermédiaires © , face externe des tibias et premier article des tarses ©, blan- châtres; base des tibias postérieurs et premiers articles des tarses de la même paire, pâles. Ailes enfumées : moitié ex- terne des supérieures, plus obscure ; nervures noires. |

Sexe. Deux femelles. Un mâle, d’un tiers plus petit que les deux individus de l’autre sexe.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. (24 75. PHILANTHUS PETIOLATUS, & ©. N. sp.2? PI. 3, No 1.

Dimensions. Longueur du corps, 5 lig. ; id. de l'abdomen, 3 lig.; id. du pétiole ou premier anneau, 1 lig. et4/2. Largeur de la tête, 4 lig. et 1/2; id. du corselet à l’origine des ailes, 4 lig. et 1/4; id. de l’abdomen à l'extrémité du pétiole, 1/4 de lig.; id. du même au milieu du troisième anneau, 1 ligne. Formes. L’abdomen pétiolé et la longueur du pétiole prêtent à ce Philanthe les apparences d'un Melline. Mais cette fausse impression se dissipe bientôt, pourvu qu’on y regarde de plus près. Les antennes, la tête, la bouche, les pièces dorsales du métathorax , les pattes antérieures des femelles, les plaques anales des deux sexes, sont, dans notre espèce comme dans les Philanthes à abdomen subsessile, et elles ne ressemblent en rien aux mêmes parties des Mellines. S'il fallait tenir compte de la longueur du pétiole, il faudrait donc créer un genre à part pour le Philanthe de Cayenne. Mais quelles en seraient les limites? Dans le Phil. coronatus, le premier anneau est déjà un peu renflé au milieu du dos et un peu étranglé au bord posté- rieur, tandis qu'il est plus uniformément convexe et sans étranglement dans l’Apivorus. Les caractères du Coronatus sont encore plus prononcés dans mon Phil. variegatus (Ann. de la Soc. Em., t. vit, pag. 484, no xxx). Dans les deux sexes de mon Coarciatus, (loc. cit. 486, xxx), ce même anneau est étroit, nodiforme, comme dans les Cerceris. Dans deux au. tres espèces inédites du Mexique, qui m'ont été fournies par M. Duronwr, tous les anneaux ont des bourrelets transversaux et médians qui sont aussi saillants que ceux des Cerceris et des Palares. Faudraitl faire un genre pour chacune de ces es- pèces ? je ne le pense pas, et je crois qu'il vaut mieux n’en “faire aucun. Corps, très finement ponctué; pubescence, courte et rare. #: 9

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Bord antérieur du chaperon, arrondi au milieu, largement et faiblement échancré des deux côtés : lobe médian du bord postérieur du même, remontant presque jusque à l’origine des antennes, en are de courbe à forte courbure. Espace inter-an- tennaire, renflé. Orbites internes, droites et parallèles à partir des bords du chaperon jusqu’au sommet de leur angle frontal ; celui-ci, rentrant, rectiligne et obtus. Deux petites gibbosités assez rapprochées, au milieu du bord antérieur du mésotho- rax. Une fossette oblongue sur la ligne médiane de la pièce dorsale du métathorax ; face postérieure du même, largement creusée en canal. Premier anneau ou pétiole, convexe en des- sus, plan en dessous, élargi insensiblement en arrière, en sorte que les rapports de largeur des deux bords opposés sont entre eux comme de deux à trois, un peu renflé près de l’extré- mité, bituberculé vers le premier tiers de sa longueur. Se- cond anneau, en demi-poire élargi en arrière, à pétiole très court, à côtés arrondis et à bord postérieur droit, faisant avec les suivants une espèce d’ovoide plus convexe sur le dos que sous le ventre,un peuacuminé en arrière, ayant son maximum de largeur vers le milieu du quatrièmeanneau, et étant presque aussi large que long. Aïles et pattes, de la forme ordinaire.

Couleurs. Antennes, noires : le premier article ferrugi- neux ®, noir en dessus et jaune en dessous ©: les deux sui- vants ferrugineux © , les trois ou quatre derniers ferrugineux chez les femelles; corps et pattes, noirs; chaperon entier ®, une tache seulement à son milieu & , bord supérieur du pro- thorax, quelquefois interrompu © , un point au-dessous del’o- rigine des ailes, écailles alaires, post-écusson , quelquefois l’écusson ® , jaunes.

Pattes. Ferrugineuses © , jaunâtres © :hanches, trochanters et fémurs, noirs. Ailes, hyalines : nervures et point épais, tes- tacés.

Sexes. Trois mâles et trois femelles.

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T6. BRACHYGASTRA DORSOLINEATA ; , NV. sp. ?

G. Brachygastra, PErTY.

Si la description et le dessin du docteur Perry étaient exacts, le genre Brachygastra ferait une exception bien extraordinaire dans la famille des Guépiaires, Larr. Cette pièce de la bouche dont je n'ai pas à discuter ici les différentes dénominations, que l’on nomme tantôt languette, tantôt lèvre inférieure ou labium, serait selon lui quinquéfide ou à cinq divisions étagées entre elles et telles que la médiane serait la plus avancée. Ce savant a été certainement induit en erreur par le mauvais état des in- dividus qu’il a eus sous les yeux. Jai eu le bonheur d’avoir huit femelles bien conservées ; elles appartiennent à quatre es- pèces très distinctes : trois ont été rapportées de Cayenne par M. LepriEur; la quatrième, du Mexique, m’a été fournie par M. Duponr. Je puis bien attester qu’elles ne font pas l’excep- tion qu’on leur a attribuée dans la famille des Guépiaires, que leur bouche rentre dans la règle commune, que leur languette n’est que trifide, qu’elle est terminée par quatre callosités dont une à chaque division latérale et deux à celle du milieu, que celle-ci est assez large, faiblement échancrée et presque cordiforme, et enfin que toutes les autres parties de la bouche, mâchoires, palpes et mandibules, sont à peu près comme dans le G. Odynerus. Cela posé, on sera bien embarrassé, tant qu’on n'aura pas fait les observations directes qui sont toujours in- dispensables, si on voulait décider, d’après cette conformation des organes manducatoires, si les Brachygastres sont solitaires ou sociales. Leur languette est aussi large que celles des Po- listes, qui vivent en société; leurs mandibules sont aussi effi- lées que celles des Odynères, qui sont solitaires. On est bien le maître de supposer ce qu’on veut; mais les conjectures hypo-

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thétiques n'augmentent pas les données de la science. Dans cette circonstance, elle nous a refusé jusqu’à présent la con. naissance du caractère extérieur qui a un rapport direct et né- cessaire avec les mœurs de l’insecte : que ferons-nous donc des Brachygastres dans la méthode qui a la prétention d’être natu- relle? Faudrait-il les rejeter hors de tous les rangs, comme on est forcé de le faire pour les minéraux amorphes lorsqu'on ne veut considérer que les lois de la cristallisation? non. Mais si on se croit obligé de les remettre en ligne, ne sera-t-on pas obligé d’avoir recours à un de ces caractères que l’on croit dé- primer, en les disant artificiels, et que je crois très rationels, pourvu qu'ils soient apparents, nets et constants? Pour moi, la question ne me semble pas douteuse. L’utilité, la necessité même de ce caractère me semblent évidentes. 11 ne s’agit plus que de le trouver. Les antennes, la bouche, les ailes, les pattes ne m'ont offert rien de tranché, rien de satisfaisant; mais le corselet m'a fourni ce que je cherchais. A la vérité, dans cer- taines compilations, les vérités de la science ont été trop souvent sacrifiées aux spéculations de la librairie, on a dit avec une assurance que je ne saurais définir, que les formes du corselet ne sauraient donner que des caractères spécifiques; mais rien de plus hasardé qu’une décision aussi tranchante. Il n’y a aucune pièce du corselet qui n’ait un rapport de dépendance avec une ou plusieurs des pièces mobiles du corps. In”y a au- cune de celles-ci dont les formes ne puissent influer sur les habitudes de mouvement et de repos. Or, ces habitudes sont les seuls mœurs dont la considération puisse entrer dans les combinaisons d’une méthode rationelle, parce qu’elles sont les seules qui aient un rapport constant et direct avez les formes des pièces extérieures.

Le caractère essentiel du G. Brachygastra, PERTY, pourra être formulé dans les termes qui suivent.

Dos de l'écusson recouvrant entièrement celui du post-écusson

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et celui du métathorax, ceux-ci n'étant visibles que par leur face postérieure qui se confond avec celle du corselet : celle-ci verticale, concave, formée de trois étages séparés par deux sillons droits , transversaux et parallèles. Les deux étages supérieurs qui appar- tiennent, le premier à l’écusson, et Le second au post-écusson, en rectangles dont la base est environ le quadruple de la hauteur. Troisième étage faisant partie du métathorax, plus grand que les deux autres pris ensemble, en hexagone à angles externes aigus et proéminents.

La forme de ce corselet, unique jusqu'à présent dans toute la famille des Guépiaires, est d’ailleurs en harmonie avec celle de l’abdomen. Le premier anneau se compose d’un pétiole étroit, excessivement court, et d’une seconde partie re- L-vée en haut, presque verticale, très mince, à dos déprimé et à contour arrondi; elle s'étend en arrière sur la portion cen- trale de la face supérieure et antérieure du second anneau , et lorsque l’abdomen se redresse, elle s'appuie en avant contre le troisième étage de la face postérieure du corselet. Le second anneau est très grand, semi-sphérique commençant à s’élargir dès son origine, atteignant son maximum de largeur vers le premier tiers de sa longueur. Il s'appuie, lorsque l’abdomen se redresse, contre les deux premiers étages de la face posté- rieure du corselet. Les suivants diminuent progressivement de grandeur, du troisième au sixième. L’extrême flexibilité de leur base membraneuse interne les rend très extensibles et très rétractiles. Lorsqu'ils sont étendus, leur longueur totale dé- passe celle des deux premiers anneaux pris ensemble : lors- qu'ils sont retirés, l'extrémité des plaques anales dépasse à peine le bord postérieur du second anneau. Au surplus, il en est de même de la plupart des autres Guépiaires (1).

(4) C'est par cette raison que dans les descriptions des espèces de cette famille, j'ai prendre le bord postérieur du second anneau pour une limite, lorsque J'ai voulu mesurer la longueut du corps,

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BRACHYGASTRA BILINEOLATA.

Dimensions. Long. du corps prise du bord antérieur jus- qu’au bord postérieur du second segment dorsal, 3 lig. Larg. mesurée indifféremment au milieu du vertex, à l’origine des ailes, ou au plus grand diamètre du second anneau, 1 ligne.

Formes. Corps, très ponctué : ponctuation piligère plus fort à la tête et au corselet qu’à l’abdomen, presque nulle aux deux premiers étages de la face postérieure du corselet : poils, héris- sés : intervalles élevés, finement pointillés et couverts d’un duvet soyeux, court et serré, mais non couché enarrière. Se- conde cellule cubitale, notablement plus large que longue, ré- trécie en dehors ; bord radial, très court; bord cubital, arrondi. Dos de l’écusson, échancré en arrière.

Couleurs. Corps, antennes et pattes, noirs. Poils hérissés, bruns. Duvet soyeux, grisâtre, plus clair et presque argenté au milieu du front, aux joues et aux flancs du mésothorax. Con- tour du chaperon, orbites interne et externe des yeux, une bande interrompue sur le vertex, écailles alaires, deux lignes longitudinales sur le disque du mésothorax, contour de l’écus- son, moitié supérieur de la portion post-scutellaire ou du se- cond étage de la face postérieure du corselet, bord postérieur du dos du premier anneau, bord postérieur entier des quatre intermédiaires, sixième et dernier, jaunes. Ailes, jaunes, ex- trémité obscure; point épais, brun; nervures, testacées dans la partie plus claire de l’aile, noires dans sa partie obscure.

Sexe. Deux femelles. Mâle inconnu.

77. BRACHYGASTRA VELUTINA, ®. N.sp.? PI. 3, v.

Dimensions, formes et couleurs. Taille plus grande que dans la Bilineolata : longueur du corps prise dans les mêmes limites,

Cette dimension est constante, parce que le second anneau ne rentre pas plus dans le premier que celui-ci dans le corselet.

DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 127 4 lignes. Mêmes proportions relatives. Formes, très ressem- blantes. Ponctuation du corps, plus fine et plus égale : duvet de l'abdomen, aussi épais que celui de la tête et du corselet. Couleurs, bien différentes. Antennes et pattes, noirs. Corps, uniformément velouté, réellement noir, mais paraissant cen- dré, parce que son duvet soyeux est blanchâtre; bord posté- rieur des cinq derniers anneaux, jaune-pâle. Tarses, bruns. Ailes hyalines lavées de jaune. Nervures et point épais, tes- tacés.

Sexe. Deux femelles. Mâle inconnu.

La troisième espèce, de Cayenne, dont M. LEPRIEUR a rap- porté deux femelles, est plus petite, plus glabre et d’un noir plus luisant ; elle a l’écusson, le post-écusson et les bords pos- térieurs des cinq anneaux, jaunes. Je la regarde comme une variété de la Brachyg. scutellaris, Perry. L'espèce du Mexique dont M. Duronr m'a aussi fourni deux femelles, ne difière de la Brachyy. analis, Perry, que par les bords postérieurs des qua- tre anneaux intermédiaires qui soni jaunes en dessous comme en dessus. Je n’ai vu aucun mâle de ce genre.

78. OpyNerus LEPRIEURU, Q. N. sp.?

Dimensions. Long. du corps, en s’arrêtant au bord posté- rieur du second anneau, 6 lig. Larg. de la tête, 4 lig. et 1,3 ; id. prise indifféremment à l’origine des ailes ou au milieu du second anneau , 4 ligne et 1/2.

Formes. La conformation du métathorax et du premier an- neau de l'abdomen placeraient cette espèce dans le sous-genre Oplopus, WEsu.; mais je ne sais si le mâle a les antennes de cette subdivision. Le contraire ne me surprendrait pas. Cette espèce est remarquable par la largeur relative de la tête. Ponc- tuation du corps, très forte, un peu moindre à l'abdomen. Celui-ci, finement velouté. Mandibules, au moins cinq fois

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plus longues que larges : dents internes et intermédiaires, dis- tantes, larges et obtuses. Chaperon, proportionnellement plus long et plus profondément échancré que dans lesautres Oplopes. Devant de la tête, déprimé autour de l'origine des antennes. Espace inter-antennaire, renflé en tubercule arrondi. Antennes, ailes et pattes, de la forme ordinaire.

Couleurs. Antennes, corps et pattes, noirs. Écusson, post- écusson, une grande tache carrée à la face postérieure du mé- tathorax, une ligne étroite et submarginale au second anneau parallèle à son bord postérieur et remontant des deux côtés le long de ses bords latéraux, jaunes. Une tache ronde, noire, au milieu de la tache jaune carrée du métathorax. Ailes, jau- nâtres : bord extérieur des supérieures, d’un jaune plus foncé ; nervures et point épais, testacés.

Sexe. Trois femelles. L'une d’elles porte au-dessous du cin- quième anneau, la dépouille de la nymphe d’un Rhypiptère. Mâle inconnu.

79. EUMENES? NIGRICEPS, + . N. sp.?

Dimensions. Long. prise dansles mêmes limites des deux es- pèces précédentes, 4 lig. et 4/2; id. de la tête, 1/3 de lig.; id. corselet, 1 lig. et 23; id. de chacun des Le premiers an- neeux, À lig. et 4/4 Larg. prise à l’origine des ailes supé- rieures, 4 et 1/4 ligne.

Formes. Cette espèce est une de celles qui font le passage insensible qui existe réellement des Eumènes aux Odynères, et qui confirment la véritable manière de voir de LATREILLE, manière de voir à laquelle il faudra peut être revenir, quoique son auteur ait paru l'avoir abandonné dans la suite. Les man- dibules grêles et faiblement denticulées forment une espèce de bec très allongé. Les autres parties de la bouche sont étroites et effilées, dans les mêmes proportions; cependant, le chape-

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ron est aussi large que long, en hexagone plan à côtés droits et entiers. Les deux premiers anneaux sont égaux en lon- gueur. Le premier est en demi-poire, dont le pétiole est très court, et le dos convexe, qui s’élargit rapidement d’avant en arrière, et dont les bords latéraux suivent les contours d’une courbe convexe en dehors et qui a un point d’inflexion très près de la base. Le second anneau commence à s’élargir à par- ür de la base, et le rapport en largeur de celle-ci au bord pos- térieur est à peu près de trois à quatre. Le dernier article des antennes est en crochet obtus et aussi long que les deux avant- derniers pris ensemble. Les formes des autres parties du corps, comme dans les autres Eumènes les mieux connues.

Couleurs. Antennes noires; crochet apical, testacé. Tête, noire : chaperon blanc, avec une tache noire au milieu. Man- dibules ferrugineuses; palpes testacés. Corselet et pattes, rouge de brique, un peu de noir au devant du prothorax, deux ta- ches jaunes au post-écusson. Abdomen noir; base du pre- mier anneau rougeâtre, son bord postérieur liséré de jaune. Ailes hyalines; nervures testacées.

Sexe. Un mâle. Cette espèce a le faciès et les couleurs d’une Polistide que M. p= Saint-FARGEAU a publiée sous le nom de Rhopatidia rufithorax, et que M. LeprguRr à aussi rap- portée de Cayenne. Elle en diffère beaucoup par la forme des mandibules et des autres parties de la bouche.

80. Zernus cicas, ® N. sp.?

Il s'en faut de beaucoup que le G. Zethus soit aussi bien cir- conscrit qu’on pourrait le désirer. M. de Sainr-FARGEAU com- blera sans doute cette lacune, dans la suite de son nouvel ou- vrage sur les Hyménoptères, mais le volume il aura à en parler n’est pas encore publié. Fapricus, le fondateur du genre, en à eu lui-même une idée si peu déterminée qu'il

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y à confondu des espèces que l’on croit sociales avec d’autres que l’on croit solitaires. LATREILLE, pénétré de la nécessité de leur séparation, a rapporté les premières aux G. Polistes, et il a réservé le nom de Zèthes aux secondes. Mais lorsqu'il en est venu à distinguer celles-ci des Eumènes, il a cru qu’elles étaient assez bien caractérisées; par un chaperon plus large que long; par des mandibules faisant un angle très ouvert au point de leur réunion; par la troisième cubitale parfaitement triangulaire. Mais on pourrait objecter contre le premier ca- ractère, que le chaperon constant dans chaque espèce d’Eu- mènes diffère d’une espèce à l’autre, et qu’il donne un caractère spécifique très bon pour ce genre, que quoiqu'il soit en géné- ral plus long que large, il y a des espèces cette différence est peu appréciable, qu’il en est de même des Zèthes, quoi- qu’il y soit en général plus large que long, et que ‘dans tous les deux la largeur relative du chaperon n’est pas toujours en harmonie avec celle des mandibules; contre le second, qu’il est bien difficile de l’apprécier lorsque les mandibules sont croisées, et qu'il n’y a aucun Zèthe et aucun Eumène ce croisement ne soit pas possible; contre le troisième, que son importance est si peu de chose, qu’on peut le considérer comme une espèce de pis-aller, qu’on ne l’emploie qu’autant qu’on n’a pas un meilleur moyen de subdiviser un genre trop nom- breux en espèces, et qu il n’a pas même le mérite d’être nette- ment tranché, parce qu’il y a une foule d’espèces le côté radial de cette cellule est si court qu’elle semble triangulaire, quoiqu’elle ne le soit pas, à la rigueur. Malgré ses imperfec- tions, LArREILLE, en 1809, avait encore admis le G. Zethus dans le volume de son Genera. En 14825, devenu membre de l’Institut, cédant aux inspirations de ses collègues qui étaient sans doute de bien grands naturalistes, maïs qui ne le valaient pas en entomologie, il le supprima dans ses fam, nat. En 1829, il y est cependant revenu dans le Règne animal de Cuvier, 1. 5,

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dans une note de la pag. 337. Les auteurs de l’art. Zeraus, En- cycl. méthod., semblent avoir cru ce genre définitivement sup- primé. Cependant, il y a bien loin du Zethus cyanipennis à l’Eumènes coangustata , et il serait triste de croire que la science n’a aucun moyen de séparer deux espèces dont les caractères extérieurs offrent autant de différences. Nous laisserons subsis- ter la difficulté telle qu’elle est; ce n’est pas ici le lieu d’en aborder la résolution. Sans rien préjuger sur cequ'’elles devront être en dernière analyse, toutes les Guépiaires dont nous parle- rons sous le nom de Zèthes, auront la bouche des Eumènes, le pétiole de l’abdomen très allongé, leur chaperon incontesta- blement plus large que long, et des mandibules qui, étant croisées, nous sembleront courtes ou de moyenne longueur. Revenons maintenant à l'espèce qui est le sujet de cet article.

Dimensions. Long, du corps de la tête jusqu’au bord posté- rieur du second anneau, 14 lig.; id. de la tête, 4 et 4/2 lig. ; id. du corselet, 4 lig. et 4/2; id. du premier anneau, 4 lg. ; id. du second, 4 lig, Larg. de la tête, 3 lig. et 1/2; id. du cor- selet à l’origine des ailes, 4 lig. ; id. de la portion renflée du pre- mier anneau, À lig.; id, du maximum du second anneau, 3 lignes.

Formes et couleurs. Cette espèce me semble la plus grande de toutes les Guépiaires connues. Lorsque les derniers anneaux de l’abdomen sont à leur maximum d’extension, elle a près de 20 lignes de longueur, Les couleurs sont celles de la Vespa cœæ- ruleopennis, FAgr. Corps, antennes el pattes, noirs; ailes vio- lettes. La nôtre paraît beaucoup plus grande. En parlant du Zeth. cœruleopennis, Syst. Piezs, 252, 1, il dit bien corpus ma- gnum ; mais il cite en même temps sa Vespa cœæruleopennis, Ent. syst. suppl.., 263, 86, et l’exemplaire de la collection Ricæarp que LATREILLE à vu, et qu’il regarde comme un Zèthe. Mais après l’avoir placée à la suite de sa V. tancula, il dit positive- ment præcedentibus minor. Or la tancula est moitié plus petite

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que notre gigas (4). I ne s'explique pas mieux en décrivant les formes. Dans l'espèce de l’Ent. syst., 11 dit abdominis petio- lus brevis clavatus. Certainement, le pétiole court n’est pas de la gigas. Pour celle du Syst. Piez, il dit seulement petiolus clavatus. Est-ce une omission? est-ce une correction? est-ce une confusion de deux espèces distinctes? Les données de Fa- BRICIUS ne suffisent pas pour dissiper nos doutes. Il y à à l’ar- ticle Guëre de l’Encycl. méth., insect., tom. 6, p. 605,n°19, une Vespa